Production du sucre : Des experts brésiliens au Mali pour relancer le secteur

L’objectif du ministère de l’Industrie et du Commerce est d’assurer l’autosuffisance de notre pays en matière de sucre, avec une production atteignant jusqu’à 500.000 tonnes par an

Publié mercredi 17 janvier 2024 à 07:24
Production du sucre : Des experts brésiliens au Mali pour relancer le secteur

 Au cours de leur séjour les experts brésiliens analyseront la qualité et la capacité des outils industriels des sociétés Sukala et NSukala

 

À l’initiative du ministère de l’Industrie et du Commerce, une délégation d’experts brésiliens séjourne depuis hier dans notre pays, pour une semaine, afin d’explorer les perspectives de renouveau dans le secteur sucrier au Mali. C’est dans ce cadre que le département en charge de l’Industrie a organisé hier dans ses locaux, une réunion de cabinet élargie à la mission d’études d’experts brésiliens. Les travaux étaient dirigés par le chef du département, Moussa Alassane Diallo. C’était en présence de l’ambassadeur du Brésil au Mali, Miguel Griesbach de Perira Franco, du chef de la mission brésilienne, Ricardo Soares De Arruda Pinto et du consultant, Adama N. Diarra

Le Brésil, renommé comme l’un des principaux producteurs mondiaux de sucre, tire sa proéminence de l’excellence de sa production de sucre de canne. Cette expertise a conduit à la sélection du Mali comme destination pour une mission d’évaluation approfondie. Les membres de l’équipe d’experts auront l’opportunité de visiter les installations de deux unités de production sucrière Sukala et NSukala, au cours de leur séjour afin d’analyser la qualité et la capacité des outils industriels des deux sociétés.


Ces évaluations seront cruciales pour envisager une relance stratégique et engager un changement structurel dans la dynamique actuelle du secteur sucrier au Mali. Au cours de leur séjour, les experts brésiliens auront des séances de travail avec les autorités, les représentants des deux unités, ainsi qu’avec des acteurs clés du secteur.

Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, le Mali connaît un déficit en sucre depuis les indépendances. «Le déficit sucrier est structurel. Mais, nous avons toujours apporté une réponse conjoncturelle par le biais d’importations et d’exonérations», a estimé Moussa Alassane Diallo. Expliquant que la mission de ce matin consacre le démarrage de leur vision à moyen et à long terme pour apporter une réponse structurelle au déficit structurel du sucre dans notre pays.


C’est pourquoi, nous avons estimé faire appel aux experts brésiliens», a-t-il expliqué. Et de justifier que le Brésil, premier producteur mondial de sucre, possède une expertise avérée tant dans la technologie que dans la production sucrière. Il dira que les experts brésiliens ont été sollicités pour deux missions cruciales qui permettront de concevoir une stratégie à moyen et long terme, garantissant notre capacité à assurer l’autosuffisance du Mali en sucre.

Le ministre Diallo a révélé que la mission va premièrement procéder à une évaluation des performances industrielles de Sukalla et N’Sukalla. Il s’agit, selon lui, de déterminer le maximum de production de sucre que le Mali peut attendre de ces deux unités industrielles, actuellement limitées à 100.000 tonnes. Il a aussi souligné que l’’état des installations industrielles et des équipements sera évalué avec précision et définir les réelles possibilités de production maximale de sucre au niveau de ces deux unités industrielles. Pour lui, à partir de cette évaluation de l’outil industriel, différents scénarios pourront se présenter à son département.

«En fonction de chaque scénario qui se dégagera, nous apporterons des réponses et des ajustements pour pouvoir atteindre notre objectif, qui est d’assurer l’autosuffisance de notre pays en sucre en produisant entre 300.000 et 400.000 tonnes voire 500.000 tonnes par an», a affirmé Moussa Alassane Diallo, soulignant que l’objectif ultime est de devenir un pays producteur de sucre pour garantir notre autosuffisance et devenir un exportateur net de cette denrée.

En outre, le ministre Diallo a confié que la deuxième étape de la mission consiste à préparer une étude sur la base des aménagements de nos terres. Il s’agira, a-t-il expliqué, de savoir la superficie à aménager pour parvenir à produire jusqu’à 500.000 tonnes de sucre. Et de connaître les techniques culturales qu’il faut promouvoir pour maximiser les rendements sur la base des aménagements. «Troisièmement, sur la base de l’aménagement des terres et des techniques culturales, nous allons voir les rendements qu’on peut attendre sur la base de l’introduction des variétés culturales», a-t-il dit, ajoutant qu’une fois que ces deux études menées, «il nous appartiendra d’organiser et de planifier toutes les mesures financières et techniques pour élaborer un dossier».  

L’ambassadeur du Brésil au Mali a assuré que ces experts sont bien qualifiés. Miguel Griesbach de Perira Franco a fait savoir que son service est prêt à suivre les conclusions de cette mission, et que son pays va rester à côté du Mali pour qu’il soit capable d’atteindre ses objectifs de souveraineté alimentaire. Pour cela, il a souhaité que cette initiative soit élargie au maïs et au soja. Auparavant, la délégation a rencontré le ministre de l’Économie et des Finance, Alousséni Sanou à huit clos. Rien na filtré de cette rencontre.

Amadou GUEGUERE

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