L’Essor : Quel est votre sentiment après cette élimination ?
Tom Saintfiet : C’est
une question facile, mais une réponse difficile. Je suis très déçu. En
interne avec les joueurs, la fédération et le staff, notre rêve était de
gagner cette coupe. On ne peut pas se satisfaire d’une élimination en
quart de finale. Cependant, il faut noter que cette année, seuls les
géants étaient au rendez-vous des quarts (Égypte, Maroc, Sénégal,
Nigeria, etc.). Nous avons eu un parcours difficile, affrontant trois
mondialistes (Maroc, Tunisie, Sénégal, ndlr). Nous n'avons jamais pu
déployer notre jeu comme nous le souhaitions.
L’Essor : Justement, comment jugez-vous la prestation globale de vos joueurs ?
Tom Saintfiet : Je
ne peux pas dire une mauvaise chose sur eux. Je suis fier de mon
équipe. Les 28 joueurs sont venus avec discipline et amour pour leur
pays. Il ne faut pas oublier les conditions difficiles : les changements
de dates de la FIFA ont fait que les joueurs n'ont été libérés par
leurs clubs en Europe que 6 ou 7 jours avant le premier match. Nous
n'avons pas eu de vrai camp de préparation, contrairement à d'autres
équipes. Malgré cela, chaque joueur a tout donné avec son cœur pour
aider le Mali.
L’Essor : Qu’est-ce qui a manqué aux Aigles pour franchir ce palier ?
Tom Saintfiet :
Le tournant a été le premier match contre la Zambie. On domine avec 70%
de possession, on rate un penalty, mais dernière, on marque un but mais
on encaisse un but à la 92è minute. Ce nul a agi comme une douche
froide. Il a installé un stress et une nervosité qui nous ont suivis.
Contre le Sénégal, nous avons fait jeu égal. Perdre 1-0 contre une telle
machine, alors que l’Algérie et le Cameroun ont perdu 2-0
(respectivement contre le Nigeria et le Maroc ndlr), prouve que nous
étions proches. Il nous a manqué ce brin de chance et d’efficacité.
L’Essor : Justement, comment expliquez-vous ce manque de réalisme offensif ? Est-ce votre système qui est trop défensif ?
Tom Saintfiet : On
me parle de système, mais nous avons utilisé le même schéma que lors
des matches où nous marquions quatre ou six buts par le passé. La
réalité, et il faut être objectif, c’est que nous n’avons pas de Mohamed
Salah, de Sadio Mané, de Victor Osimhen ou de Nicolas Jackson dans
notre groupe. Nous n’avons pas d’attaquants de classe mondiale qui
marque 20 buts par saison dans un grand championnat européen. C’est un
facteur psychologique; quand on ne marque pas sur nos premières
occasions, le doute s’installe.
L’Essor
: Un mot sur votre capitaine, Yves Bissouma. Beaucoup estiment qu’il
n’était pas à 100% et qu’il a handicapé le jeu de l’équipe.
Tom Saintfiet : Yves Bissouma n'était peut-être pas au niveau qu'on lui connaît, il manquait de rythme après sa blessure. Mais la critique à son égard est injuste. C’est un capitaine qui aime son pays. Beaucoup de joueurs auraient choisi de rester en club pour soigner leurs intérêts financiers. Lui a pris des risques pour être là, il a multiplié les matches sans une vraie préparation. On doit respecter son engagement.
L’Essor
: On vous a aussi reproché de mettre du temps pour lancer des jeunes
comme Gaoussou Diakité. Peut-on parler de manque de confiance ?
Tom Saintfiet : Pas
du tout. Je ne peux en aligner que onze joueurs. Gaoussou Diakité est
un grand talent, mais il n'avait que 20 minutes d'expérience
internationale avant le tournoi. Il y a aussi une gestion tactique et
disciplinaire. Contre les Comores, j'ai dû protéger les joueurs sous le
coup d'un carton jaune pour qu'ils soient disponibles au second tour. Le
futur du Mali est fantastique avec ces jeunes talents. Le socle est là.
L’Essor : Quel est votre avenir à la tête des Aigles ?
Tom Saintfiet : Mon
avenir personnel n’est pas la priorité. Ce qui compte, c’est le
football malien. J’aime travailler ici, le soutien du peuple et des
autorités est incroyable. Le Mali est un grand pays de football et je
suis convaincu qu’avec ou sans moi, cette équipe finira par gagner sa
couronne. C’est un processus, nous avons fait deux quarts de finale
consécutifs (2023 et 2025), ce qui montre une certaine régularité.
L’Essor : Que répondez-vous aux critiques d'une partie du public ?
Tom Saintfiet : Le
Mali compte 23 millions d'habitants. Les critiques sur les réseaux
sociaux représentent un petit pourcentage, souvent alimenté par des
comptes fictifs ou des agendas personnels. Dans la rue, les Maliens sont
respectueux et fiers de leur équipe. La critique fait partie du
football, je l'accepte, elle nous aide à progresser. Mais je resterai
toujours le premier défenseur de mes joueurs. Pour moi, ce sont des
héros.
Interview réalisée par
Seïbou S. KAMISSOKO
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