C’était hier à l’occasion d’une conférence de
presse sur le thème :«Avant-projet de la Constitution: enjeux, défis,
opportunités pour le Mali du 21ème siècle»,
organisée à la Maison du partenariat Bamako-Angers, dans le cadre du
projet «Think tank associatif».
Le
conférencier principal, Dr Abdoulaye Sall, a remercié et félicité les autorités de la Transition pour avoir
initié la rédaction d’une nouvelle Constitution. De ce fait, il a salué les
efforts fournis par l’équipe de rédaction de cet avant-projet. Indiquant qu’après
les phases de conception et d’élaboration l’avant-projet de Constitution rentre
de plain-pied dans celles de la redevabilité et du contrôle citoyen.
La Constitution est un document écrit dont le
contenu porte essentiellement sur l’organisation de la démocratie et de l’État
de droit dans un pays donné, a expliqué Dr Abdoulaye Sall. Selon lui, la Loi
fondamentale est à la fois désirable, redoutable, imparfaite et imperfectible.
De son avis, il s’agit de réussir le pari de la séparation des pouvoirs:
l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Et cela en référence à la pensée de
l’écrivain français du XVIIIè siècle, Montesquieu. « Il ne faut pas
confondre l’État avec la société», a-t-il dit, ajoutant qu’au Mali c’est la
nation qui précède l’État. Dans son argumentaire, Dr Abdoulaye Sall a fait
savoir que l’État est laïc dans sa
dimension politique et territoriale. Tout de même, il a affirmé qu’il n’est pas
laïc dans sa dimension population. Pour pallier cela, il préconise que le Mali
soit laïc, mais multiconfessionnel.
Se
prononçant sur la problématique des langues nationales, le président de
Cri-2002 estimera qu’il est difficile de
dissocier la langue de la culture. Pour lui, l’on ne promeut pas une langue
pour des besoins administratifs, mais plutôt pour créer de la richesse. Ainsi, a-t-il soutenu, il n’y a pas de barrière pour transformer une langue
nationale en langue officielle.
«Si les Maliens
arrivent à s’entendre une fois en comprenant que la démocratie commence
par le dialogue, le compromis et la tolérance en évitant les jeux partisans et
les coups bas, le Mali sortira de cet imbroglio
constitutionnel», a noté Dr Sall. À ce niveau, il a fait remarquer qu’il
y a deux types de référendum. Relativement au référendum constitutionnel
sur les 195 articles de l’avant-projet
de Constitution, il y a bien de choses qui divisent les Maliens, a reconnu le
conférencier, suggérant qu’il faut qu’on arrive à s’accorder et s’entendre et
aller de l’avant.
Alors que l’orateur
trouve que le referendum législatif, c’est oui ou non sur une seule
question. à ce titre, il a donné comme
exemple de ramener l’âge du vote de
18 à 16 ans. Il a dit que sur
cette question, les deux chambres vont statuer et résoudre l’équation. Il est
revenu à la charge en martelant qu’un referendum constitutionnel est fait de
plusieurs questions qui divisent la nation et l’ensemble des Maliens.
«Il faut
que chacun puisse faire violence sur soi, mettre l’intérêt du Mali au-dessus de tout pour qu’on puisse sortir de
ce « cul-de-sac», a recommandé Abdoulaye Sall.
D’après
lui, il y a trois instruments qui sont
des contraintes en ce XXIè siècle. Il s’agit de l’opinion, de la
manipulation et du fond de sac. «Nous avons été écoutés, parce qu’il y a
la création d’une Cour des comptes et le fait d’accorder une place aux
légitimités traditionnelles », a-t-il fait connaître.
Namory KOUYATÉ
Rédaction Lessor
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