Les populations ont réservé un accueil de grand jour au Général d’armée Assimi Goïta
La route menant au site était envahie par une marée humaine. Des véhicules officiels avançaient lentement au milieu d’une population en liesse, arborant les couleurs nationales et scandant des messages de soutien au Chef de l’État. Des tentes installées pour l’occasion, accueillaient autorités, élus, jeunes et notabilités locales dans une atmosphère de fierté et d’espoir.
Dans la foule, les visages rayonnent de fierté et d’espérance. Pour Karim Diakité, président du Conseil régional de la jeunesse de Bougouni, cette journée marque un tournant. «Nous sommes très contents, très fiers de voir notre région accueillir une deuxième mine de lithium. Cela va créer de nombreux emplois et participer au développement de nos communautés. Nous demandons aux autorités de veiller au respect du contenu local et appelons les jeunes à protéger l’environnement», a-t-il déclaré. Le jeune leader a insisté sur la nécessité de respecter le contenu local, c’est-à-dire la priorité donnée à l’emploi et aux entreprises locales, un point essentiel pour renforcer la confiance entre la population et les exploitants.
Dans la ville, l’effervescence était palpable. Hôtels, restaurants et commerces ne désemplissent pas depuis plusieurs jours. Seydou Koulibaly, promoteur de l'hôtel Le Piémont à Bougouni et directeur du festival du «Didadi», se réjouit de cette dynamique. «C’est un grand ouff de soulagement pour nous. Pour la première fois depuis longtemps, nos hôtels affichent complet. Cette inauguration redonne vie à l’économie locale», confie-t-il. Selon lui, la première mine inaugurée en 2024 à Goulamina a déjà eu des retombées positives, notamment la construction de routes, de maternités et de centres de santé. Les sociétés minières contribuent également au secteur culturel à travers des appuis constants à l’organisation des festivals de la région.
Pour Karim Sangaré, maire de la Commune urbaine de Bougouni, cette inauguration représente une grande opportunité pour la région. «Nous saluons le président et le gouvernement. Bougouni a aujourd’hui la chance d’abriter deux grandes mines de lithium. Nous espérons que ces projets vont générer des revenus pour l’État, mais aussi des emplois pour nos jeunes afin qu’ils restent travailler ici», a-t-il déclaré.
L’élu a profité de l’occasion pour plaider en faveur d’infrastructures modernes, notamment la route Bougouni-Garalo-Manakourou dont le bitumage, selon lui, contribuerait à désenclaver la région. Il a également renouvelé le souhait de voir la création d’une université à Bougouni, la quinzième région administrative du Mali, mais aussi la quatrième la plus peuplée du pays.
Si l’enthousiasme est général, certaines inquiétudes demeurent, notamment sur la préservation de l’environnement. Les jeunes et les élus locaux appellent à une exploitation responsable, respectueuse des terres et de la santé des populations. À Bougouni, en ce 3 novembre 2025, la promesse du lithium nourrit un immense espoir : celui d’un Mali qui transforme ses richesses naturelles en développement durable et partagé.
Amadou GUEGUERE
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