Journées de relance de l’Agence nationale de presse : Les Médias publics à l’épreuve de la vérité et du contexte sécuritaire

Les Journées de relance de l’Agence nationale de presse du Mali se sont poursuivies hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Plusieurs thématiques ont été abordées au cours de la table ronde organisée à cet effet, notamment celle relative aux défis pour les médias publics dans un contexte de terrorisme et de transition politique

Publié mercredi 29 octobre 2025 à 12:41
Journées de relance de l’Agence nationale de presse : Les Médias publics à l’épreuve de la vérité et du contexte sécuritaire

De gauche à droite l’ancien directeur de CDI Assana Diawara, le directeur général de l’Amap, Alassane Souleymane et le journaliste-enseignant-chercheur, Mamadou Koumé

 

Les médias publics sont confrontés à des enjeux complexes en période de crise. Entre pression politique, sécurité des journalistes et accès à l’information, leur rôle demeure à la fois stratégique et vulnérable.

Comment garantir la sécurité des journalistes sur le terrain ? Quelle posture éditoriale adopter sans compromettre l’indépendance ? Autant de questions au cœur de la table ronde organisée hier, lors de la deuxième journée des Journées de relance de l’Agence nationale de presse du Mali. Le thème retenu était : «Quels défis pour les médias publics dans un contexte de terrorisme et de transition politique ?»

Les objectifs de cette rencontre consistaient à analyser les responsabilités des médias publics en période de crise, identifier les mécanismes de protection et proposer des stratégies de couverture équilibrée. Les participants, journalistes, chercheurs et représentants d’institutions publiques ont échangé autour de la neutralité, de l’objectivité, de l’indépendance et des libertés professionnelles. Ils ont également abordé les notions de journaliste embarqué et de journaliste sportif-supporter, tout en soulignant la nécessité d’un usage prudent de certains termes sensibles comme «djihadistes». Les risques encourus par les reporters dans les zones sensibles ont été largement évoqués. Bandé Moussa Sissoko, représentant régional de l’Amap à Kayes, a partagé son expérience lors de la récente attaque terroriste survenue dans la région. Il est notamment revenu sur les fausses informations qui ont circulé sur les réseaux sociaux et dans certains médias, et qu’il a lui-même pris le soin de vérifier sur le terrain. Selon lui, il disposait de toutes les informations nécessaires pour rédiger un article, mais a préféré attendre la version officielle avant de publier. Il a souligné que la confiance entre les journalistes et les autorités est très importante, et a insisté sur la prudence ainsi que sur le respect des consignes des forces de sécurité.

Pour Souleymane Bobo Tounkara, le directeur des publications en français de l’Amap, le journaliste doit faire preuve de courage, sans pour autant mettre sa vie en danger. «Contrairement à ce que pense la jeune génération lorsqu’elle se rend sur le terrain, il faut se battre pour obtenir certaines informations», a-t-il déclaré. Il a également rappelé qu’un journaliste n’a pas le droit de mentir à son public. Selon lui, le respect des consignes de sécurité données par les forces de l’ordre renforce la confiance et facilite le travail. Il a enfin invité les journalistes à éviter de prendre trop de risques afin de ne pas compromettre la sécurité de leur rédaction.

 

PROCESSUS D’APPRENTISSAGE ET DE TRANSMISSION- De son côté, l’ancien patron de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (Dirpa), le Colonel-major à la retraite Diarran Koné, a souligné qu’aucun citoyen, qu’il soit français ou américain, n’est totalement libre vis-à-vis de l’État de son pays. Il a appelé à la prudence, estimant que la liberté de la presse doit s’inscrire dans le cadre de la liberté de la nation elle-même. Selon Diarran Koné, l’indépendance de la presse doit aller de pair avec celle de la société. «La déontologie journalistique n’est pas forcément contraire à la loi», a-t-il précisé, avant de relever l’existence d’un problème générationnel dans la profession. Pour lui, il faut accepter le processus d’apprentissage et de transmission, car «le journalisme en temps de crise est totalement différent du journalisme en temps normal, en période de crise, il s’agit avant tout de préserver l’essentiel, c’est-à-dire la vie humaine». Le journaliste-enseignant-chercheur, Mamadou Koumé, venu du Sénégal, a estimé qu’un média public ne peut totalement s’opposer au pouvoir. «Pour conserver votre indépendance, vous pouvez donner la parole à d’autres. Mais quand vous êtes dans un média d’État, vous n’avez pas toutes les libertés», a-t-il déclaré.

Clôturant les débats, le directeur général de l’Amap, Alassane Souleymane, a salué la pertinence des réflexions menées. «Depuis 2012, notre pays traverse une crise multidimensionnelle qui affecte tous les métiers de l’information. Notre mission est d’informer avec justesse et équilibre, tout en respectant les impératifs de sécurité», a-t-il rappelé. Et d’ajouter : «Nous devons trouver le juste milieu entre notre rôle de journalistes et nos responsabilités en tant qu’agents de l’État».

Cette table ronde aura permis de partager des expériences de terrain et de formuler des recommandations concrètes pour renforcer la résilience et l’indépendance des médias publics face aux défis de l’heure.

Amadou GUEGUERE

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Par Amadou GUEGUERE


Publié mercredi 25 mars 2026 à 08:51

Accès au financement : Le CNPM mobilise banques et entreprises

C’était à la faveur de la 1ère édition de la Journée des solutions de financement dédiées au secteur privé. L’initiative est du Conseil national du patronat du Mali (CNPM).

Par Amadou GUEGUERE


Publié mercredi 25 mars 2026 à 08:44

Approvisionnement en carburant : plus de 500 citernes réceptionnées, les autorités rassurent

Plus de 500 camions citernes chargés d’hydrocarbures ont été réceptionnés, ce vendredi 13 mars 2026, à l’Office malien des produits pétroliers (Omap). Cette opération vise à renforcer la disponibilité du carburant et à stabiliser l’approvisionnement du marché national, dans un contexte marqué ces derniers jours par une forte affluence dans les stations-service..

Par Amadou GUEGUERE


Publié mardi 17 mars 2026 à 08:43

Approvisionnement en carburant : Plus de 500 citernes réceptionnées, les autorités rassurent

Plus de 500 camions-citernes chargés d’hydrocarbures ont été réceptionnés ce vendredi 13 mars 2026 à l’Office malien des produits pétroliers (Omap). Cette opération vise à renforcer la disponibilité du carburant et à stabiliser l’approvisionnement du marché national, dans un contexte marqué ces derniers jours par une forte affluence dans les stations-service..

Par Amadou GUEGUERE


Publié samedi 14 mars 2026 à 19:04

RN 27 Bamako-Koulikoro : Les travaux connaissent un léger retard

Les travaux d’aménagement et d’élargissement du tronçon urbain de la Route nationale 27 (RN 27), reliant Bamako à Koulikoro sur un linéaire de 9,420 km, affichent un taux d’exécution physique d’environ 26,25 % pour un délai consommé estimé à 66,11 %..

Par Amadou GUEGUERE


Publié mardi 03 mars 2026 à 08:19

Ramadan : la société CMM SA offre 12 tonnes de riz et 12 tonnes de sucre aux populations riveraines

Au-delà de ses activités industrielles, l’entreprise Ciments et Matériaux du Mali (CMM SA) perpétue sa tradition de solidarité à l’occasion du mois béni de Ramadan..

Par Amadou GUEGUERE


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:55

Le ministre Alhamdou Ag Ilyène partage l’iftar avec Des fidèles à Sogoniko

Il est 18 heures 30 au Complexe sportif des jeunes de Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako. Le lundi 22 février correspondant à la 6è journée du mois de Ramadan, le lieu s’est mué en un restaurant à ciel ouvert..

Par Amadou GUEGUERE


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:45

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner