Les livreurs à moto : Une perpétuelle course contre le temps

Ces jeunes livreurs parcourent la ville pour acheminer les colis des destinateurs vers les destinataires. Ils ne mesurent guère les risques qu’ils encourent par leurs attitudes souvent désinvoltes dans la circulation encore moins les conséquences qui peuvent en découler

Publié mercredi 29 octobre 2025 à 13:20
Les livreurs à moto : Une perpétuelle course contre le temps

La confiance des clients est nécessaire pour réussir dans ce domaine

 

Sous un soleil de plomb à Magnambougou, un quartier animé de la rive droite de Bamako, le vrombissement des moteurs le dispute à l’indiscipline de certains usagers de la voie publique. Parmi les visages familiers du bitume se trouve Issa Traoré, la trentaine visiblement bien révolue. Ce livreur sillonne à moto les rues depuis l’aube. Livreur indépendant, il fait partie de ces nombreux jeunes qui ont fait du transport de colis et de repas un métier à part, le plus souvent loin des plateformes numériques. «Je commence souvent vers 7 heures. Je livre des documents, des repas et parfois des petits achats pour mes clients réguliers», confie Issa casque à la main et affichant un large sourire aux coins des lèvres sourire aux lèvres. Chaque journée est une course contre le temps. Il observe une pause à midi pour se prélasser à l’ombre près d’un kiosque avant de reprendre du service. «Je gagne entre 5.000 et 8.000 Fcfa par jour et souvent un peu plus s’il y a trop de sollicitations», explique celui qui semble plus fier de gérer son agenda personnelle et de jouir de sa liberté. Issa ne dépend d’aucune application. Ses clients, le sollicitent en raison de son sérieux, de sa ponctualité et de la sérénité qu’il dégage. «Je n’ai pas besoin d’Internet pour travailler.

Ce sont mes clients qui m’appellent directement. Ils savent que je suis toujours disponible pour eux», affirme-t-il. Célibataire sans enfant, il rêve pourtant d’un avenir plus stable : «Je voudrai plus tard ouvrir un petit service de livraison avec deux ou trois motos.» Contrairement à Issa, Souleymane, 27 ans, est sous contrat avec une société de livraison. Son expérience contraste avec celle d’Issa. «Moi, j’ai un salaire fixe de 70.000 Fcfa par mois, plus une petite prime. C’est plus sûr, mais on travaille sous pression. On doit rendre compte de chaque course et chaque retard est noté», explique-t-il, tout en ajustant sa veste de service. Pour lui, l’indépendance d’Issa a un prix : «Quand tu travailles seul, tu gagnes plus certains jours, mais tu ne sais jamais ce que demain te réserve.»Non loin du grand marché de Bamako-Coura, un autre livreur à moto, Amadou, la quarantaine, se poste chaque matin devant les services publics et privés. «Je me mets ici vers 8 heures. Si quelqu’un sort avec un colis ou des documents, je lui propose mes services.

Parfois je passe la matinée sans rien obtenir des clients, mais souvent il m’arrive de faire trois ou quatre courses», dit-il d’un ton calme. Sa méthode est aléatoire, mais elle lui permet de joindre les deux bouts  sans dépendre de quelqu’un. Il estime que c’est une situation qui lui convient parce qu’il consomme pas trop de carburant avec des sorties sporadiques. De plus en plus, ces jeunes livreurs commencent à fidéliser leurs clients. Mme Traoré, employée de bureau à Magnabougou, explique sollicité souvent ces jeunes livreurs. Elle souligne surtout qu’ils méritent d’être soutenus pour développer leur business. «Je n’ai plus besoin de me déplacer pour livrer mes dossiers ou mes repas. Issa est ponctuel et respectueux. C’est un vrai soulagement», fait remarquer l’employée de bureau. Même son de cloche chez Mohamed Konaté, gérant d’un petit restaurant.

Celui-ci trouve que les livreurs sont ses alliés parce que sans eux, des commandes ne seraient pas livrées et encore à temps. Il dit beaucoup apprécier le professionnel de certains d’entre eux.  Mais tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Boubacar Diallo, conducteur de taxi depuis cinq ans, se montre plus réservé. «Ces jeunes conduisent trop vite ! Ils slaloment entre les voitures comme s’ils étaient les seuls usagers de la voie publique.

Ils sont tous les jours concernés dans des accidents. C’est un métier peut-être rentable, mais il faut plus discipline sur la voie publique.»  Entre indépendance, précarité et passion, le métier de livreur à moto continue de se structurer dans la capitale. Issa, Souleymane et Amadou incarnent trois visages de cette nouvelle économie urbaine. À Bamako, la livraison n’est plus un simple service : c’est un symbole de résilience pour une jeunesse en quête de dignité et d’autonomie.

Assitan KIMBIRY

Rédaction Lessor

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 25 mars 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 25 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée AssimiGOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 25 mars 2026 à 22:15

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 23:29

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner