#Mali : Cour d’assises de Bamako : Peine exemplaire à l’encontre d’une bande de violeurs

Ils ont violé une fillette, filmé la scène de leurs ébats et publié les images en ligne. Les juges ont eu la main très lourde pour eux

Publié mardi 02 avril 2024 à 07:17
#Mali : Cour d’assises de Bamako : Peine exemplaire à l’encontre d’une bande de violeurs

En janvier 2018, Tenin Keita a été violée collectivement par un groupe de jeunes avant de voir sa vidéo diffusée sur le net suscitant l’indignation. L’affaire dite de «viol collectif» a, à l’époque, défrayé la chronique de par son caractère sensible qui avait heurté plus d’un. L’horrible scène filmée à visages découverts a choqué nombreux de nos compatriotes. Il n’en fallait pas plus pour que les organisations de défense des droits des femmes montent au créneau demandant aux autorités judiciaires une punition «exemplaire» afin de dissuader la répétition d’un tel crime.

Par la suite, les enquêtes ont permis d’interpeller à Sotuba les nommés Gagny Coulibaly, Mamadou Konta, Badra Dembélé et Alfousseyni Dienta. Le plus jeune du groupe avait 16 ans, le plus âgé 25 et 18 pour les deux autres. Six ans après, ces présumés violeurs sont passés devant la Cour d’assises de Bamako au cours de la présente session qui se tient à la Cour d’appel de Bamako. Au terme de leur procès les mis en cause ont, chacun écopé de 10 ans de réclusion criminelle.

C’était le 26 janvier 2018, aux environs de 14 heures, la pétite Tenin âgée de 15 ans à l’époque des faits, se rendait à son école sise à Titibougou, en Commune I du District de Bamako. En cours de route, elle a été approchée par un groupe de jeunes  par l’intermédiaire d’un certain Badra Dembélé de se joindre à eux pour des exercices en groupe. C’est ainsi qu’elle les suivait jusque dans une maison supposée être le lieux d’exercices.

 

Violée à tour de rôle- Ainsi Mamadou Konta entrait dans une chambre et l’invitait à le joindre pour, dit-il, voir un cahier. Et c’est une fois dans la chambre, que Tenin est piégée et violée à tour de rôle par ces jeunes. Durant cette action, ils ont été rejoints dans la chambre par d’autres jeunes qui ont, eux aussi, abusé d’elle à tour de rôle. Pendant leur forfait, les auteurs des faits incriminés ont filmé la scène, pour ensuite mettre ces images sur les réseaux sociaux.

C'est en visionnant ces images qui lui ont été présentées par une de ses voisines que Fatoumata Diarra, la mère de Ténin Keïta, a reconnu sa fille. Suite à la série de questions posées à elle par sa mère, cette dernière confirmait les faits. C'est ainsi que dame Fatoumata Diarra a conduit sa fille à la police, précisément à la Brigade chargée de la Protection des mœurs et de l'enfance, pour porter plainte contre les agresseurs de celle-ci. Les investigations entreprises par cette unité, ont permis d'appréhender les nommés Badra Dembélé, Gagny Coulibaly, Mamadou Konta, N'Gada Traoré dit Gana, Alfousseyni Dienta, Boubacar Sidiki Kamissoko et Aboubacar Dienta dit Kama.

Par la suite une information judiciaire a été ouverte contre eux. Inculpés et placés sous mandat de dépôt le 15 février 2018, ils ont reconnu les faits qui leur sont reprochés, tant à l'enquête préliminaire que devant te magistrat instructeur. À la barre, ils n’étaient que quatre à comparaitre sur les sept déferés. Les accusés ont opté pour la dénégation systématique des faits. Dans cette logique de fuite en avant, ils n’ont, à aucun moment reconnu les actes qu’ils avaient pourtant admis lors des enquêtes préliminaires. À les entendre parler, ils n’ont pas entrainé la victime dans la chambre.

Le ministère public, fort de sa qualité de défenseur des citoyens a qualifié les inculpés de menteurs, qui usent de mensonge pour se défendre. C’est pourquoi, il a requis leur maintien dans les liens de l’accusation. Et d'ajouter qu'ils ne devaient aucunement échapper à la justice. Les conseils des accusés ont tout d’abord tenté de faire comprendre à la Cour que le dossier est truffé d'incohérences. Ils ont également demandé à la Cour de tenir compte de la jeunesse des accusés. Une idée qui n’a pas du tout coinvaincu les jurés. À la lumière des débats, la Cour a reconnu les accusés coupables. Cependant, ces derniers n’ont bénéficier d’aucune circonstance atténuante. Les quatre violeurs ont écopé chacun de 10 ans de reclusion criminelle.

Tamba CAMARA

Lire aussi : République arabe saharouie démocratique: Le Mali retire sa reconnaissance en tant qu'État

Le Mali retire sa reconnaissance à la République arabe saharouie démocratique (RASD) en tant qu'entité étatique..

Lire aussi : Portrait : Massa Makan Diabaté, une figure majeure de la littérature africaine

Massa Makan Diabaté est l’une des figures majeures de l’histoire et de la littérature africaine. Grand défenseur de la tradition orale, il appartient à la grande famille des griots, ces gardiens de la mémoire collective dans la société mandingue..

Lire aussi : Musique : Retour sur le Bronconi de Niono

Ce grand orchestre a fait la gloire du Kala dans les années 70-80. Les anciens continuent à se souvenir de cette belle formation musicale qui a fait danser plusieurs générations.

Lire aussi : Mopti : Le CESEC en visite de terrain

La salle de conférence du gouvernorat de Mopti a abrité, mercredi 8 avril, la rencontre de synthèse des travaux des missions d’élaboration du recueil 2026 des besoins, des attentes et des problèmes de la société tenue dans les cercles de la région..

Lire aussi : Gao : Le poisson en abondance

La somme de 500 Fcfa suffit pour faire une bonne sauce de poisson dans la cité des Askia. Cette année, la Direction régionale de la pêche prévoit une production atteignant plus de 17.000 tonnes.

Lire aussi : Forum panafricain des médias de Bamako : Une dynamique continentale pour une communication africaine renforcée

Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a accordé une audience, le jeudi 9 avril 2026, à une délégation de la commission d’organisation du Forum panafricain des médias de Bamako, conduite par Bandiougou Danté. Cet événement d.

Les articles de l'auteur

Diéma : De redoutables coupeurs de route derrière les barreaux

En dépit de sa relative jeunesse (23 ans), le nommé O. S fait parler de lui de façon négative. Le garçon est à la tête d’une bande de sept individus qui se sont spécialisés dans la commission d’actes criminels, plus particulièrement le braquage à main armée..

Par Tamba CAMARA


Publié jeudi 09 avril 2026 à 08:45

Mali : Trois jeunes interpellés pour avoir volé plus de 4 millions de Fcfa

Trois individus âgés de 19 à 21 ans ont été arrêtés pour le cambriolage d’une boulangerie située au quartier Médine à Bougouni..

Par Tamba CAMARA


Publié lundi 06 avril 2026 à 13:14

Climat : Les enfants et les jeunes au cœur de l’action

La lutte contre le changement climatique est l’affaire de tous, y compris des enfants et des jeunes. Ceux-ci sont désormais reconnus comme de véritables porteurs de solutions..

Par Tamba CAMARA


Publié vendredi 03 avril 2026 à 08:39

Kati : La Police démantelle un réseau de trafiquants de carburant

-.

Par Tamba CAMARA


Publié vendredi 03 avril 2026 à 08:36

Hamdallaye ACI 2000 : Deux voleurs de motos interpellés par la police

B.T et B.D sont deux voleurs invétérés connus et reconnus par les limiers comme tels. Depuis quelques jours, les motocyclistes des secteurs où ils sévissaient peuvent souffler un ouf de soulagement..

Par Tamba CAMARA


Publié vendredi 03 avril 2026 à 08:31

Immeuble effondré à Daoudabougou : Le bilan atteint 6 morts

Les opérations de fouille se poursuivent sur le site de l’immeuble de quatre étages en construction qui s’est effondré le dimanche le 22 mars à Daoudabougou, en Commune V du District de Bamako. Le lendemain du drame, la direction générale de la protection civile avait communiqué un bilan provisoire estimé à deux décès et plusieurs cas de blessés.

Par Tamba CAMARA


Publié mardi 24 mars 2026 à 18:44

Torokorobougou : Des faux agents de sécurité, braqueurs et Tueurs

Les éléments du commissariat de police de Torokorobougou, en Commune V du district de Bamako, viennent de mettre fin aux agissements d’un trio de malfrats qui se faisaient passer pour des agents des forces de sécurité, alors qu’il n’en est rien..

Par Tamba CAMARA


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:17

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner