En
janvier 2018, Tenin Keita a été violée collectivement par un groupe de jeunes
avant de voir sa vidéo diffusée sur le net suscitant l’indignation. L’affaire
dite de «viol collectif» a, à l’époque, défrayé la chronique de par son
caractère sensible qui avait heurté plus d’un. L’horrible scène filmée à
visages découverts a choqué nombreux de nos compatriotes. Il n’en fallait pas
plus pour que les organisations de défense des droits des femmes montent au
créneau demandant aux autorités judiciaires une punition «exemplaire» afin de
dissuader la répétition d’un tel crime.
Par la
suite, les enquêtes ont permis d’interpeller à Sotuba les nommés Gagny
Coulibaly, Mamadou Konta, Badra Dembélé et Alfousseyni Dienta. Le plus jeune du
groupe avait 16 ans, le plus âgé 25 et 18 pour les deux autres. Six ans après,
ces présumés violeurs sont passés devant la Cour d’assises de Bamako au cours
de la présente session qui se tient à la Cour d’appel de Bamako. Au terme de
leur procès les mis en cause ont, chacun écopé de 10 ans de réclusion
criminelle.
C’était le 26 janvier 2018, aux environs de 14 heures, la pétite Tenin âgée de 15 ans à l’époque des faits, se rendait à son école sise à Titibougou, en Commune I du District de Bamako. En cours de route, elle a été approchée par un groupe de jeunes par l’intermédiaire d’un certain Badra Dembélé de se joindre à eux pour des exercices en groupe. C’est ainsi qu’elle les suivait jusque dans une maison supposée être le lieux d’exercices.
Violée à
tour de rôle- Ainsi Mamadou Konta entrait dans une chambre et l’invitait à le
joindre pour, dit-il, voir un cahier. Et c’est une fois dans la chambre, que
Tenin est piégée et violée à tour de rôle par ces jeunes. Durant cette action,
ils ont été rejoints dans la chambre par d’autres jeunes qui ont, eux aussi,
abusé d’elle à tour de rôle. Pendant leur forfait, les auteurs des faits
incriminés ont filmé la scène, pour ensuite mettre ces images sur les réseaux
sociaux.
C'est en visionnant ces images qui lui ont été présentées par une de
ses voisines que Fatoumata Diarra, la mère de Ténin Keïta, a reconnu sa fille.
Suite à la série de questions posées à elle par sa mère, cette dernière
confirmait les faits. C'est ainsi que dame Fatoumata Diarra a conduit sa fille
à la police, précisément à la Brigade chargée de la Protection des mœurs et de
l'enfance, pour porter plainte contre les agresseurs de celle-ci. Les
investigations entreprises par cette unité, ont permis d'appréhender les nommés
Badra Dembélé, Gagny Coulibaly, Mamadou Konta, N'Gada Traoré dit Gana,
Alfousseyni Dienta, Boubacar Sidiki Kamissoko et Aboubacar Dienta dit Kama.
Par la
suite une information judiciaire a été ouverte contre eux. Inculpés et placés
sous mandat de dépôt le 15 février 2018, ils ont reconnu les faits qui leur
sont reprochés, tant à l'enquête préliminaire que devant te magistrat instructeur.
À la barre, ils n’étaient que quatre à comparaitre sur les sept déferés. Les
accusés ont opté pour la dénégation systématique des faits. Dans cette logique
de fuite en avant, ils n’ont, à aucun moment reconnu les actes qu’ils avaient
pourtant admis lors des enquêtes préliminaires. À les entendre parler, ils
n’ont pas entrainé la victime dans la chambre.
Le ministère public, fort de sa qualité de défenseur des citoyens a qualifié les inculpés de menteurs, qui usent de mensonge pour se défendre. C’est pourquoi, il a requis leur maintien dans les liens de l’accusation. Et d'ajouter qu'ils ne devaient aucunement échapper à la justice. Les conseils des accusés ont tout d’abord tenté de faire comprendre à la Cour que le dossier est truffé d'incohérences. Ils ont également demandé à la Cour de tenir compte de la jeunesse des accusés. Une idée qui n’a pas du tout coinvaincu les jurés. À la lumière des débats, la Cour a reconnu les accusés coupables. Cependant, ces derniers n’ont bénéficier d’aucune circonstance atténuante. Les quatre violeurs ont écopé chacun de 10 ans de reclusion criminelle.
Tamba CAMARA
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