L’ouverture des travaux de cet atelier a été
présidée par le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la
Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, en présence de
l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique au Mali, Rachna Korhonen. L’on notait
également la présence de l’initiateur de cette formation, par ailleurs ancien
directeur général de l’Office de radio et télévision du Mali (ORTM), Salif
Sanogo.
Cette
formation de deux jours, financée par le Bureau de la démocratie, des droits de
l’Homme et du travail du département d’État américain, vise à doter les
participants des compétences nécessaires pour réaliser des reportages de
manière éthique et sûre, dans des environnements difficiles.
Il s’agit
également de leur donner les outils nécessaires afin qu’ils puissent traiter
l’actualité dans le cadre des règles professionnelles conformément au respect
de la déontologie et de l’éthique journalistiques. Mais aussi de savoir comment
un journaliste doit se comporter sur le terrain et lutter contre les «fakes
news (fausses informations)» et les «deepfakes (un enregistrement vidéo ou
audio réalisé ou modifié grâce à l’Intelligence Artificielle)». S’y ajoute la
technique de couverture médiatique en période électorale.
Pour l’initiateur
de la formation, en matière de pratique professionnelle, la formation continue
est aussi indispensable que l’oxygène l’est à la vie. Cela est d’autant plus
vrai qu’aujourd’hui, l’on est dans un monde qui évolue avec les nouvelles
technologies et pour renforcer son logiciel, il faut une formation continue
afin de mieux maîtriser les nouveaux outils, a expliqué Salif Sanogo.
Le rôle du
journalisme, tant pour informer le public que pour demander des comptes aux
responsables et autres détenteurs du pouvoir, ne saurait être surestimé, a
déclaré, de son côté, l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique. D’après Rachna
Korhonen, une presse libre et responsable est le fondement de toute société
moderne, servant à la fois de sentinelle et de plateforme pour le libre échange
d’idées. Dans les situations de conflit, a poursuivi la diplomate, les enjeux
sont encore plus importants, en ce sens que les journalistes, les blogueurs et
les activistes sont souvent en première ligne, apportant des informations
cruciales au public.
«C’est leur courage et leur intégrité qui garantissent que
la vérité l’emporte sur la désinformation», a-t-elle souligné. La capacité à
réaliser des reportages précis et éthiques, en particulier en temps de conflit,
est essentielle à la santé de toute société. «Elle garantit que les citoyens
sont informés, que le discours public est fondé sur la vérité et que les médias
servent de force pour le bien», a signalé la diplomate américaine.
S’adressant
aux participants, le ministre chargé de la Communication leur a fait savoir que
leur profession doit être au cœur du combat de chaque jour contre la violence,
les stéréotypes, l’uniformisation du monde ainsi que la manipulation des hommes
et des idées. «Vous devez tout simplement vous battre chaque jour pour la paix,
la liberté et la concorde sociale», a invité Alhamdou Ag Ilyène.
Il a aussi
exhorté les participants à éviter d’ouvrir de nouvelles plaies avec leur plume.
«Quoi de plus nécessaire quand on sait que des plaies sont, aujourd’hui,
nombreuses et profondes. Elles sont à vif dans un monde où la violence, les
conflits, les tragédies se heurtent aux prises de conscience et aux
mobilisations déclenchées par le talent, le courage, l’engagement de celles et
de ceux qui mettent des mots, des images et des sons sur les souffrances. Mais
aussi sur les espoirs de ceux qui, sans eux, seraient condamnés à subir, à
souffrir voire à mourir dans le silence», a souligné Alhamdou Ag Ilyène.
À un moment où le Mali et le Sahel vivent des périodes importantes de leur histoire, notre pays a besoin de journalistes et de blogueurs bien formés et à cheval sur l’éthique et la déontologie, a ajouté le ministre. Toute chose qui explique la tenue de cette formation qui met un accent particulier sur la pratique du journalisme en zone de conflit.
Bembablin DOUMBIA
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