#Mali : Mimi Pedro : Le combat de la promotion du bogolan

Notre pays est engagé, depuis deux ans, dans un processus de protection du bogolan à travers l’obtention de l’appellation géographique d’origine protégée auprès de l’autorité chargée de la propriété intellectuelle.

Publié jeudi 23 mai 2024 à 17:59 , mis à jour jeudi 20 juin 2024 à 23:21
#Mali : Mimi Pedro : Le combat de la promotion du bogolan

Un modèle de manteau en bogolan de Mimi Pedro


L’indication géographique d’origine de cette technique de teinture n’est pas une bataille facile, c’est pour cette raison que les artisans, artistes-créateurs, intellectuels, associations et autres structures publiques sont tous impliqués dans le combat. La styliste Mimi Pedro a exposé sur le bogolan, lors d’un récent colloque sur le thème de la valorisation par l’artisanat des savoirs locaux et la capacité des pays africains à mettre en place des appellations d’origine, tenu à Douala au Cameroun.

En effet, depuis une dizaine d’années, cette créatrice travaille uniquement sur le support et toutes ses variantes de matières premières de l’habillement, issues de notre patrimoine culturel. Après son exposé, son stand a été pris d’assaut par des artisans d’autres pays, des stylistes, chercheurs voire des personnalités comme des ministres africains. Tous étaient surpris d’apprendre que le bogolan était malien, puis impressionnés par la gamme de produits qui pouvaient résulter de ce support.

Mimi Pedro a développé, depuis des années, d’abord en contact avec des teinturières pour réaliser différentes colories du bogolan et du «bassilan» (une teinture traditionnelle avec des écorces d’arbres) afin de trouver différentes nuances qui sont la tendance dans la mode. Puis, elle a travaillé sur les modèles comme les robes, jupes, pantalons, par-dessus des manteaux, bref tout ce qui met en valeur le client et bien sûr le support lui-même.

Quant nous l’avons rencontrée dans son atelier à Badalabougou, en Commune V du District de Bamako, elle s’est dite préoccupée par le devenir de nos supports traditionnels. Même si elle souffre aussi de la crise énergétique, les clients se bousculent toujours aux portillons de son atelier qu’elle fait fonctionner à l’aide d’un groupe électrogène.

L’ancienne mannequin au teint d'ébène a eu l’idée d’initier un concours entre les stylistes maliens dénommé : «Mode et culture», dont la quatrième édition a été réalisée. L’objectif était de participer à la professionnalisation du secteur de la mode et de la haute couture. Toute chose qui pouvait avoir un impact réel sur la valorisation de nos supports traditionnels.

Après des études de secrétariat, elle décida d'aller tenter sa chance du côté de l'Agence de mannequin «Déesse» en 1996. C'est ainsi qu'elle a eu l'opportunité de défiler pour de nombreux stylistes maliens et africains. Aussi bien à Bamako que dans de nombreuses capitales africaines.  Mimi  Pedro a participé aux présentations de modèles de Dou Couture, Sirène couture, de Sambou Fané, de Xuly Bëtt (Lamine Kouyaté), de Pathé'O, de Diouma Diakhaté et même de Alphadi.

Elle sera recrutée par l'Agence Quemouna en 1998 et participera à un mémorable défilé de présentation de coiffure à Abidjan, avant de tenir un rôle principal dans la série TV «Walaha». Elle participera aussi à d’autres séries télévisées comme «Kokadjè» et «Duel à Daffa» et décidera ensuite de  lancer sa propre gamme de créations.

 Mimi Pedro a participé à de nombreuses foires et expositions à travers la France et le Canada. «Mon combat en tant que styliste a toujours été la promotion du textile malien», explique-t-elle. C’est ainsi qu’elle a habillé beaucoup d’artistes maliens comme Doussou Bagayako, Baou Tounkara, Cheick Tidiane Seck, les choristes de Tounkagouna et de Salif Keïta, entre autres.

Pendant la pandémie de la Covid-19, elle a crée sa ligne de masque dénommée : «Kana masque». En plus, elle valorise le tissu traditionnel malien. Pour réussir dans la mode, il faut d’abord oser. Mimi Pedro n’a pas hésité à franchir le pas.

Youssouf DOUMBIA

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