Le préfet Modibo Kane Togo, après une prise de contact avec les autorités municipales et les chefs coutumiers et religieux, s’est donné le temps de connaitre la ville et ses structures étatiques. Les locaux de la préfecture de Niafunké étaient, à la limite, un parc à animaux en divagation puisque la grande cour était sans portes ni portail. Au bout d’un mois, le lieu a changé de visage. Fenêtres, portail, portes, bureaux et même les horaires de travail, tout a été réorganisé par le nouveau locataire.
La préfecture est devenue la vitrine de l’État à Niafunké. Aujourd’hui, il est difficile d’y avoir accès sans se soumettre à un contrôle. Pourtant, hier seulement, c’était un passage pour les forains qui regagnent le fleuve Niger en fin de journée et les vendeuses de poissons qui ravitaillent le marché. Des arbres et des fleurs ont été plantés et l’enceinte n’est plus ouverte aux quatre vents. En clair, la préfecture de Niafunké a changé de visage et l’on comprend que la maison a maintenant un occupant.
Les heures de travail pour les agents de l’État sont respectées. Lors des réunions de prise de contact, le préfet Modibo Kane Togo a insisté sur la communication, la vraie, entre collaborateurs et, surtout, la transparence dans la gestion des affaires de l’État. Tous les services techniques déconcentrés de l’état sont visités, parfois par surprise.
À Niafunké depuis 2013 régnait une anarchie dans la gestion du foncier. Des contestations et conflits fonciers qui ont poussé plusieurs dizaines de personnes à se faire justice elles-mêmes et, ou à occuper, sans titre ni aucun autre document, des terrains et des bâtiments qui, parfois, appartiennent à l’Etat.
Dans la ville, des bâtiments entiers appartenant à l’État sont vendus. D’autres occupés illégalement, au pire mis en bail et les frais de location sont collectés par des personnes privées au vu et au su de tout le monde. Ici, on peut aisément constater que des cimetières ne sont pas épargnés par la furie spéculative. Ils sont morcelés et vendus au plus offrant.
Cette semaine, la construction d’une mosquée attenant à un cimetière, toujours en service, a été stoppée par le préfet, lors d’un enterrement puisque ses fondations sont dans le cimetière et les normes techniques ne sont pas respectées.
COMME DANS UNE JUNGLE- Devant les écoles, tout autour de la mairie, on constate des constructions et occupations illicites. On se croirait dans une jungle. Pourtant avant 2012, Niafunké respirait la propreté et la liberté, sur fond d’espoir de voir cette ville devenir un chef-lieu de région sur la base de ses nombreux atouts tels que son architecture.
Il n’est pas rare de constater qu’agents du domaine, propriétaires de terrain, vendeurs et acheteurs se liguent contre l’État. Des morcèlements sans aucune base juridique et qui menacent la vieille ville de Niafunké, car des digues de ceinture de la ville sont obstruées surtout en période d’hivernage.
Il n’est pas aussi rare de voir des constructions anarchiques sur les voies principales de la ville, parfois tout autour des services ou endroits sensibles tels que le Centre de santé, la Poste, les écoles, la place de l’indépendance. Pourtant le schéma d’urbanisation de la ville existe depuis 2002, mais il est piétiné. Des terrains sont morcelés et vendus parfois avec la complicité de certains responsables.
Les cas les plus flagrants sont les constructions anarchiques tout autour du marché principal et, singulièrement, des boutiques en banco ou en ciment derrière l’ancienne Société malienne d’importation et d’exportation (OMIEX) et l’église de Niafunké, obstruant plus de la moitié de cette rue, à l’ouest du marché.
SOUTIEN AU PRÉFET- Après s’être informé sur qui détient et celui qui a livré l’autorisation d’occuper cette zone du marché, les enquêtes ont édifié le préfet sur l’ampleur de l’inextricable arnaque à ciel ouvert. Le préfet Modibo Kane Togo s’est rendu, en personne, sur le site du marché et a commencé à sillonner toute la ville de Niafunké. Constat ? La situation est chaotique, dramatique, que de désordre partout dans les rues de Niafunké !
Des boutiques, magasins, kiosques installés un peu partout et n’importe comment dans la ville, sans aucune autorisation ni normes, parfois devant des édifices de l’État comme le Centre de santé communautaire (CSCom), le groupe scolaire Hamadoun Sankaré, la mairie… en toute illégalité. Tous doivent, dans les jours á venir, déguerpir. Le cas le plus consternant est celui des boutiques contiguës à l’ancienne Somiex, à l’ouest du marché ou, pour les anciens de Niafunké, l’ex-terrain de football du marché.
La seule et unique voie bitumée de la ville est aussi obstruée parfois par des kiosques et boutiques construits sur les canaux de drainage des eaux de pluie. Des personnes construisent des maisons dans les rues et d’autres, ferment les caniveaux avec des dalles et construisent dessus.
Quand certains ont transformé les caniveaux en fosses septiques ou eaux usées et déchets sont directement déversés, dégageant des odeurs nauséabondes dans beaucoup de quartiers. Pire, certaines personnes n’hésitent pas à déverser leurs ordures et déchets dans les caniveaux drainés directement au fleuve Niger.
Les constructions qui empiètent sur les rues de Niafunké seront répertoriées, démolies et redressées
Après un premier délai de deux mois décidés par les commerçants eux-mêmes pour quitter mais qu’ils n’ont pas respecté, le préfet a ordonné la démolition pure et simple de ces installations, souvent avec ses propres moyens permettant, ainsi, au marché de respirer. Le préfet Togo, après avoir rencontré la mairie, les chefs coutumiers et traditionnels, sans pouvoir situer les responsabilités face au drame foncier, a décidé de prendre ses responsabilités en renvoyant les services techniques de l’urbanisme et de l’assainissement au travail.
Toutes les constructions qui empiètent sur les rues de Niafunké seront répertoriées, démolies et redressées «sans état d’âme». Tous ceux qui ont bouché les fossés par des saletés, tous ceux qui utilisent les caniveaux comme déversoir de leurs déchets solides ou liquides ont reçu une convocation du service de l’assainissement et leur cas sera traité par la police, après une période de grâce d’un mois. Tous les fossés obstrués seront libérés et curés dans une semaine.
Laisser couler les eaux usées des toilettes qui déversent directement dans les rues parfois, serpentant devant les mosquées est formellement interdit et les auteurs répondront devant la loi. Lundi 10 mars, dans la salle de réunion du cercle, tous les chefs coutumiers, les services techniques de l’État, la police, la mairie ont discuté de comment redonner à Niafunké sa propriété et éclat d’hier, en combattant tous ceux qui ont tout morcelé et vendu.
Certains aînés natifs diront que la gestion de la ville de ces dernières années est une honte. Mais aujourd’hui à Niafunké, tout a changé, y compris les quais, le bord du fleuve avec ses jolies plages et ses jardins potagers. «Nous félicitons, soutenons et encourageons le préfet, car tout ce qu’il est en train de faire profite à Niafunké», a dit l’imam de la grande mosquée de la ville lors de la rencontre d’information, initiée par le préfet, le lundi 10 mars 2025. Un autre chef coutumier d’affirmer qu’il faut avoir l’honnêteté de dire la vérité face á l’histoire, car tout le monde est complice de cette situation. «De toutes les façons, il y aura des mécontents (ceux en faute), et aussi des heureux, ceux lésés, sans aucune défense», dit-il.
Déjà, des populations frustrées, depuis plus d’une décennie, manifestent leur soutien au préfet à chacun de son passage, dans le cadre du suivi des travaux d’élargissement et de nettoyage des caniveaux. Des femmes, des vieux, des jeunes rythment les passages du préfet par «Anga Ta», «Ambi Ko», «Tignè debi laban», «Préfet libère nous Niafunké».
En ce moment, les chefs de secteurs et le chef de village ont repris du service afin de sensibiliser les populations pour que, plus jamais, des eaux usées ne se déversent dans la ville. Que toutes les canalisations des toilettes directement branchées dans les caniveaux soient supprimées et que les fosses ouvertes soient aussi fermées puisque constituant un danger pour les enfants.
Tous ceux qui ont vendu ou acheté des terrains sans une base juridique fondée sont avertis car la terre appartient à la puissance publique. «La situation est grave, puisqu’aujourd’hui, la ville de Niafunké ne dispose plus de terre non vendue. Cela est inadmissible. Les générations futures n’ont rien fait pour mériter ce sort», déplore le préfet Modibo Kane Togo.
Après la rencontre de redressement du schéma d’urbanisation de la ville, piétiné au vu et au su de tous, les habitants de Niafunké ont exprimé leur espoir dans les actions du préfet Togo, espérrant qu’il soit l’homme de la situation.
Sekou A MAïGA / AMAP - Niafunke
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