L’Essor : Après la fin des huitièmes de finale, quelle est votre analyse du niveau technique global des équipes ? Une évolution tactique a-t-elle retenu votre attention ?
Mustapha El Hadaoui : Cette CAN 2025 au Maroc est exceptionnelle à tous les niveaux : technique, tactique et organisationnel. Avec neuf stades de haut standing, des terrains annexes de qualité et une logistique hôtelière cinq étoiles, tout a été mis en place pour la réussite totale de la CAN.
C’est un prologue idéal pour les futures grandes échéances du Royaume, comme la Coupe du monde 2030. Sur le terrain, le niveau est très relevé. Même des nations aux effectifs moins étoffés comme le Soudan, le Bénin ou le Mozambique ont montré un potentiel tactique impressionnant. Leurs sélectionneurs sont de fins tacticiens qui optimisent leurs moyens pour bousculer la hiérarchie. Cependant, les grands ténors restent fidèles à leur rang et ce sont eux que nous retrouverons dans le dernier carré.
L’Essor : Avec 109 buts marqués à ce stade, l'efficacité offensive est en nette progression. Selon vous cette tendance va-t-elle se confirmer ?
Mustapha El Hadaoui : Absolument. Le choix de la Confédération africaine de football d'élargir la compétition à 24 équipes a permis aux nations émergentes de progresser en se mesurant aux cadors. C’est une vitrine fantastique pour les jeunes talents qui attirent les recruteurs européens. Aujourd'hui, le football africain a franchi un palier tactique. Les joueurs, qu'ils soient binationaux ou formés dans des académies d'excellence sur le continent comme l'Académie Mohammed VI ou Génération Foot, arrivent en sélection bien mieux préparés tactiquement et mentalement. Cette base de formation solide explique la progression de l'efficacité devant le but et la qualité globale du jeu.
L’Essor : Le tableau des quarts de finale respecte la hiérarchie. Comment voyez-vous ces chocs à venir ?
Mustapha El Hadaoui : Les phases de poules sont derrière nous; nous sommes maintenant dans la phase des matches couperets où le calcul n'existe plus. C'est "gagner ou rentrer à la maison". Mon constat est clair : les grandes nations comme le Nigeria, l'Égypte, avec son expérience immense, et bien sûr le Maroc, seront présentes. Pour le Maroc, je suis très confiant, car l'équipe est bien armée et peut compter sur son public extraordinaire, qui est un véritable douzième homme. Je suis convaincu que le Maroc finira par remporter sa deuxième couronne africaine après tant d'années d'attente.
L’Essor : à votre avis, quel sera le facteur déterminant pour faire la différence lors de ces matches décisifs ?
Mustapha El Hadaoui : Le facteur primordial est le mental. À ce stade, il faut du sang-froid et un groupe soudé car, en Afrique, un joueur seul ne peut pas faire la différence; c'est la solidarité de l'équipe et l'implication du banc qui priment. La gestion des temps forts et des temps faibles par le coach est également cruciale. Le staff technique, médical et les analystes travaillent de concert pour que les joueurs soient prêts pour ce qui est, au fond, un combat de tous les instants. La lucidité dans la dernière passe, la finition devant le but et l'exploitation des balles arrêtées sont les détails qui feront pencher la balance.
L’Essor : Justement, quel regard portez-vous sur le parcours actuel des Lions de l'Atlas ?
Mustapha El Hadaoui : Walid Regragui dirige un collectif performant et soudé, avec un effectif de talent qui s'est construit sur la durée. Nous avons enchaîné une série record de victoires, et même le match nul contre le Mali n'était qu'un accident de parcours qui a permis au groupe de se ressaisir.
Malgré les aléas, comme les blessures de joueurs clés comme Azzedine Ounahi ou Romain Saïss, la force de notre effectif réside dans sa profondeur : chaque remplaçant a le niveau pour apporter un plus. Tactiquement, le Maroc sait varier ses attaques pour percer les blocs bas, grâce à des joueurs comme Abde Ezzalzouli ou Brahim Diaz qui provoquent et créent du mouvement. Avec le soutien de notre public et cette euphorie nationale, nous sommes focus sur l'objectif final : ramener la Coupe.
Interview réalisée par
Ladji M DIABY
L'aventure terminée pour le Mali. Ce vendredi pour le compte des quarts de finales le capitaine Yves Bissouma et ses partenaires se sont inclinés 1-0 face aux Sénégalais dans le grand stade de Tanger. L'unique but de la partie a été marqué par l'attaquant sénégalais, Iliman Cheick B. N'Diay.
À la veille du choc tant attendu entre le Mali et le Sénégal, l’ambiance est à la fois sereine et électrique. En conférence de presse d’avant-match d’hier, au stade Ibn-Batouta de Tanger, le sélectionneur Tom Saintfiet et le milieu de terrain Lassana Coulibaly ont affiché une confiance.
La sélection nationale abordera le choc avec le Sénégal avec un statut d'outsider assumé, mais avec un moral d'acier. Face au rouleau compresseur des Lions de la Teranga, les hommes du sélectionneur national Tom Saintfiet comptent bien prouver que si le talent gagne des matches, c'est l'union d.
Interview.
Entre un pays hôte, le Maroc sous pression, des Super Eagles du Nigeria en quête de stabilité interne et un choc de titans entre Pharaons d’Égypte et Éléphants de Côte d’Ivoire, les quarts de finale de cette 35è édition de la CAN 2025 promettent des étincelles sur les pelouses marocain.
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