Pierre-Hakim Ouggourni : Le
Mali a énormément de mérite. Se qualifier en jouant en infériorité
numérique pendant plus de 90 minutes, prolongations incluses, est un
exploit. Cela a demandé beaucoup de solidarité et de sacrifices. Je
pense notamment à Lassana Coulibaly, qui a dû dépanner au poste
d’arrière-droit après l’expulsion de Woyo Coulibaly. Tactiquement, Tom
Saintfiet a voulu reproduire le schéma utilisé face au Maroc, avec un
système en 4-5-1, alignant 5 milieux centraux de formation pour
densifier l'entrejeu.
L'Essor : Quelle a été, selon vous, la force principale du Mali face à la Tunisie ?
Pierre-Hakim Ouggourni : Sa
solidité, sans aucun doute. On ne peut pas dire que le Mali a produit
un beau jeu, mais les Aigles ont su subir sans rompre et sans concéder
trop d’occasions franches. Ils ont aussi parfaitement profité de la
méforme de la Tunisie, qui a été incapable d’accélérer le rythme ou de
les mettre réellement en difficulté, malgré leur supériorité numérique.
L'Essor : Le prochain défi s'appelle le Sénégal. Comment voyez-vous ce choc ouest-africain ?
Pierre-Hakim Ouggourni : Ce
sera un match totalement différent. Les Lions de la Teranga imposent de
fréquents changements de rythme qui pourraient bousculer la défense
malienne. L’une des clés sera le flanc droit : qui sera aligné face à
Sadio Mané ? Hamari Traoré aura-t-il les 90 minutes dans les jambes ? Il
faudra aussi surveiller la gestion des centres. Ousmane Camara et
Abdoulaye Diaby font une très bonne CAN, mais les buts encaissés face à
la Zambie et à la Tunisie se ressemblent : des ballons en cloche qui
retombent entre les deux centraux. C’est un point de vigilance crucial.
L'Essor : Un mot sur les autres huitièmes de finale. Qui sont vos favoris ?
Pierre-Hakim Ouggourni : Plusieurs
favoris se dégagent pour les quarts de finale à venir. Sur le papier,
l’Égypte, le Nigeria et la Côte d’Ivoire apparaissent supérieurs à leurs
adversaires (respectivement le Bénin, le Mozambique et le Burkina Faso,
ndlr). En revanche, le duel Algérie-RD Congo semble très équilibré.
L’Algérie a fait forte impression en poules avec trois victoires en
autant de matches, mais elle n’a pas encore été testée par une nation de
premier rang.
L'Essor : Quel bilan tirez-vous du premier tour de manière générale ?
Pierre-Hakim Ouggourni : Il
n’y a pas eu de déflagration ou de surprise majeure. Les favoris ont
répondu présents. Cela s’explique par l’excellente qualité des pelouses
et les conditions optimales mises à disposition par le Maroc. Les
équipes sont dans un état physique idéal pour performer. Il est
toutefois difficile de sortir un grand favori unique à ce stade.
L'Essor : Quelles équipes vous ont surpris ou déçu ?
Pierre-Hakim Ouggourni :
La plus grosse déception est le Gabon. On espérait voir les Panthères
rivaliser avec le Cameroun ou la Côte d’Ivoire, mais elles repartent
avec trois défaites. Déception aussi pour la Guinée-équatoriale et les
Comores, qui n'ont pas trouvé le chemin des filets. Côté bonnes
surprises, je retiens le Soudan, mais aussi le Mozambique, qui s'est
extirpé d'un groupe très homogène.
L'Essor : Votre pronostic pour la finale ?
Pierre-Hakim Ouggourni : Je
vois bien le Sénégal aller au bout, en écartant la Côte d’Ivoire en
demi-finale. Que les Maliens me pardonnent, mais cette équipe
sénégalaise est d'un autre calibre que la Tunisie. Mon cœur penche pour
le Mali, mais la réalité statistique favorise le Sénégal. Mais sait-on
jamais, une surprise est si vite arrivée. Je souhaite bonne chance aux
Aigles. De l’autre côté du tableau, le Maroc, porté par son public, a
toutes les chances de disputer la finale chez lui.
Interview réalisée par
Djènèba BAGAYOKO
L'aventure terminée pour le Mali. Ce vendredi pour le compte des quarts de finales le capitaine Yves Bissouma et ses partenaires se sont inclinés 1-0 face aux Sénégalais dans le grand stade de Tanger. L'unique but de la partie a été marqué par l'attaquant sénégalais, Iliman Cheick B. N'Diay.
À la veille du choc tant attendu entre le Mali et le Sénégal, l’ambiance est à la fois sereine et électrique. En conférence de presse d’avant-match d’hier, au stade Ibn-Batouta de Tanger, le sélectionneur Tom Saintfiet et le milieu de terrain Lassana Coulibaly ont affiché une confiance.
La sélection nationale abordera le choc avec le Sénégal avec un statut d'outsider assumé, mais avec un moral d'acier. Face au rouleau compresseur des Lions de la Teranga, les hommes du sélectionneur national Tom Saintfiet comptent bien prouver que si le talent gagne des matches, c'est l'union d.
Interview.
Entre un pays hôte, le Maroc sous pression, des Super Eagles du Nigeria en quête de stabilité interne et un choc de titans entre Pharaons d’Égypte et Éléphants de Côte d’Ivoire, les quarts de finale de cette 35è édition de la CAN 2025 promettent des étincelles sur les pelouses marocain.
À quelques heures du choc ouest-africain entre les Lions de la Teranga et les Aigles du Mali, le sélectionneur sénégalais Papa Thiaw prône l’apaisement et le respect..