Adama Traoré : «l’Année 2025, ce n’est pas une place pour la culture, mais toute la place à la culture»

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a décrété 2025 comme Année de la culture. Pour la matérialisation de cette vision, les acteurs du secteur dont le président de la Fédération des artistes du Mali, Adama Traoré multiplient les initiatives et actions de revitalisation de la culture.

Publié vendredi 07 mars 2025 à 08:24
Adama Traoré : «l’Année 2025, ce n’est pas une place pour la culture, mais toute la place à la culture»

L’Essor : Quel enseignement tirez-vous de cette décision du Chef de l’État d’insuffler une âme supplémentaire au secteur de la culture ?

Adama Traoré : Année 2025, ce n’est pas une place pour la culture, mais toute la place à la culture. Depuis longtemps, nous avons conclu après des études que tous les problèmes que connait notre pays sont d’ordre culturel. Pourtant, le budget alloué au secteur de la culture reste très insuffisant pour l’atteinte des objectifs dans la recherche de la paix et de la cohésion sociale.

Le budget est consacré uniquement au fonctionnement du département en charge de la Culture notamment les salaires des fonctionnaires et l’entretien. C’est maintenant que le politique a décidé de nous donner raison et ensemble nous pourrons relever les défis divers et variés.

 

L’Essor : En quoi cette décision du Président Goïta va refléter le renouveau ou le changement chez les acteurs culturels ?

 Adama Traoré : Les acteurs culturels auront les moyens de leur politique. Ils étaient dans une situation où ils devaient emprunter des armes chez leurs adversaires pour se battre, donc ils étaient loin de cette quête de la souveraineté. Pour faire face à nos différentes missions, les anciennes comme les nouvelles, nous avions besoin de l’engagement des différents acteurs : l’État, les collectivités territoriales et la société civile culturelle.

Nous savons tous que l’appui du Chef de l’État induit l’accompagnement de diverses couches de la société.

 

L’Essor : Quelles sont les attentes et les perspectives par rapport à cette décision du Président de la Transition ?

Nos attentes sont énormes et pertinentes. Nous pensons que le Projet culture 2025 est un chantier pour la revitalisation du secteur en vue d’assoir un mécanisme, de placer les acteurs au cœur du programme de développement du pays.

Ce qui permettra, cette fois-ci, aux artistes de bien structurer leurs projets, mais aussi la création d’un fonds de soutien à la création artistique et culturelle. Ainsi que la mise en place d’une politique de protection et de promotion des infrastructures culturelles et d’une plateforme avec des boutiques virtuelles pour la vente des œuvres.

La mise en place d’un taux important sur la rémunération de la copie privée pour les artistes. La création et l’attribution du poste de conseiller culturel dans les ambassades sont capitales pour la promotion culturelle. Ce poste doit être technique afin que celui qui l’occupe joue un véritable rôle de vulgarisation de nos valeurs et en faire un véritable levier de promotion de la coopération culturelle entre le Mali et le reste du monde.


Autrement, le conseiller culturel doit être outillé pour mettre en place un réseau pour la sécurité sociale des artistes et mieux vendre l’image positive de notre pays. Avec le projet Mali culture 2025, je pense bien que nous n’aurions désormais pas des conseillers culturels chargés uniquement de négocier des bourses d’études. Mais ceux qui connaissent l’histoire et les valeurs des grands empires du Mali (Manding, Songhaï). Nous espérons que l’année dédiée à la culture permette de corriger cette insuffisance qui handicape notre diplomatie culturelle.

 

L’Essor : Le théâtre perd de plus en plus sa notoriété au plan national. Peut-on rêver d’une résurrection de cet art ? Et comment s’y prendre ?

Pour la relance du théâtre qui est aujourd’hui sur le plancher, il est nécessaire de se poser certaines questions dont les réponses permettront de donner un début de solutions aux maux de la discipline. Cet art a été l’un des instruments d’éveil de conscience pour l’amélioration des conditions de vie de l’Homme en général et l’avènement de la démocratie dans notre pays.

Le théâtre, c’est aussi le lieu où la représentation se passe. Quels sont aujourd’hui les espaces que nous avions pour le théâtre ? Le décret de décembre 2016 qui transfère aux communes les compétences en matière de culture est incomplet donc il va falloir revoir son application. Il n’y a pas de financement, ni pour la création, ni pour la diffusion. Deux festivals portent à bout de bras le théâtre sans un appui de l’État.

Le Groupe dramatique du théâtre national n’a pas de budget de création tout comme les sections arts dramatiques de nos écoles de formation manquent cruellement de soutien.  Il faut aussi relire les textes sur le statut du droit d’auteurs.

 Propos accueillis par 

Amadou SOW

Lire aussi : Retour volontaire : 162 migrants maliens accueillis à Bamako

Cent soixante-deux migrants maliens de retour volontaire, dont 125 hommes, 27 femmes, cinq garçons et cinq filles, ont été accueillis ce jeudi 20 août 2026 à l’aéroport de international de Bamako par le ministère des Maliens Etablis à l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, en col.

Lire aussi : Pesticides agricoles : Le difficile équilibre entre productivité et préservation de la santé

Utilisés pour protéger les cultures contre les ravageurs et les maladies, les pesticides sont devenus des alliés importants des producteurs. Mais leur usage incontrôlé soulève de nombreuses inquiétudes liées à la santé humaine, à la dégradation des sols et à la préservation de la biodi.

Lire aussi : Saison des pluies : Les imperméables ont la côte

Depuis l’année dernière, un nouveau modèle d’imperméable a fait son apparition sur le marché à Bamako. Il ravit la vedette aux anciens types et séduit les usagers de la circulation en raison de son prix accessible à la bourse du Malien moyen, mais aussi de son emballage et de sa légère.

Lire aussi : Vacances scolaires : C’est aussi le temps des formations professionnelles

La plupart des parents portent une bonne appréciation sur l’apprentissage de petits métiers par les jeunes élèves et autres lycéens. Certains estiment que ça leur évite de se tourner les pouces, mais surtout de les éloigner du vice et de la mauvaise fréquentation.

Lire aussi : Procès Abderhmane Keïta : Renvoyé pour vacations judiciaires

Mis sous mandat de dépôt le 9 juin dernier, le journaliste Abderhmane Keïta attend d’être fixé sur son sort par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité..

Lire aussi : Mali-Mètre 2026 : 88,5 % des Maliens satisfaits de la gestion de la Transition, 94,2 % approuvent les forces armées

La Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) a présenté ce mercredi 19 août 2026 à Bamako les résultats de la 17e édition de son enquête d'opinion Mali-Mètre 2026, révélant un soutien populaire massif aux autorités de la Transition et aux Forces de Défense et de Sécurité..

Les articles de l'auteur

La passion chevillée au corps

On pourrait penser que rien ne prédestinait Seydou Camara à la photographie surtout avec son cursus scolaire, mais c’est s’y méprendre parce que ce natif de Ségou, la 4è région du Mali, avait la passion de la photographie chevillée au corps et depuis sa tendre enfance..

Par Amadou SOW


Publié mercredi 19 août 2026 à 09:01

Seydou Camara : «La photographie a énormément évolué au Mali»

Dans le cadre de la Journée mondiale de la photographie que consacre le 19 août de chaque année, le directeur artistique de l’Association Yamarou photo a accordé une interview à L’Essor. Dans les lignes qui suivent, Seydou Camara traite de plusieurs aspects de la photographie contemporaine et de la gestion des carrières de jeunes artistes, et propose des pistes de réflexion pour la relance de cet art visuel.

Par Amadou SOW


Publié mercredi 19 août 2026 à 08:58

Case du Cndife : Dites désormais «Case Assa Diallo»

C’est dans le souci de témoigner de la reconnaissance aux hommes et femmes qui ont porté le combat de la promotion de la femme malienne que la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djènèba Sanogo, a présidé, il y a moins d’une semaine au Centre national de documentation et d’information sur la femme et l’enfant (Cndife), la cérémonie d’hommage à une bâtisseuse de la Nation, Mme Soumaré Assa Diallo..

Par Amadou SOW


Publié mercredi 12 août 2026 à 11:46

Ménaka : Plaidoyer pour le retour du festival tamadacht

Les leaders communautaires de la Région de Ménaka sont venus solliciter, la semaine dernière, l’accompagnement du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme pour la relance du Festival Tamadacht..

Par Amadou SOW


Publié jeudi 06 août 2026 à 10:36

Musée national : Le ministre Sanou marque son intérêt pour l’exposition «TƐGƐNƆ»

Cette exposition extraordinaire, réalisée dans le cadre de la revitalisation du Musée national du Mali (MNM), intervient dans le cadre d’un vaste programme de relance de notre patrimoine culturel à l’initiative du département en charge de la Culture.

Par Amadou SOW


Publié jeudi 06 août 2026 à 10:30

Recueil de proverbes : Le pouvoir des proverbes

Les autorités de la Transition, les écrivains et les chercheurs embouchent la même trompette. Tous œuvrent pour la promotion des langues nationales et le retour à nos fondamentaux..

Par Amadou SOW


Publié jeudi 23 juillet 2026 à 08:23

Album de Vacances : Une initiation des enfants à la photographie

Dans le cadre de la mise en œuvre de ses activités, l’Association Yamarou photo (AYP) organise chaque année une session de formation en photographie, à l’attention des enfants de 5 à 14 ans, dénommeé: «Album de vacances»..

Par Amadou SOW


Publié mardi 14 juillet 2026 à 09:19

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner