BCID-AES : Une réponse pragmatique et stratégique aux défis économiques de la Confédération

Outil essentiel de promotion et de financement des projets structurants dans les secteurs stratégiques, la BCID-AES démarrera avec un capital initial de 500 milliards de Fcfa

Publié lundi 22 décembre 2025 à 09:09
BCID-AES : Une réponse pragmatique et stratégique aux défis économiques de la Confédération

Les ministres de Finances de l’AES à Koulouba, décembre 2025

La Confédération des États du Sahel suit allègrement son chemin au gré des changements géostratégiques. La tenue de l’Assemblée générale constitutive de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), le 11 décembre dernier dans un hôtel de Bamako, en est une parfaite illustration.

Cette rencontre marque un tournant historique dans la marche collective des trois états de l’AES et symbolise la volonté de leurs Chefs d’état à renforcer la coopération économique et financière. Elle aura permis de mettre en place les organes dirigeants de la BCID-AES et de valider ses textes fondateurs, tout en veillant à la disponibilité des moyens techniques, financiers, juridiques et humains nécessaires à son développement. Cette institution financière incarne une ambition collective, celle de reprendre en main le destin économique et financier de l’espace.

Outil essentiel de promotion et de financement des projets structurants dans les secteurs stratégiques, la BCID-AES démarrera avec un capital initial de 500 milliards de Fcfa. L’institution aura pour mission de mobiliser des ressources financières à grande échelle en vue de soutenir le développement des infrastructures essentielles dans des domaines aussi divers que l’énergie, le transport, l’agriculture et les technologies. Sa création n’est pas seulement une décision politique, c’est une réponse pragmatique et stratégique aux défis économiques de la Confédération.

à travers son opérationnalisation, les fondations d’une nouvelle ère économique seront posées et les peuples auront les moyens de vivre dans la paix, la sécurité et la prospérité. «Depuis la création de la Confédération de l’AES, nous avons développé des mécanismes de dialogue et de coordination des efforts pour un développement équilibré de nos pays », avait rappelé le ministre Alousséni Sanou lors de la réunion de Bamako.


 Lui et ses collègues du Burkina Faso et du Niger ont, à l’occasion, passé en revue la situation socio-économique dans l’espace commun. Et à l’issue de cette analyse, des actions prioritaires ont été retenues afin d’opérationnaliser la BCID-AES en vue de stimuler la mise en œuvre de projets structurants et intégrateurs. Ils ont à cet égard convenu d’accélérer la libération du capital de la Banque confédérale.

La BCID-AES est un pas décisif vers une intégration économique plus renforcée et plus dynamique de notre région. Pour Modibo Mao Macalou, spécialiste en économie, les spécificités de cette banque publique d’investissement et de développement devraient pouvoir la distinguer des autres institutions financières sous-régionales. « L’objectif serait d’utiliser l’argent public pour stimuler l’investissement privé et promouvoir une croissance durable. La banque publique d’investissement ne doit pas se substituer à l’investissement privé, mais plutôt agir comme un catalyseur, en permettant à l’investissement privé de se déployer dans des secteurs clés où il est moins enclin à s’engager », analyse-t-il.

L’expert estime que la création de la BCID devrait s’accompagner de la libéralisation des marchés et de la réduction des barrières à la libre circulation des biens, services et capitaux. « La levée progressive des obstacles aux échanges inter-régionaux, couplée à la mise en place de solutions de financement innovantes comme celles proposées par cette banque publique, pourrait avoir un impact direct sur le renforcement de la compétitivité des économies des États membres », soutient l’économiste.

Aussi, la BCID-AES pourrait constituer un véritable levier pour combler les déficits d’investissement, particulièrement dans les infrastructures et autres domaines sectoriels associés au développement durable. « Les banques publiques d’investissement ou de développement investissent dans divers secteurs économiques et dans les infrastructures socio-économiques qui sont cruciales pour la croissance économique forte, durable et inclusive», souligne notre interlocuteur. Toutefois, poursuit-il, la BCID-AES ne devrait pas être un simple outil financier, elle devra également accompagner une série de réformes pour renforcer l’intégration et la modernisation des économies de ces trois pays membres.

L’économiste insiste : l’investissement public doit posséder un effet d’entraînement, il doit donc renforcer de la complémentarité avec l’investissement privé. Il s’agira essentiellement d’accorder des prêts et garanties pour le financement du développement durable des États membres, de mobiliser les ressources financières, humaines et techniques. Cela pour la réalisation des projets et programmes d’investissement ou toute autre activité économique, commerciale et financière susceptible d’améliorer les conditions de vie des populations.

Pour intégrer leurs économies, le spécialiste estime que les pays de l’AES devraient réduire les obstacles aux échanges commerciaux et à l’investissement et relier leurs réseaux d’infrastructures. Ils doivent, poursuit-il, axer leurs efforts sur la libéralisation des échanges de biens et de services et celle des marchés financiers et des marchés du travail. L’expert préconise également l’utilisation d’une monnaie commune ou unique qui réduirait, selon lui, les coûts de transaction et stimulerait les échanges commerciaux au sein de l’AES, mais aussi entre elle et les autres organisations d’intégration économique sous régionales. Toute chose qui permettrait d’intégrer davantage les chaînes de valeur mondiale et renforcer l’activité économique.

Babba COULIBALY

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Affaire Wave : Le décryptage dE Mamadou Coulibaly

L’expert en audit stratégique des filières économiques soutient que la régulation du secteur du mobile money au Mali nécessite d’équilibrer la concurrence, d’harmoniser les tarifs et de renforcer la sécurité des consommateurs.

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:47

Axes Bamako-Kati : Les travaux s’accélèrent après un temps d’arrêt

Le constat a été fait hier par le directeur général des routes, Cheick Oumar Diallo et son équipe. Les deux chantiers coûteront plus de 92 milliards de Fcfa.

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 27 février 2026 à 08:54

Modibo Mao Makalou : «Le code minier de 2024 fait bondir les recettes minières de l’État de 547 à 835 milliards de Fcfa»

Le secteur minier malien connait d’importantes réformes à travers un nouveau code qui prévoit un contenu local afin que l’or puisse briller pour tous les Maliens. Le secteur stratégique des mines contribue déjà fortement au budget national. Dans ce décryptage, l’économiste Modibo Mao Makalou aborde les questions relatives à la souveraineté minière, au nouveau code minier, ainsi que les recettes d’exportation et fiscales générées par le secteur minier.

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:49

Assemblée consulaire de la CCIM : Plusieurs points à l’ordre du jour

L’assemblée consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), session 2026, s’est tenue hier au Parc des expositions de Bamako. L’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, en présence du président de la CCIM, Madiou Simpara, des membres de l’institution consulaire et des délégués..

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 20 février 2026 à 08:49

Madani Dravé, DG de EDM-SA : «Notre objectif, c’est une fourniture plus maîtrisée et plus stable»

Aujourd’hui, la priorité est la mise en service complète des infrastructures existantes, dont certaines sont à l’arrêt depuis quelques années.

Par Babba COULIBALY


Publié jeudi 19 février 2026 à 08:46

Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali : Moussa Coulibaly rempile

Le secrétaire général (sortant) de la Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali (FENAME), Moussa Coulibaly , a été reconduit à son poste pour un mandat de cinq ans. Il dirige un bureau de 36 membres, en plus des 7 membres de la Commission de vérification..

Par Babba COULIBALY


Publié lundi 09 février 2026 à 09:02

Foires de fin d’année : Madiou Simpara satisfait de l’organisation

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Madiou Simpara a visité, jeudi dernier, les foires d’exposition de fin d’année. Premier site visité: l’esplanade du Stade du 26 Mars où se déroule la Foire de fin d’année (FIAMA), une initiative de l’Union des associations des commerçants détaillants du Mali..

Par Babba COULIBALY


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:51

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner