Journée panafricaine des femmes : La ministre Mariam Maïga à cœur ouvert

Dans ces lignes, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Coulibaly Mariam Maïga, donne le sens de l’événement et livre sa vision pour la promotion des droits de la femme

Publié lundi 31 juillet 2023 à 05:17
Journée panafricaine des femmes : La ministre Mariam Maïga à cœur ouvert

L’Essor : Pouvez-vous nous expliquer le thème de la Journée panafricaine des femmes ?

Mme Coulibaly Mariam Maïga : Il est d’abord bon de situer la commémoration de la Journée panafricaine des femmes dans son contexte. En effet, l’OPF est une organisation continentale féminine, créée le 31 juillet 1962, au Tanganyika (Tanzanie), dans le but de lutter pour l’émancipation de la femme et pour la décolonisation de l’Afrique. C’était l’année précédant la création de l’Organisation de l’unité  africaine (OUA), aujourd’hui Union africaine (UA). Le Mali a abrité le premier siège de l’Organisation, de 1962 à 1968, le Secrétariat exécutif régional pour l’Afrique de l’Ouest, de 1997 à 2020 et la vice-présidence, depuis 2020, lors de son 10è congrès tenu en Namibie.


Le 31 juillet, qui consacre la Journée panafricaine des femmes ou Journée de la femme africaine, commémore la naissance de l’Organisation panafricaine des femmes, en reconnaissance de la contribution des mères fondatrices de ladite organisation à la libération du continent et au rôle essentiel qu’elles ont joué et continuent de jouer dans le développement du continent. La commémoration du 31 juillet a pour objectif de faire l’état des avancées enregistrées dans le domaine des droits de la femme et de l’égalite du genre, d’identifier les perspectives, d’informer, de sensibiliser et de faire le plaidoyer auprès des gouvernements pour le renforcement des mesures en faveur de l’autonomisation des femmes.

Organe spécialisé  de l’UA, les actions de l’OPF s’inscrivent en droite ligne des programmes et projets de l’Union qui a choisi comme thème annuel 2023 : «L’accélération de la Zone de libre échange continentale». C’est pourquoi, l’OPF a retenu le thème : «le Savoir-faire et le potentiel des femmes au service de la paix en vue d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre échange continental». L’objectif général de la journée est de contribuer à l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre échange continentale africaine (Zlecaf) par les États-membres et d’informer et sensibiliser les populations sur la Zlecaf, ses opportunités, ses défis le rôle de la femme dans sa mise en œuvre.

L’Essor : Qu’est-ce que la Zlecaf peut apporter à l’autonomisation de la femme ?

Mme Coulibaly Mariam Maïga : La Zlecaf est un projet de l’UA qui vise la création d’un marché unique africain, caractérisé par la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et investissements et la promotion de l’intégration économique, en vue d’atteindre des objectifs socio-économiques durables et inclusifs, l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes, l’industrialisation, le développement agricole et la sécurité́ alimentaire. La Zlecaf renforcera l’autonomisation des femmes en améliorant leur accès aux opportunités commerciales.

L’Essor : Quelle est votre vision pour la marche de votre département stratégique ?

Mme Coulibaly Mariam Maïga : Ma vision est de faire de ce département stratégique, un département fédérateur des énergies internes et externes, inclusif et solidaire dans la recherche de solutions à tous les problèmes, touchant les droits de la femme et de l’enfant.

L’Essor : La femme et l’enfant restent les deux vedettes de ce département, avez-vous un projet pour la promotion de la famille ?

Mme Coulibaly Mariam Maïga : Toutes les questions touchant la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille constituent des priorités à mettre en œuvre. Le ministère dispose suffisamment d’outils dans ce sens, notamment la Politique nationale genre, la Politique nationale de promotion et de protection de l’enfant, celle de promotion de la famille, le Plan décennal de développement pour l’autonomisation de la femme, de la famille et l‘épanouissement de l’enfant (2024-2033). Il y a aussi le Programme de développement pour l’autonomisation de la femme, de la famille et de l’épanouissement de l’énfant 2024-2028, le Plan décennal de développement sanitaire et social, la Stratégie nationale de communication holistique sur les Violences basées sur le genre (VBG), la Stratégie nationale holistique pour mettre fin aux VBG et la Stratégie nationale multisectorielle pour mettre fin au mariage d’enfants.

L’Essor : La promotion de la famille peut-elle être un frein aux violences conjugales ?

Mme Coulibaly Mariam Maïga: Mon département travaille en synergie avec beaucoup d’acteurs pour combattre les VBG. L’information et la sensibilisation sont des outils à disposition pour pacifier les familles, les couples et cela avec l’accompagnement des légitimités traditionnelles. Cependant toutes ces actions doivent être soutenues par un fondement juridique. Là-dessus, le Mali a déjà un avant-projet de texte qui est en cours de relecture.

 L’Essor : Comment comptez-vous mobiliser les Maliennes autour du renouveau du Mali en général, et de votre vision en particulier ?

Mme Coulibaly Mariam Maïga: Le département s’inscrit dans le Plan d’action du gouvernement. Il s’agit pour nous de mettre en place des stratégies afin de fédérer autour de ce plan d’action, les femmes et tous les acteurs internes et externes.

L’Essor : Quelle sera votre touche particulière dans ce département ?

Mme Coulibaly Mariam Maïga: C’est la gestion des ressources humaines internes et externes de façon efficace et inclusive. C’est d’être attentive aux besoins du personnel pour plus de résultats et le développement de partenariat gagnant-gagnant avec les acteurs de la société́ civile, en général et des associations féminines, en particulier.

L’Essor : Comment comptez-vous mobiliser les femmes pour les élections à venir ?

Mme Coulibaly Mariam Maïga : Le rôle régalien du département est de renforcer les connaissances des femmes sur la politique, leurs capacités organisationnelles, leurs capacités de leadership et sur les outils et textes qui sous-tendent les élections. Dans le cadre de la mobilisation sociale, le département collabore avec beaucoup de partenaires, notamment les agences des Nations unies telles que l’ONU-Femmes, le National Démocratic Institut (NDI) et les organisations de la société civile parmi lesquelles on peut retenir le Groupe pivot/citoyenneté  et droit des femmes (GP/CDF), le Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires (REFAMP), le Réseau des femmes parlementaires (REFEP), le Réseau des jeunes femmes leaders des partis politiques et des organisations de la société civile (REJEFPO), la Coordination des associations et organisations féminines (Cafo).

L’Essor : Quel message adressez-vous aux femmes?

Mme Coulibaly Mariam Maïga : La paix, l’entente et la cohésion sociale sont des facteurs déterminants dans le développement d’une nation et dans la réussite de tout projet, de toute initiative. J’appelle les femmes à être des vecteurs de transmission de messages de paix, de solidarité et de cohésion nationale autour de la politique de sécurisation et de refondation de notre pays. Il y va de l’épanouissement de nos familles et de nos enfants et des femmes, qui ont assez souffert de la crise.

Propos recueillis par

Mariam A. TRAORÉ

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