Le prix de ses couteaux varie de 500 à 3.500 Fcfa
Avoir une bête à
immoler le jour de l’Aïd el-Kebir est une chose. Une autre est de se donner les
moyens d’accomplir le rituel selon les prescriptions de l’Islam. Le
sacrificateur rituel doit en effet prêter une attention toute particulière aux
matériels utilisés pour le sacrifice, son couteau doit être parfaitement affûté
et tranchant. Aussi, il faut des couteaux et des machettes pour mettre la
viande de l’animal immolé en morceaux. Ces besoins suscitent de l’engouement
autour du commerce de ces outils en période de fête.
Il est 11 heures au
Grand marché de Bamako. Clients et vendeurs vaquent à leurs occupations. Les
vendeurs de couteaux se fondent dans ce décor. Ils sont à la recherche active
de clients. Mahamadou Cissé, un jeune revendeur, est enthousiaste. «J’attends
impatiemment ce moment de l’année», confie le commerçant saisonnier. Le prix de
ses couteaux varie de 500 à 3.500 Fcfa. L’adolescent propose plusieurs variétés
de couteaux, à savoir le six (nombre indiquant le numéro sur son carton), le
brésil, le caïman, les machettes chinoises et les petits couteaux. Quand le
marché est fructueux, il peut vendre au minimum 15.000 Fcfa. Ses clients sont
en majorité des hommes.
Mahamadou Cissé se fournit en marchandises chez un grossiste au Dabanani, un secteur du Grand marché de Bamako. «Mon grossiste me donne les couteaux et les machettes dont j’ai besoin. Je les vends en détail. À la fin de la journée, je lui verse son argent et garde le bénéfice», fait-il savoir. Cet accord n’est pas sans contrainte. Selon le marchand, il est difficile de s’entendre avec des fournisseurs si le stock du jour n’est pas épuisé. «Il faut beaucoup de courage pour pouvoir le convaincre de t’en fournir le lendemain. Certains fournisseurs disent que nous vendons le produit à vil prix. Cela réduirait leurs gains», témoigne Mahamadou Cissé avant de préciser que son fournisseur est compréhensible et sociable. Ce commerce lui permet de gagner assez d’argent pour aider ses parents dans les préparatifs de la fête et d’avoir son argent de poche.
Numéro du couteau-
Karamoko Diaby est le promoteur d’une grande boutique de vente de couteaux,
machettes et ustensiles pour les grillades. Ses couteaux sont importés de Dubaï
et de la Chine. Leurs prix vont de 500 à 1.500 Fcfa. Le modèle de couteau moyen
le plus vendu dans la boutique de Karamoko Diaby est «le six». Un carton peut
contenir 20 à 30 paquets de couteaux et chaque paquet contient 12 couteaux. Le
prix des cartons varie en fonction du numéro du couteau. Le numéro 9 se vend à
12.000 Fcfa le paquet, le 8 à 9.000 Fcfa, le 6 à 5.000 Fcfa et le 5 à 3.000
Fcfa. Selon le commerçant, le marché est plus vivace quand nous sommes à 3 ou 2
jours de la fête.
Dans les parages de
l’échangeur piéton du Dabanani, le secteur surnommé «Mourou sougou» (marché des
couteaux) grouille de monde. Les vendeurs sont installés en face de leurs marchandises (couteaux et machettes) enfouis
dans des cartons. Waly Diawara vend en détail. Il affirme que chaque année, de
nouveaux types de couteaux apparaîssent sur le marché. «Nous avons des couteaux
pour abattre, pour dépiauter ou découper la viande, et des machettes pour
briser les os. Pour le moment, le marché est timide», dit-il.
Dioba Bagayoko est
celle qui fait toutes les courses de sa famille. Pour l’heure, acheter et
aiguiser les couteaux ne font pas partie de son programme. Dans le Grand marché
où nous l’avons rencontrée, elle est venue acheter des habits pour les enfants.
Elle dit qu’elle achètera des couteaux et une machette à un jour de la fête, si
l’état de ses anciens outils l’exige.
Mahawa DEMBÉLÉ
Rédaction Lessor
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