Spécial 22 septembre 2025, 11 accords de la colonisation : La fin d’un système

Les autorités de la Transition ont affiché leur détermination à prendre à bras-le-corps le devenir de notre pays. C’est ainsi qu’elles ont mis fin à certaines formes de coopération qui maintenaient le Mali sous le joug de la domination étrangère. Ce diktat annihilait toutes les initiatives de développement et freinait l’essor économique.

Publié vendredi 19 septembre 2025 à 20:09
Spécial 22 septembre 2025, 11 accords de la colonisation : La fin d’un système

 La création de l’Alliance des États du Sahel par les Présidents Goïta, Traoré et Tiani est le symbole le plus manifeste de cette rupture  

 

 La nouvelle posture du Mali est fondée sur une coopération gagnant-gagnant et diversifiée. Qui plus est caractérisée par le respect mutuel faisant fi de l’esprit de condescendance et de l’imposition des puissances étrangères. Cette politique est contre l’immixtion dans les affaires intérieures des pays. C’est pourquoi, le gouvernement, sous le leadership du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a édicté trois principes clés guidant désormais l’action publique au Mali. Il s’agit du respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques opérés par notre pays et la défense des intérêts vitaux du peuple malien dans les prises de décision.  

Les onze impositions françaises datant de la période coloniale vont à l’antipode de l’indépendance réelle de l’Afrique, notamment les pays francophones.  Ces accords favorisent la mainmise de la France sur ses ex-colonies. Parmi ces pays, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont décidé de créer l’Alliance puis la Confédération des états du Sahel (AES) pour s’affranchir du joug colonial et prendre leur destin en main. Outre la défense et la sécurité, la coordination de l’action diplomatique et la mise en œuvre de projets structurants, les pays de la Confédération AES s’opposent à toutes les nouvelles formes de domination. 

D’où la dénonciation de ces impositions, appelés accords. Il s’agit de l’Accord sur la dette coloniale pour remboursement des bénéfices de la colonisation, l’Accord portant confiscation automatique des réserves financières nationales, l’Accord sur le droit de premier refus sur toute ressource brute ou naturelle découverte dans le pays, l’Accord portant priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et appels d’offres publics. 

Ces accords étouffent systématiquement tous les efforts de développement. Ces impositions montrent bien que l’ancien maître entend tirer profit de la souffrance des pays africains. Elles foulent aux pieds les règles de concurrence et de transparence dans la passation des marchés publics puisque «la priorité est accordée aux entreprises françaises». Pire, nos ressources naturelles sont exploitées en fonction de l’humeur du maître. S’y ajoutent les autres Accords relatifs au droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des colonies, le droit pour la France de déployer des troupes et d’intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts, l’obligation de faire du français la langue officielle du pays et la langue pour l’éducation, l’obligation d’utiliser le franc CFA (franc des colonies françaises d’Afrique). Mais aussi, l’obligation d’envoyer en France un bilan annuel et un rapport d’état des réserves sous peine de ne pas recevoir d’argent. 

Sur ces différents points des Accords, il ressort que la France a manifestement l’intention de contrôler l’armée dans ses ex-colonies. Elle affiche clairement son désir de monopoliser la formation des officiers et la dotation des forces armées en équipements militaires. Aussi, la France intervient en Afrique pour sauvegarder ses seuls intérêts.  Pourtant, pour les citoyens lambda, ces interventions sont des opérations d’instauration de la démocratie. De la poudre aux yeux ! Sur le plan économique, les pays africains ont les pieds et les mains liés. Et pour preuve, la monnaie commune et le fait qu’ils sont tenus « d’envoyer en France un bilan annuel et un rapport d’état des réserves sous peine de ne pas recevoir d’argent». Le Mali, pour s’affranchir de cette imposition linguistique, a inscrit dans la Constitution du 22 juillet 2023, la promotion des langues nationales en langues officielles. Idem pour les autres pays de l’AES.

Les deux derniers points de l’Accord viennent enfoncer le clou à savoir l’Accord portant renonciation à toute alliance militaire avec d’autres pays, sauf autorisation de la France et l’Accord sur l’obligation de s’allier avec la France en cas de guerre ou de crise mondiale. En clair, les pays africains (ex-colonies) ne peuvent lier partenariat avec aucun pays, ni puissance sans l’autorisation de la France. Tel n’est pas le cas aujourd’hui des pays de l’AES qui ont décidé de tourner cette page. Ce qui explique la diversification du partenariat du Mali avec la Fédération de Russie, la République populaire de Chine, la Türkiye, l’Iran, etc

Namory KOUYATE

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Par Namory KOUYATE


Publié jeudi 26 mars 2026 à 13:21

Guerre au Moyen-Orient : Quelles répercussions pour les pays de l’AES ?

L’enseignante à la Faculté des sciences administratives et politiques (Fsap), Mme Samaké Fatoumata H. Traoré, met en exergue les répercussions éventuelles de cette guerre sur la Confédération des états du Sahel. La directrice du Centre d’études pour l’équité et l’excellence (C2E-Nyetaa) recommande également la solidarité régionale, l’interconnexion électrique et l’industrialisation énergétique pour circonscrire la menace de flambée des prix à la pompe.

Par Namory KOUYATE


Publié mardi 24 mars 2026 à 08:59

Processus de paix et de réconciliation : La CAFO lance sa campagne d’information et de sensibilisation

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo) a placé l’évènement sous le thème : «femmes et réconciliation : actrices de paix et de cohésion nationale»..

Par Namory KOUYATE


Publié mardi 17 mars 2026 à 08:27

Kouyaté Goundo Sissoko, présidente de la Cafo : « Les femmes sont des actrices et forces de proposition »

A l’instar des autres pays à travers le monde, le Mali célèbre la Journée internationale de la femme, le dimanche prochain. C’est dans cette mouvance de célébration du 8 mars que la présidente de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo), Mme Kouyaté Goundo Sissoko, nous a accordé une interview dans laquelle, la spécialiste des questions de genre, de changement climatique et de résilience.

Par Namory KOUYATE


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:44

Dr Fodié Tandjigora à propos de l’Année de l’éducation et de la culture : «Nos programmes d’enseignement peuvent être bien nourris par nos contenus culturels»

L’enseignant-chercheur, sociologue de son état à l’université Yambo Ouologuem de Bamako nous livre son analyse, dans cette interview qu’il nous a accordée, en se focalisant sur les valeurs endogènes pour bâtir le Mali Kura. Dr Fodié Tandjigora, en sa qualité de spécialiste des questions de changement social, opte également pour le non-rejet systématique de la culture d’autrui.

Par Namory KOUYATE


Publié jeudi 05 mars 2026 à 08:49

Remise de vivres : Le CDM au chevet des nécessiteux

Le Collectif pour la défense des militaires (Cdm) a procédé, hier à la mosquée de Fadjiguila en Commune I du District de Bamako, à la remise de kits alimentaires aux fidèles musulmans. La cérémonie présidée par le secrétaire général du Cdm, Younouss Soumaré, avait pour parrain Fassalouma Keïta dit Bemba national..

Par Namory KOUYATE


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:10

Enseignement supérieur au Mali : À l’aune de la Refondation de l’État

Le maître de conférences à l’Université Yambo Ouologuem de Bamako (UYOB) diagnostique l’enseignement supérieur au Mali, en évoquant les contraintes liées à la création de l’Université, au passage du système Licence-master-doctorat (LMD) et à son adaptation au contexte de renouveau. Dr Moriké Dembélé propose ses recettes pour relever ce secteur.

Par Namory KOUYATE


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:55

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner