Spécial 22 septembre 2025, Monument de l’indépendance : Tout un symbole

De style architectural soudano-sahélien, ce chef-d’œuvre a été érigé sur le boulevard de l’indépendance en Commune III du District de Bamako. Il a été inauguré par le Président de la République Alpha Oumar Konaré, le 22 septembre 1995, lors du 35è anniversaire de l’indépendance de notre pays

Publié vendredi 19 septembre 2025 à 19:58
Spécial 22 septembre 2025, Monument de l’indépendance : Tout un symbole

C’est le lundi 22 septembre que le Mali célèbre le 65è anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. En ce jour de fête d’indépendance, les Maliens auront les yeux rivés vers le monument de l’indépendance pour suivre le traditionnel dépôt de gerbe de fleurs du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. Le monument en marbre blanc est érigé dans un espace vert équipé de lampadaires à la lumière éclatante. 

Le premier responsable de la Direction nationale du patrimoine culturel (Dnpc) que nous avons approché, explique que ce monument est situé sur le Boulevard de l’indépendance en Commune III du District de Bamako. Moulaye Coulibaly précisera que le monument est du style architectural soudano-sahélien. «Ce style reflète la façon dont les traditions de construction ont intégré les influences de l’Islam et les évolutions des pratiques d’entretien des édifices religieux», souligne le directeur national de la Dnpc.

Selon lui, le monument de l’indépendance se caractérise par ses coupoles en forme de minarets et de mihrabs, indiquant que le mur est orienté vers la Mecque. Il a relevé que ce monument est dédié à tous les héros qui ont combattu pour l’indépendance du Mali, le 22 septembre 1960.  «Sur le monument, il y a autour des extrémités des tablettes sur lesquelles sont inscrits les noms de tous les acteurs et de tous les héros de l’indépendance du Mali»,  fait remarquer le directeur national du patrimoine culturel, notant qu’il y a des tablettes vides dédiées à d’autres héros dont les noms ne sont pas encore connus. C’est pourquoi, a argumenté Moulaye Coulibaly, au monument de l’indépendance, il y a des tablettes sur lesquelles il n’y a pas de noms à présent. «Sur le plan technique, ce monument est d’une dimension de 20 sur 30, mais auparavant, il culminait sur 11 mètres», indique le directeur national du patrimoine culturel.

Le plan architectural a été conçu par Amadou Sidibé, a-t-il fait savoir. Par ricochet, il a salué cet architecte avec beaucoup de déférence. Le directeur Coulibaly a rappelé que cet édifice a été inauguré par le Président de la République Alpha Oumar Konaré, le 22 septembre 1995, lors du 35è anniversaire de notre indépendance. «Aujourd’hui, ce monument bénéficie de la protection juridique, car il est classé dans le patrimoine culturel national par le décret n°2012-118/P-RM du 24 février 2012 », note le chef de la Dnpc. Au plan historique, reconnait-il, ce monument représente notre souveraineté et notre indépendance. Pour lui, il révèle une étape décisive de l’histoire contemporaine du Mali, l’indépendance, la souveraineté nationale et internationale.

 

MEMOIRE COLLECTIVE- «Au plan socio-culturel et même spirituel, ce monument est un lieu de mémoire et de recueillement», soutient Moulaye Coulibaly. D’après lui, au pied de ce monument, l’on doit se ressourcer, s’inspirer des actes posés par les pères de l’indépendance pour construire un avenir meilleur. A son avis, c’est pourquoi chaque année, le Président de la Transition dépose une gerbe de fleurs au pied de ce monument, pour qu’on se remémore des pères de l’indépendance. Pour lui, on ne doit pas les oublier. «La gerbe de fleurs symbolise le recueillement, le respect pour tous ceux qui ont combattu pour l’indépendance du Mali, la liberté, l’indépendance, la mémoire collective», a expliqué notre interlocuteur. Ce geste traduit la volonté de transmettre aux générations futures, les inspirations des pères de l’indépendance, souligne Moulaye Coulibaly.

Pour le patron de la Dnpc, il n’est pas imaginable que les Maliens célèbrent les festivités du 22 septembre sans ce monument. «Nous sommes dans une crise identitaire. Ce monument doit pouvoir être le symbole du combat de cette crise identitaire», relève notre interlocuteur, rappelant que le Chef de l’État a initié le programme de développement de la culture pour la souveraineté et la renaissance culturelle. C’est dans ce cadre qu’il a décrété 2025, année de la culture pour en faire le pilier afin de bâtir le Mali nouveau. 

A ce propos, Moulaye Coulibaly dira que cette infrastructure doit être un rempart contre la crise identitaire, la crise historique pour combattre la décrépitude de la citoyenneté et la dépravation de nos mœurs. « Notre service est chargé de préserver, promouvoir, réhabiliter et protéger l’ensemble des biens culturels. Et ce monument étant classé dans le patrimoine culturel, il y a les effets du classement qui y sont liés et attachés », a fait savoir Moulaye Coulibaly, abordant les missions de sa structure. D’après lui, sa tâche est aussi la transmission de l’ensemble des valeurs liées à ce monument aux générations futures. Il attire l’attention sur le fait que, de plus en plus, à Bamako, l’on assiste à des actes d’incivisme inappropriés à l’endroit de ce monument. 

Convaincu que ce joyau architectural est un bijou, Moulaye Coulibaly a exhorté les populations à participer à la protection des parcs publics et monuments de Bamako. Il a prévenu que la dégradation d’un monument est un acte puni par la loi. À noter que les Présidents de la République Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, Dioncounda Traoré, Ibrahim Boubacar Keïta et le Général d’armée Assimi Goïta ont tous déposé des gerbes de fleurs au niveau de ce monument pour marquer la fête de l’indépendance et saluer les héros dont la lutte a permis cela.

Namory KOUYATE

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