Un an après l'attaque du bateau Tombouctou : Les populations se souviennent douloureusement du drame

7 septembre 2023-7 septembre 2024. Voici, un an déjà que le bateau "Tombouctou" de la Compagnie malienne de navigation fluviale (COMANAF) avait été victime d'une attaque terroriste, d'une rare violence, faisant plus d'une centaine de morts, de nombreux blessés et laissant beaucoup de séquelles psychologiques.

Publié samedi 07 septembre 2024 à 19:38
Un an après l'attaque du bateau Tombouctou : Les populations se souviennent douloureusement du drame

Les populations de la bande du fleuve, du Cercle de Gourma Rharous et particulièrement, celles des communes de Banikane, où avait eu lieu le drame et celle de Rharous qui avaient accueilli les rescapés, se souviennent de cette sombre journée, qui a endeuillé des centaines de familles et l'ensemble des Maliens. 


Les populations des communes de Banikane et Rharous se souviendront longtemps de cette journée du 7 septembre où avait eu lieu, une attaque terroriste contre le bateau long-courrier "Tombouctou", de la COMANAF. Cette attaque lâche et barbare et son chapelet de drames humains continuent de hanter les esprits. 


La fille d'un enseignant à la retraite, au nombre des victimes, témoigne : "jusqu'à mon dernier souffle, je n'oublierai jamais cette journée où mon père est décédé dans des conditions atroces, victime de la barbarie humaine, sans avoir eu le temps de nous dire adieu. Il est présent à chaque instant dans mon esprit et mon cœur ne pourra jamais se défaire de cette lancinante douleur". 


Ce témoignage est interrompu par un long sanglot, suivi de chaudes larmes. A.T, lui, est commerçant de son état. Il était allé se ravitailler en marchandises à Gao et revenait par le bateau, quand l'attaque s'est produite. Les yeux perdus dans le vague, il témoigne : "les passagers étaient à mille lieux de s'imaginer une attaque, quand le ciel nous est tombé sur la tête". 


Le bateau est une entité grouillante de vie et à bord, chacun s'occupe de ses activités ou se repose, le temps d'arriver à destination. Ce témoin poursuit : "j'étais là à déguster du thé et à deviser avec des compagnons de voyage, quand une détonation sourde retentit, semblable à un violent coup de tonnerre. Le bateau tangue dangereusement. Le temps s'est comme figé. Puis, soudain, les portes de l'enfer s'ouvrent. 


De tous les côtés les armes crachent la mort. Le bateau tangue de toutes parts, sous l'impact des projectiles. Les éléments des FAMa qui escortent le bateau ripostent énergiquement. C'est la panique totale à bord. Le sauve-qui-peut s'empare des passagers. Certains sautent à l'eau, d'autres s'enferment dans leurs chambres, bientôt prises par un incendie général. Tout crame à bord. Ce spectacle macabre est ponctué par les cris des enfants et des femmes qui implorent, secours. 


En face du lieu du drame, les habitants lancent leurs pirogues sur le fleuve, pour porter assistance à ceux qui se débattent dans les eaux, cherchant à fuir cet enfer flottant. Un spectacle à fendre l'âme". Sur ces mots, le regard de notre témoin s'embue de larmes et il tourne le dos pour s'en aller, incapable de terminer son récit et comme s'il cherche à fuir ce cauchemar. 


Des témoignages du genre foisonnent et leurs auteurs partent toujours avant de finir de raconter leurs histoires, comme pour exorciser, ce jour tragique. "Ce douloureux souvenir restera gravé dans les mémoires pour l'éternité et sera écrit en lettres de feu, dans les annales de  l'histoire de la lutte contre le terrorisme dans notre pays", conclut un édile de la commune de Rharous. 

Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous

Lire aussi : Cérémonies funèbres : Quand la compassion bascule à l’ostentation

Les comportements observés de plus en plus dans les funérailles à Bamako traduisent une désacralisation du deuil. On constate aujourd’hui l’usage abusif du téléphone et les vives discussions sur ces lieux de recueillement.

Lire aussi : Sit-in à l’Amap : Une réponse favorable du Gouvernement à travers le ministère de la communication

L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) traverse des difficultés financières qui fragilisent son fonctionnement et le paiement régulier des salaires. Établissement public à caractère administratif (EPA), elle mobilise des ressources propres en complément de la subvention de l’.

Lire aussi : Opération Dougoukoloko : Deux positions terroristes frappées à Koulikoro et à Mopti

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené, les 24 et 25 octobre 2026, des frappes contre trois points de regroupement d’éléments terroristes dans les régions de Koulikoro et de Mopti. Ces actions, conduites avec l’appui de leurs partenaires dans le cadre de l’opération Dougoukoloko, on.

Lire aussi : Lutte contre le terrorisme : Les FAMa intensifient leurs opérations sur les théâtres Est et Centre

Les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires, poursuivent leurs opérations permanentes de surveillance, de contrôle et de sécurisation du territoire national dans le cadre de l'opération Dougoukoloko..

Lire aussi : Fonction publique d'État : 1.122 emplois mis en compétition

Les concours directs de recrutement dans la Fonction publique d'Etat au titre de l'année budgétaire 2026 sont ouverts. Le ministère l'a annoncé à travers un communiqué rendu public sur ses plateformes digitales..

Lire aussi : À l'heure du Mali : Kidal ne sera jamais Canossa

L'histoire médiévale nous enseigne qu'en 1077, un empereur germanique, se sentant excommunié par le pape, s'en est allé s'agenouiller devant ce dernier à Canossa, petite ville italienne, s'avouant vaincu et demandant pardon pour que son pouvoir soit sauf. Cela après trois jours d'attente, pied.

Les articles de l'auteur

Attaque du bateau « Tombouctou » : Trois ans après, la memoire d’une tragédie qui refuse de sombrer

Trois ans après l’attaque terroriste qui a endeuillé le Mali, les images du drame restent gravées dans les mémoires. Entre douleur, résilience et devoir de souvenir, les populations de Gourma Rharous continuent d’honorer la mémoire des victimes du bateau « Tombouctou ».

Par Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous


Publié mardi 08 septembre 2026 à 09:47

Accident à Gourma-Rharous : Plus de peur que de mal

Plus d’une vingtaine de personnes, tous de proches parents, ont failli perdre la vie dans un accident de véhicule qui s’est produit dans un quartier périphérique de la ville de Rharous, le jeudi 2 octobre, aux environs de 16 h30 mn..

Par Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous


Publié vendredi 10 octobre 2025 à 11:59

Gourma-Rharous : Réflexion sur l’attelage Intelligence artificielle et éducation

Les enseignants du Cercle de Gourma-Rharous ont célébré le 5 octobre, la journée mondiale des enseignants, en poussant la réflexion autour du thème de l’édition 2025 : «L’intelligence artificielle (IA) et l’éducation : préserver l’autonomie dans un monde automatisé»..

Par Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous


Publié mercredi 08 octobre 2025 à 13:09

Gourma Rharous : Les élèves reprennent paisiblement le chemin de l'école

Le coup de gong qui annonce la rentrée scolaire, dans le Cercle de Gourma Rharous, a été officiellement donné, le 1er octobre 2025 au second cycle Abdoulaye Soumaguel Maïga de Rharous, chef-lieu de cercle. Tout un symbole, puisque cet établissement est le premier 2è cycle du cercle..

Par Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous


Publié vendredi 03 octobre 2025 à 08:13

Attaque du bateau Tombouctou : Deux ans après, des souvenirs toujours vifs

Cette attaque lâche et barbare d’une rare violence contre le bateau Tombouctou restera dans les esprits. Les rescapés de ce drame estiment être oubliés par l’État.

Par Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous


Publié lundi 08 septembre 2025 à 07:35

Gourma Rharous : C'est parti pour la phase locale de la biennale 2025

Les activités de la semaine locale des arts et de la culture du Cercle de Gourma ont démarré, lundi à Rharous (chef-lieu de cercle).

Par Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous


Publié mercredi 30 juillet 2025 à 09:36

«Résidence» de Gourma Rharous : Un symbole et une œuvre architecturale en péril

La bâtisse est érigée sur un promontoire sablonneux qui culmine à 30 mètres au-dessus des eaux du fleuve Niger. C’est le capitaine Gaston Mourgues, topographe de l’armée coloniale française, qui a réalisé les travaux de construction de la résidence en 1927.

Par Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous


Publié mardi 01 avril 2025 à 07:24

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner