Les spécialistes conseillent aux joueurs de boire beaucoup d’eau minéralisée
Mais quels que soient les enjeux, les équipes engagées dans la compétition
doivent affronter un adversaire commun : la forte chaleur qui s’abat
depuis fin mars sur tout le pays ou presque. Les services météorologiques font
état d’une température moyenne maximale de 45 degrés et d’une température
minimale de 43 degrés durant cette période. Et malgré des averses «éparses», le
mercure pourrait encore grimper bien au-delà de 46 degrés. «Il est recommandé
d'éviter autant que possible les activités physiques sous le plein soleil et de
boire 1,5 litre d'eau par jour», peut-on lire sur la page Facebook de
Mali-météo.
Une situation exceptionnelle qui n’est pas sans
conséquences, notamment sur les activités sportives et singulièrement sur le
football. «Oui, la chaleur nous fait mal cette année. Jouer sous ce cuisant
soleil, c’est infernal surtout sur un terrain synthétique. Et cela réduit très
significativement les performances de beaucoup de joueurs», déplore Aboubacar
Diarra «Senior», sociétaire du Djoliba qui nous montre le crampon déchiré après
la victoire des Rouges devant l’ASKO (1-0) au compte de la 26è journée du championnat.
«Tout cela est dû à la forte chaleur. Il faut que le gazon synthétique, chaud
en cette période caniculaire, soit systématiquement arrosé. Faire un match à
16h, c’est une chose difficile et je demande au nom de tous les joueurs au
Comité exécutif de la fédération de revoir l’heure des matches du championnat
et de ramener l’heure du premier match à 17, voire à 17h30. Sinon, nous
souffrons énormément», plaidera-t-il. L’attaquant
vedette de l’ASKO, Youssouf Simpara, emboîte le pas du joueur du Djoliba.
«Faire du sport en cette période de canicule, ce n’est pas une chose facile.
Tout comme les entraînements que nous faisons chaque jour. Souvent à la fin du
match, j’ai des vertiges car il fait trop chaud au Mali et la nuit, il n’est
pas possible de se reposer à la maison à cause des coupures intempestives
d’électricité», explique Youssouf Simpara. «Pendant le match, nous n’avons
droit qu’à deux pauses pour se désalterer et souvent nous disons entre nous
qu’en cas de faute, de rester au sol pour que l’arbitre puisse appeler le
médecin de l’équipe à rentrer sur la pelouse et nous profitons de cette pause
pour nous hydrater», confie l’attaquant des Oranges, qui tout comme Aboubacar
Diarra, demande de revoir les horaires des rencontres. Le médecin du Réal, Dr
Bagna Nouhoum Baby explique de mettre en application certains conseils
fondamentaux.
«La chaleur est une contrainte supplémentaire à la pratique
physique. C’est pourquoi, il est important de bien choisir votre activité
sportive. Lorsqu’on fait du sport, le football, le basket-ball ou la course à
pied notamment, on crée de la chaleur. Or sous une canicule, celle-ci est
difficile à évacuer et augmente le risque de problèmes respiratoires. Il faut
boire un litre d’eau pour une heure d’efforts», a déclaré le médecin sportif.
Et de continuer : «En revanche, attention aux faux amis. Les sodas, le thé
et les boissons à base de protéines ne sont pas de bons hydratants à prendre
avant, pendant et après les matches», alerte Dr Nouhoum Bagna. Il conseille plutôt
de boire des eaux très minéralisées qui permettent de mieux récupérer après une
activité physique comme après un match de 90 minutes.
Contacté au téléphone, le secrétaire général de la Fédération malienne de football (Femafoot) demande aux joueurs de prendre leur mal en patience. «Nous savons que les joueurs sont éprouvés en cette période de canicule tout comme les entraîneurs de football. Au nom du comité exécutif, je leur demande de prendre leur mal en patience car nous travaillons très sérieusement afin que les joueurs puissent jouer leur football tranquillement. C’est ainsi que les premiers matches débutent à 16h30 et non à 16h. On aurait aimé programmer les rencontres le soir, mais les coupures intempestives et incessantes d’électricité ne nous facilitent pas la tâche. On se débrouille comme ça afin de mieux voir la saison prochaine», explique Sidi Békaye Magassa.
Les équipes n’ont guère d’autre choix : se débrouiller, prendre leur mal en patience jusqu’à la fin de la saison. Et surtout croiser les doigts et prier pour que la canicule ne fasse pas plus de dégâts qu’il n’en faut !
Djeneba BAGAYOGO
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