Les 13 danseurs africains lors d’une répétition
Elle caractérise surtout la fin d’une formation de trois ans et le début d’une nouvelle vie professionnelle pour les 13 danseurs originaires de cinq pays d’Afrique de l’Ouest. «Comme la célébration d’une naissance, d’un nouveau départ, se révèlent sur scène et à nos yeux les expériences marquantes de leur formation, de leur vie de groupe», témoigne Lassine Koné, danseur, chorégraphe et promoteur de la compagnie «Don Sen Folo».
Pour exécuter ce programme, Don Sen Folo s’est associée à Moïse Touré de la compagnie : «Les Inachevés», basée en France et à Bienvenue Bazié de la compagnie «Auguste Bienvenue» et expérimentent ensemble un nouveau modèle de transmission des savoirs.
Pour ces chorégraphes, cette expérience est un pas qui fait passer d’un espace à un autre, d’un monde à un autre, d’une étape à une autre, d’une situation à une autre, d’un niveau à un autre, mais surtout de la formation à la vie professionnelle. La formation s’est déroulée à Bancoumana au siège de Don Sen Folo. Les artistes ont investi ce village qui devient un laboratoire de réflexion et d’expérimentation pour repenser notre façon d’habiter le monde.
«Mettre en avant les savoirs des populations pour créer des connexions dans l’ensemble de la communauté», explique le danseur malien. Corps pour XXIIè siècle-Acte II est une formation pensée comme un modèle reproductible dans d’autres localités d’Afrique. Don Sen Folo et ses partenaires cherchent avec la formation «Corps pour XXIIe siècle-Acte II», à former des corps et des esprits.
Ils recherchaient des personnes qui ont le désir d’apprendre et de comprendre le monde qui les entoure pour façonner celui de demain. L’enseignement était fait autour de la question des mythes africains, de l’observation de la nature et du quotidien, mais aussi de l’étude d’autres médiums et formes artistiques. La formation ambitionne également de repenser l’art chorégraphique en faisant naître une nouvelle écriture pour le corps dansant.
Les jeunes artistes, formés dans le cadre de Corps pour XXIIè siècle-Acte II «Mythes et Imaginaires», apportent leur réflexion à notre manière de vivre ici-bas. Le village Bancoumana que certains n’hésitent pas à qualifier d’une sorte de berceau des droits de l’Homme est un cadre quasi parfait pour mener réflexion et expérimentation. Cela en vue de repenser notre façon d’habiter le monde.
«Corps pour XXIIè siècle-Acte II» a reçu le soutien de la Fondation DOEN, de l’Institut français du Mali, de l’ambassade de France dans notre pays et du Centre culturel Kôré. Le document a été élaboré avec la contribution financière de l’UE et le support de l’OEACP. Son contenu relève de la responsabilité exclusive de Don Sen Folo et ne saurait en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’UE.
La compagnie Don Sen Folo-LAB, située dans la Commune rurale de Bancoumana, se dédie à l’art dans deux hectares composés, pour le moment, de 10 habitations traditionnelles (cases), d’un restaurant et d’une scène de travail.
L’objectif est d’offrir aux artistes maliens et internationaux un espace de travail et de professionnalisation. Les lieux servent aussi d’espace de découverte et de formation pour les populations. L’offre culturelle est quasi inexistante dans des villages comme Bancoumana où les jeunes sont déconnectés de la culture traditionnelle parce qu’ils ne se reconnaissent que peu dans celle-ci. Ils n’ont pas de modèle ou d’inspiration proches d’eux et ne s’identifient qu’à ceux qu’ils peuvent voir sur les réseaux sociaux.
Don Sen Folo-LAB est un espace privilégié où nous voulons que l’Homme se réapproprie son histoire et son territoire afin d’y laisser pousser son imaginaire. «Nous sommes fiers de ce que nous avons été, de ce que nous sommes et de ce que nous deviendrons», indique-t-il.
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