
La Société de gestion forestière «Abdoulaye Halidou Cissé» a fait le choix d’abandonner l’exploitation du bois d’œuvre. Une manière de contribuer à la diminution de la déforestation dans notre pays
Dans le vaste entrepôt situé en Zone industrielle de Bamako,
l’usine de bois de la Société de gestion forestière Abdoulaye Halidou Cissé
(SGF-AHC) était autrefois animée par le bruit assourdissant des scies électriques
utilisées pour la transformation du bois d’œuvre destiné à l’exportation.
Aujourd’hui, dans la cour de cette gigantesque infrastructure, on n’entend plus
que le bourdonnement harmonieux provoqué par l’activité de tri et de
conditionnement de la gomme arabique. De petites mains ingénieuses de femmes et
de jeunes filles, une soixantaine à notre passage, assisses sous des hangars,
nettoient, trient et tamisent des tas de gomme arabique entassés devant elles.
Dans une ambiance à la fourmilière.
Chaque jour, depuis plus d’un an, ces dames du quartier
abritant le site et ses environs, viennent y travailler pour gagner leur pain
quotidien. Toutes des ménagères ou mères célibataires démunies. Aminata Traoré
est l’une de ces journalières travaillant à l’usine. Elle nous approche avec un
grand sourire sur les lèvres. «Quand je commençais le travail ici, je
n’arrivais même pas à m’acheter un bonbon», confie-t-elle. Grâce à cette
activité, Aminata gagne 2.000 Fcfa par jour, soit un salaire mensuel d’environ
60.000 Fcfa. Mariée, la mère de trois enfants arrive ainsi à aider son conjoint
(travailleur journalier) dans l’entretien de sa famille.
Coiffé d’une casquette de couleur blanche, un tablier imprimé de l’arbre d’acacia en survêtement, Bakary Sidibé est le chef du volet gomme arabique de la SGF-AHC. Au milieu de ses poulains, ce détenteur d’un Master en agroéconomie a l’air enthousiaste quand il nous explique l’organisation du travail au sein de son entreprise.
Hommes et femmes de tout âge- Si les dernières activités
avant le conditionnement du produit se font sur place à l’usine, la chaîne
commence à des centaines de kilomètres de Bamako, sur les terres arides de la
première Région, Kayes. Nous nous sommes transportés sur les milliers
d’hectares qu’exploite la SGF-AHC dans les Communes rurales de Toukoto,
Sourasan, Oualéa, Sefeto Ouest (Cercle de Kita). Dans les champs d’acacias
(arbre qui produit la gomme arabique) étendus à perte de vue, l’on aperçoit
hommes et femmes de tout âge. Ils s’attèlent à la collecte du précieux sésame.
«Nous
sommes une entreprise à la fois commerciale et solidaire», déclare le
coordinateur général de la SGF-AHC. Selon Adama Coulibaly, sa société est résolument
engagée dans la lutte contre la pauvreté tout en œuvrant pour la protection de
l’environnement. C’est pourquoi, elle privilégie l’emploi local. Tous ceux qui
travaillent ici sont de la localité, indique-t-il. Auparavant, avec
l’exploitation du bois d’œuvre, on employait peu de main d’œuvre locale, car ce
secteur nécessite une main-d’œuvre qualifiée, fait savoir le manager.
En décidant de sortir du «tout bois», la société constate
qu’elle peut utiliser de la main-d’œuvre locale et peu qualifiée. Ainsi, elle
forme ses employés aux techniques simples de collecte de la gomme arabique sans
grande difficulté. Cela permet de créer de «l’emploi vert» au niveau local,
tout en détournant les populations rurales de la coupe du bois et de la
production du charbon de bois qui étaient leurs principales activités de
subsistance, estime Adama Coulibaly.
Avec la promotion de la filière des produits non ligneux dans ses activités d’exploitation des ressources forestières, la SGF-AHC entend mettre en œuvre une vraie approche de développement préservant durablement nos forêts. Dans cette dynamique, elle travaille avec les coopératives villageoises, les autorités communales des zones d’intervention, les coopératives des exploitants forestiers et les services techniques de l’État, à travers la direction nationale des eaux et forêts.
Activités génératrices de revenus- La société a, à ce
propos, créé des jardins botaniques de proximité dans les communes concernées
par son domaine d’exploitation. Le but étant d’initier les coopératives
villageoises à la production de plants en pépinière. Elle a réalisé des
parcelles de reboisement et emploie des ressources humaines qualifiées avec le
recrutement d’agents de suivi de plan d’aménagement et de gestion.
Toute chose qui permettra une meilleure application des
technologies de défense et de restauration du périmètre d’exploitation. Tout
ceci combiné avec un développement socio-économique au profit des populations
riveraines. Ainsi, la société appuie dans ses zones d’intervention, les activités
génératrices de revenus (AGR) telles que le maraîchage. Elle participe également
à la réalisation des infrastructures de base (centres de santé, écoles, etc.)
et leur équipement.
De l’usine de bois du Mali, créée en 1968 sous le régime du
président Modibo Keïta et, inaugurée en 1969 par le président Moussa Traoré, la
SGF-AHC est issue d’un processus de privatisation enclenché en 1990 sous le nom :
Entreprise «Faguibine». C’est en 2006 qu’elle prendra le nom de Général
industrie de bois (GIB) avant de devenir la SGF en 2014. Leader de la gestion
forestière au Mali, elle s’est fixée comme objectifs, la gestion durable des
ressources forestières, l’organisation et la planification des travaux de
valorisation des ressources forestières dans notre pays.
Conformément à la loi n°10-028 du 12 juillet 2010, portant règlementation de l’exploitation des produits dans le domaine forestier national, la société élabore des plans d’aménagements, réalise des travaux de restauration, soutient les services techniques de l’État et anime des campagnes d’informations et de sensibilisation des populations rurales sur les bonnes pratiques de gestion. Un bel exemple qui mérite d’être répliqué par ses pairs, dans un contexte de lutte contre la déforestation.
Cheick Amadou DIA
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