
Au Mali, il existe une kyrielle de symboles étatiques.
Mais dans le peloton de tête, l’on retrouve un cinq majeur constitué du drapeau
national, de la devise nationale, de l’hymne national, du sceau et des
armoiries. Le directeur national des Affaires judiciaires et du Sceau, Mohamed
Maouloud Najim, explique qu’il n’y a pas un ordre préétabli pour ces symboles,
mais que l’article 30 de la nouvelle Constitution du 22 juillet 2024 précise
que ceux-ci constituent les cinq grands symboles du Mali. «Ceux-ci sont les 5
symboles qui retiennent habituellement l’attention, mais il y en a d’autres qui
ne sont pas forcément cités par la Constitution», précise-t-il.
S’il n’existe pas un ordre défini pour déterminer
le classement des cinq symboles fondamentaux de l’État, il convient de retenir
que chaque symbole a son sens ou ses utilisateurs. Le drapeau est généralement
utilisé dans le milieu militaire, sur les édifices publics pour marquer la
qualité de ces édifices et/ou la qualité de ceux qui les occupent. Et
contrairement à une idée largement répandue, le drapeau du Mali, créé en 1961,
est composé plutôt de 3 bandes verticales égales de couleur Vert, Or et Rouge
et non Vert, Jaune et Rouge. Si beaucoup de citoyens se méprennent de ses
couleurs réelles, peu de gens savent également lire correctement le drapeau et
définir le sens de ses couleurs.
Selon le directeur national des Affaires
judiciaires et du Sceau, chacune des couleurs du drapeau a un sens. «Le Vert
renvoie à la prospérité, à l’abondance, à la joie, à l’autosuffisance
alimentaire dans la mesure où ça renvoie à la prairie. Pour l’Or, la loi parle
d’or et non de jaune. Mais en réalité, il s’agit de la couleur jaune. Sauf que
la couleur jaune dont il s’agit est assimilée à la couleur de l’or dont le
sous-sol malien regorge. Cet or qui a été exploité depuis des temps immémoriaux.
On se souvient du célère pèlerinage de Kankou Moussa à La Mecque au cours
duquel, il aurait inondé son parcours d’or à telle enseigne que le cours du précieux
métal s’est affaissé. L’or représente à la fois l’espoir et la richesse dont
regorge le pays. Quant au Rouge, il renvoie au sacrifice de tous les Maliens
depuis le temps ancien jusqu’au temps présent.
Le sacrifice qui a été nécessaire pour conserver ce pays-là et garantir son unité», fait savoir le magistrat avant d’ajouter : «Une fois qu’on se permet de représenter le drapeau national autrement que de la manière dont la loi l’a décrite, alors ce ne serait plus le drapeau. On peut dans ce cas, parler de couleurs nationales mais pas forcément du drapeau national. Une fois qu’il s’agit du drapeau national, obligatoirement il doit correspondre à la description donnée par la loi, c’est-à-dire trois bandes verticales égales de couleurs : Vert, Or et Rouge dans l’ordre allant de la gauche vers la droite.»
UN CRI DU CŒUR- L’hymne national a pour titre «Le
Mali». Mohamed Maouloud Najim explique qu’il est entonné à certaines occasions
solennelles, mais aussi pour marquer son attachement à la nation, son
patriotisme, pour exprimer sa joie d’appartenir au Mali et de se sentir citoyen
dans la quintessence du mot : «L’hymne national, c’est véritablement un
cri de cœur». Alors qu’un grand nombre de Maliens attribuent l’hymne national à
Seydou Badian seul, le responsable de la direction technique du ministère de la
Justice et des Droits de l’Homme clarifie que Seydou Badian fait plutôt partie
d’une équipe qui a participé à l’écriture de l’hymne national.
«À ma connaissance, il n’est pas le seul. Il est cité régulièrement parmi les pères créateurs de l’hymne national», rectifie-t-il. Lors de la montée des couleurs et lorsque l’hymne est entonné, notre interlocuteur dira que «l’on doit s’arrêter, se décoiffer, se tenir droit et écouter solennellement et respectueusement l’hymne national jusqu’à la fin».
LE SCEAU DE L’ÉTAT- Défini comme étant une marque
ou une emprunte destinée à donner un caractère d’authenticité à un acte émanant
d’une autorité habilitée, le Sceau de l’État du Mali est conçu sous forme
circulaire. De par cette forme, il comporte, au centre, un lion débout, entouré
d’un épi de mil, d’un épi de riz et d’une tête de bœuf. Sur le pourtour,
au-dessus de la légende, est écrit : «République du Mali» et au-dessous,
la devise : «Un Peuple- Un But- Une Foi». Des éléments caractéristiques
dont le choix est loin d’être fortuit. Ainsi, le lion débout, animal considéré
comme le roi des animaux, symbolise la force et la noblesse qui ont toujours
fasciné les hommes. L’épi de mil et l’épi de riz sont représentatifs des céréales qui
constituent la base de l’alimentation de nos populations pendant que la tête
de bœuf symbolise l’élevage qui occupe également une bonne partie de
Maliens.
Les armoiries définies comme étant essentiellement
les marques distinctives et caractéristiques de la souveraineté de l’État
sont, chez nous, de forme circulaire et de fond bleu comportant : au
centre la mosquée de Djenné, en gris argile, au-dessus de la mosquée, le
vautour légendaire en vol plané, en gris foncé, au-dessous le soleil levant de
couleur jaune or, deux arcs opposés tendus par leurs flèches en noir sur le
pourtour, en haut «République du Mali», en bas «Un Peuple -Un But- Une Foi»,
le tout en lettres d’imprimerie noires.
À l’image des éléments caractéristiques du Sceau,
chacun des éléments des armoiries véhicule également une valeur symbolique. Le
vautour ou «Douga» (en Bamanankan) incarne, au sens de notre mythologie, le
Dieu de la guerre qui symbolise la vigilance, la sagesse et la pérennité
pendant que la Mosquée de Djenné évoque le souvenir historique de notre
passé riche de sa culture et de ses connaissances. Les deux arcs tendus et
opposés représentent les armes de guerre et de chasse de nos ancêtres
qui traduisent leur bravoure et leur courage tandis que le soleil
levant rappelle le passé glorieux de l’Empire du Mali.
Mohamed Maouloud Najim, Directeur des
affaires judiciaires et du sceau
Quant au soleil qui pointe, il illumine le renouveau patriotique providentiel de ses rayons dorés, vivifiants, comme l’or de Bouré et de Bambouck, symbole de l’énergie du Mali Éternel, renseigne le directeur national des Affaires judiciaires du Sceau. Si les symboles de l’État sont légion, l’utilisation outrageuse ainsi que d’autres actes attentatoires dont ils font l’objet le sont autant. Un véritable sacrilège infligé à ces représentations de la personne morale du pays.
ÉDUCATION CIVIQUE- Selon le responsable de la
structure s’occupant de la conformité de ces symboles, la perdition n’est pas
qu’à un seul niveau. Il dénonce, à cet effet, le fait que l’incivisme et la
banalisation de la chose publique aient atteint aujourd’hui des limites extrêmes.
«Tous les secteurs de la vie, depuis le cercle familial jusqu’au milieu public,
en sont affectés», déplore-t-il, tout en révélant qu’après près d’une année de
travaux sur la question, il a été constaté que les symboles de l’état étaient
mal connus, leurs sens mal perçus, même par certains de ceux qui sont chargés
de les respecter et de les faire respecter. «Les armoiries font l’objet de
tellement de falsifications que nous-mêmes nous sommes perdus. Chacun fabrique
les armoiries pratiquement, selon ses fantaisies du moment. Or, la loi de 2007
a clairement indiqué comment les armoiries doivent se présenter et ce que ça
doit contenir. Mais les gens ne suivent pas malheureusement les consignes»,
regrette le magistrat.
Un triste constat qui a conduit, en mars 2024, à
la tenue de la Semaine nationale sur l’utilisation et l’harmonisation des
symboles de l’État au cours de laquelle des échanges ont été menées avec
l’ensemble des grandes couches socioprofessionnelles du pays. Face à la dérive,
Mohamed Maouloud Najim dira qu’il urge de mener des actions de sauvegarde et de
préservation de ces marques distinctives du Mali. Pour ce faire, le directeur
national des Affaires judiciaires et du Sceau recommande d’instituer l’éducation
civique dans tous les milieux scolaires et universitaires, de réhabiliter le
service militaire, de moraliser la confection et l’usage des sceaux et
armoiries conformément au décret N°07-213/P-RM du 30 juin 2007 fixant les
modalités de reproduction des armoiries et d’impression du sceau de l’État, des
autres sceaux officiels, timbres secs sous forme de presse et cachets, de mener
une vaste campagne de formation, d’information et de sensibilisation, à l’échelle
nationale sur les symboles de la République, de sévir, conformément à la loi,
contre tous ceux qui travestissent ou profanent les symboles de la République,
de réorganiser et d’équiper les structures en charge du contrôle de conformité
des sceaux et armoiries de l’État, en l’occurrence la direction nationale des
Affaires judiciaires et du Sceau.
Parmi cette pléiade de recommandations, l’action
phare sera la création de l’imprimerie de la Justice : «Il y a un certain
laisser-aller, une certaine négligence dans le suivi de la confection des
symboles de l’État. Après tous ces constats, il a été décidé de créer, bientôt,
une imprimerie de la Justice pour confectionner ou surveiller la confection de
certains symboles de l’État». En attendant la concrétisation de cet ambitieux
projet, d’autres initiatives émergent dans le sens de la promotion et de la
valorisation desdits symboles. À commencer par celle du Chef de l’État, le Général
d’Armée Assimi Goïta, qui fait des émules. «En instituant la montée des
couleurs nationales tous les premiers lundis du mois dans les services publics
et parapublics du pays, le Président de la Transition entend marquer cette période
charnière que traverse le pays en agissant sur la fibre patriotique qui
sous-tend la nécessité d’un sursaut national.
C’est en même temps l’occasion de
retenir l’attention des Maliens sur la nécessité de connaitre et de respecter
les couleurs nationales qui sont chargées de sens et de symboles et qui méritent
respect et considération en toutes circonstances», commente Mohamed Maouloud
Najim, pour qui cette mesure mérite d’être étendue partout où se trouve une
autorité qui incarne l’État car, soutient l’homme, à force de pédagogie par la
répétition de ce cérémonial, les Maliens sauront de plus en plus ce
qu’incarnent les couleurs nationales.
Hamed Salif Camara, Directeur du Centre de Volontariat
Dans la même veine, Mossa Ag Attaher, alors
ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la
Construction citoyenne, a posé un acte allant dans le même sens de promotion et
de valorisation des symboles de l’État. En effet, ayant constaté que le drapeau
flottant au niveau du monument des Martyrs, avait perdu toutes ses couleurs,
notamment la couleur Rouge qui symbolise le sang de tous ceux qui se sont
sacrifiés pour la Nation, il l’a fait
remplacer ledit drapeau après avoir constaté qu’il Justifiant son acte, l’actuel ministre des
Maliens établis à l’Étranger et de l’Intégration africaine avait alors expliqué
que son geste visait à attirer l’attention des uns et des autres sur les
aspects de citoyenneté et de civisme, du rapport du citoyen envers l’État, les
symboles de l’État. «Le drapeau est un bien commun et le préserver est un
devoir pour tous», indique-t-il.
Au niveau des structures relevant des départements
ministériels, certaines directions nationales s’évertuent à marcher dans le même
sillage. C’est le cas de la direction du Centre national de promotion du
volontariat au Mali (CNPV) qui a vu le jour en 2011 avec pour ambition de
rassembler et mobiliser les populations à servir l’État sans rien attendre en
retour, selon son directeur Hamed Salif Camara. «Aujourd’hui, le CNPV se positionne comme étant le
principal acteur en terme de construction citoyenne, d’engagement citoyen non
seulement des jeunes mais aussi des adultes. Quand on parle de volontariat, on
parle de citoyenneté. Lorsqu’on parle de citoyenneté, on parle de l’État et de
ses symboles. Tout engagement volontaire va d’abord par le respect du drapeau»,
explique le directeur Hamed Salif Camara.
«La montée des couleurs, le chant de l’hymne national, c’est quelque chose que nous faisons à chaque fois que nous organisons une cérémonie. Nous élargissons même les symboles à l’identité même de l’État du Mali. Au-delà de ce qui est reconnu par les autorités, les symboles de l’État c’est aussi tout agent qui exerce une fonction au nom de la République. Donc, cet engagement citoyen, civique est important. Lorsque vous êtes un agent de l’État, vous devez avoir des comportements dignes qui représentent la République. Chacun dans l’exercice de sa fonction, dans son comportement, il se doit d’être un citoyen digne et responsable», prêche Hamed Salif Camara. Malgré les efforts consentis, le directeur des Affaires judiciaires et du Sceau estime que plus d’actions doivent être menées, notamment sur la sensibilisation, la formation et l’information.
Alassane CISSOUMA
Rédaction Lessor
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