Mali, Alliance des États du Sahel : Les experts se concertent

La rencontre de Bamako engage la réflexion sur les voies d’opérationnalisation des dispositions de la charte de l’Alliance des pays membres du Sahel. Cela en vue de mieux cerner les enjeux en termes de sécurité intérieure, transports, énergie, mines, commerce, industrie, économie et finances

Publié vendredi 24 novembre 2023 à 06:46
Mali, Alliance des États du Sahel : Les experts se concertent

 Cette réunion contribue à la définition d’une meilleure synergie d’actions entre les pays membres en vue d’accélérer le processus d’intégration économique et financière au sein de l’Alliance

 

Des experts des ministères des Finances des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont entamé, hier au Centre international des conférences de Bamako (CICB), des réflexions sur le développement économique dans l’espace du Liptako-Gourma. Cette 1ère rencontre organisée par notre pays à travers le ministère de l’Économie et des Finances se tient en prélude de celle des ministres en charge de l’Économie et des Finances, prévue le 25 novembre prochain. La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. C’était en présence du secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances de la République du Niger, Alio Daouda et du représentant du ministre de l’Économie, des Finances et de la Prospective du Burkina Faso, Maoloud Zougba.

Les trois pays membres de l’AES ont décidé d’impulser une nouvelle dynamique de coopération stratégique à travers la création de l’Alliance, le 16 septembre 2023, et la signature de la Charte du Liptako-Gourma, jetant ainsi les bases d’une alliance qui imprime une vision ambitieuse allant au-delà de la sécurité et visant à la fois l’indépendance économique et l’intégrité des États, tout en remodelant les équilibres régionaux. Dès lors, l’intégration économique et financière des États de l’Alliance demeure donc une condition nécessaire pour l’optimisation de l’exploitation des potentialités économiques et naturelles des 3 pays et se présente comme une opportunité de croissance économique.

Cette réunion participe donc à la définition d’une meilleure synergie d’actions entre les pays membres en vue d’accélérer le processus d’intégration économique et financière au sein de l’Alliance. La rencontre de deux jours (du 23 au 24 novembre) permettra aux experts des pays membres d’échanger sur trois grandes thématiques à savoir : échanges commerciaux, sécurité alimentaire et énergétique, circulation des biens et des personnes au sein de l’Alliance, transformation industrielle, potentialités et perspectives ainsi que le financement, intégration économique, arsenal réglementaire et réformes nécessaires.

À ce propos, les experts sont amenés à évaluer les forces, faiblesses, opportunités et menaces qui se présentent à l’Alliance, évaluer les potentialités économiques des pays membres (ressources humaines, minières, etc.) et identifier les contraintes ainsi que les difficultés économiques majeures auxquelles sont confrontées les pays membres. La synthèse des travaux sera versée au dossier de la réunion ministériellé, prévue le 25 novembre prochain sous la présidence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, en présence des ministres en charge de l’Économie et des Finances des trois pays.

Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Économie et des Finances a déclaré que sous le leadership du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, notre pays en tant que dépositaire de la Charte de l’Alliance est engagé résolument à créer toutes les conditions pour l’opérationnalisation des organes et mécanismes de l’Alliance, ainsi que les modalités de son fonctionnement.

Selon Alousséni Sanou, dans l’optique d’assurer une véritable intégration économique et financière au sein de l’Alliance, les experts des pays membres de l’Alliance doivent nécessairement engager des réflexions sur les voies et moyens pour rendre plus opérationnelles les dispositions de la Charte de l’Alliance en lien avec les domaines de la sécurité intérieure, des transports, de l’énergie, des mines, du commerce, des industries, de l’économie et des finances. Pour lui, la réunion participera de façon péremptoire à la définition d’une meilleure synergie d’actions entre les pays membres en vue d’accélérer le processus d’intégration économique et financière au sein de l’Alliance.


Le ministre Sanou a aussi rappelé que des échanges, devront sans nul doute éclairer davantage les décideurs politiques de l’AES sur les enjeux et défis multiples liés notamment : au déficit en infrastructures de soutien à la production (transport, énergie, hydraulique et télécommunication), au déficit chronique de la balance commerciale des États de l’Alliance en raison des surcoûts découlant de leur enclavement et de la forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur. S’y ajoutent, la faible industrialisation avec d’une part des coûts additionnels liés au transport des intrants, matières premières et produits intermédiaires, et d’autre part à l’étroitesse des marchés intérieurs des trois pays pris de façon isolée, au développement humain (démographie, santé, éducation, formation technique et professionnelle) et à la souveraineté monétaire.

Le patron de l’hôtel des Finances a salué la vision politique des chefs d’État de l’AES en vue d’apporter des réponses communes aux défis multiples qui assaillent la zone du Sahel. C’est pourquoi, le ministre Sanou a invité les participants à accorder une attention particulière aux documents techniques qui leur sont soumis afin de les parfaire et de disposer de documents de qualité qui, selon lui, permettront de jeter les bases d’une alliance visant à la fois l’intégration économique et financière de nos États tout en redéfinissant les équilibres régionaux au profit des populations de l’Alliance.

Après cette rencontre, les ministres des Affaires étrangères de l’AES se réuniront, à leur tour, le 30 novembre 2023 dans notre capitale pour décider des protocoles additionnels à adopter, des organes à mettre en place ainsi que des mesures politiques et de coordination diplomatique à définir, sur la base des recommandations des hauts fonctionnaires, réunis les 27 et 28 novembre 2023. La rencontre des ministres chargés de la Défense des trois pays bouclera ces différentes réunions qui participent de la vision partagée et du leadership solidaire des chefs d’État du Burkina, du Mali et du Niger, de prendre en charge les aspirations profondes des populations de l’Alliance, dans un triptyque holistique «défense, diplomatie et développement».

Amadou GUEGUERE

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