«Lever les obstacles à l’élimination
de la rage», c’est le thème retenu pour la 18è Journée mondiale de lutte contre
la rage, célébrée le 28 septembre de chaque année. Le Mali, à l’instar de la
communauté internationale, a lancé sa campagne de vaccination samedi dernier
dans la Commune rurale de Baguinéda. Le ministre de l’Élevage et de la Pêche,
Youba Ba, a donné le coup d’envoi en injectant la première dose de vaccin
contre la rage à un chien. C’était en présence du représentant de
l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique (OMSA), Serge Mpouam, du
représentant de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), Dr
Lassana Doumbia et les autorités locales.
Parmi les obstacles à l’élimination
de la rage, on peut citer le déficit de collaboration autour du concept «One
health, une seule santé» entre les différents niveaux dans un même pays et à
l’international, des programmes à trop petite échelle et l’insuffisance de
sensibilisation à la maladie. Selon le ministre de l’Élevage et de la Pêche, la
rage est une maladie virale qui affecte le système nerveux central des mammifères,
y compris l’Homme.
C’est l’une des zoonoses les plus meurtrières dans le monde.
Elle est transmise par la salive lors d’une morsure, d’une griffure ou du léchage
par un animal infecté. «Une fois que les symptômes sont installés, la rage est
fatale, aussi bien chez les animaux que chez l’homme», a expliqué Youba Ba. Et
d’ajouter qu’il n’y a pas de remède contre la rage une fois que les symptômes
se développent.
Cette maladie est endémique
au Mali où elle a causé, «de janvier à septembre 2024, 11 cas de décès humains»,
selon les données de la direction générale de la santé et de l’hygiène
publique. Pour le ministre, la prévention par la vaccination des animaux
transmetteurs doit être privilégiée, puisqu’elle permet d’éviter la rage à 100%
chez les animaux et les humains.
Il a aussi souligné l’importance de contrôler
les populations de chiens errants. «Cette année, les services vétérinaires ont
enregistré 924 cas de morsure par les chiens. Sur ces chiens mordeurs, 728 n’étaient
pas vaccinés», a révélé Youba Ba. Et d’ajouter qu’en vaccinant 70% des chiens
chaque année, la rage pourrait être éradiquée.
Pour l’atteinte de cet
objectif d’éradication, les partenaires (FAO, OMSA, OMS), l’Alliance mondiale
pour le contrôle de la rage (Garc) et d’autres acteurs privés sont
inlassablement engagés. Le ministre Ba a signalé que cette campagne nationale
de vaccination contre la rage dans notre pays ciblera 70% de l’effectif total
des chiens, soit 94.500 têtes.
Le représentant de l’OMSA a
précisé que la rage est une zoonose virale qui touche aussi bien les animaux
domestiques que sauvages et ses victimes humaines sont en majorité des enfants.
Serge Mpouam a expliqué que le thème de cette année prend en compte les
obstacles sur lesquels son organisation a un contrôle, mais aussi la nature
transfrontalière de la rage elle-même.
Pour atteindre les objectifs de zéro décès,
dira-t-il, il faut briser plusieurs frontières. Il s’agit notamment de
promouvoir la collaboration dans le cadre de l’initiative «Une seule santé»,
reliant les secteurs de la santé humaine, animale, végétale et environnementale
en vue d’une action coordonnée. La maladie persiste en raison des lacunes dans
la collaboration entre les parties prenantes, a-t-il martelé.
Pour sa part, Dr Lassana
Doumbia a salué l’engagement du gouvernement malien d’avoir placé le secteur de
l’élevage au cœur de sa politique de lutte contre la pauvreté surtout en milieu
rural. Le représentant de la Fao a fait savoir que le Mali a priorisé cinq
maladies zoonotiques, parmi lesquelles la rage humaine. Cette maladie animale,
bien qu’elle soit évitable, continue à faire des victimes.
«Nous devons
ensemble nous donner les moyens d’accroître la sensibilisation et d’assurer la
surveillance coordonnée dans tous les secteurs. À cet effet, la Fao apporte son
soutien à la direction nationale des services vétérinaires pour l’organisation
de la Journée mondiale de lutte contre la rage» a-t-il déclaré.
NFamoro KEITA
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