#Mali : Vente des essuie-glaces : La période de vache grasse se profile à l’horizon

L’hivernage est une période prospère pour les vendeurs de ces dispositifs mécaniques installés sur les véhicules pour dégager les brouillards qui enveloppent la vitre. Certains expliquent réaliser des recettes journalières de 5.000 à 15.000 Fcfa voire plus

Publié jeudi 23 mai 2024 à 17:14
#Mali : Vente des essuie-glaces : La période de vache grasse se profile à l’horizon

Un balai coûte entre 2.000 et 20.000 Fcfa, selon la qualité

 

Les premières pluies commencent à soulager nos compatriotes qui suffoquent, ces derniers temps, sous une canicule torride. Ces eaux de pluie qui ont arrosé la capitale, hier, annoncent-elles le début de l’hivernage ? En tout cas, les vendeurs d’essuie-glaces se frottent déjà les mains dans la perspective de tirer profit de l’hivernage en proposant aux automobilistes ce dispositif mécanique qui permet de nettoyer le pare-brise de brouillard épais qui enveloppe la vitre de la voiture.

La plupart des vendeurs d’essuie-glaces expliquent écouler facilement leurs marchandises pendant l’hivernage sur la voie publique. Pour eux, il est clair que c’est un marché prospère puisque certains peuvent se retrouver avec une recette journalière de 5.000 Fcfa voire plus.

Au niveau du Boulevard de l’indépendance, de jeunes vendeurs se faufilent entre les véhicules, près des feux tricolores. Ils apostrophent les usagers, les automobilistes naturellement pour leur proposer des essuie-glaces à prix abordables, selon eux.

À la vue d’un véhicule Toyata Hilux qui vient de stopper, deux personnes se précipitent sur le conducteur. «Puis-je installer un nouveau balai?», interroge Tidiane Sow, l’un des vendeurs vêtu d’un maillot de foot de couleur rouge et blanc. Il tient dans ses mains des essuie-glaces et des tapis en plastique. Autour de son cou, sont suspendus des gants pour volant de voiture. Il affirme que le commerce de ce dispositif mécanique est rentable pendant la saison des pluies. «On peut vendre entre 5.000 à 15.000 Fcfa surtout pendant la nuit et lors des embouteillages», précise celui qui officie il y a près de 6 mois dans ce secteur.

Un balai coûte entre 2.000 et 20.000 Fcfa, selon la qualité. Ils sont confectionnés en plastique et en fer. Selon Tidiane Sow, la plupart de ses clients préfèrent les essuie-glaces de 2.000 ou 3.000 Fcfa. Le jeune vendeur de 19 ans avoue que son travail est risqué. «On se glisse entre les voitures. C’est très dangereux surtout quand les feux tricolores ne fonctionnent pas», confie-t-il.

Sur ces entrefaites, une conductrice d’une RAV4 marchande le prix d’un d’essuie-glace. L’automobiliste fulmine contre des pratiques, notamment le vol des essuie-glaces et n’hésite à pointer du doigt les petits délinquants qui rodent dans les parages des services, des restaurants et autres lieux publics où ils peuvent enlever les essuie-glaces des véhicules à l’absence de leurs propriétaires ou chauffeurs.

Elle reconnaît que ceux qui lui sont proposés sont de mauvaise qualité. «Je change ces dispositifs au moins quatre fois par an», se plaint l’automobiliste. Issa qui évolue dans ce secteur de la vente des essuie-glaces dit n’avoir jamais vu ou entendu des cas où des collègues ont cassé ou enlevé des essuie-glaces. Il pense faire ce job en attendant d’avoir une opportunité d’évoluer dans l’embouche bovine.   

Sékou Kanté est présent de 8 heures à 20 heures sur l’une des voies publiques de Dravela-Bolibana. Quand il pleut la nuit, il se pointe à l’aube sur cette artère publique avec son lot d’essuie-glaces. C’est un marché prospère qui le rend autonome pour l’instant. «Je me suis marié et je contribue aux dépenses des parents», se réjouit ce père de deux enfants.

Et soutenir qu’après la pluie, c’est le temps de profit pour lui et ses collègues. «On peut vendre au minimum 5 paires d’essuie-glaces», estime-t-il, avant de déplorer l’intolérance de certains usagers de la voie publique, notamment des conducteurs d’engins à deux roues. Il évoque une anecdote, notamment une dispute violente entre un vendeur d’essuie-glaces et un motocycliste qui a fini dans un commissariat de la place.

À Quinzambougou, en Commune II du District de Bamako, Oumar Djiguiba gère une boutique de vente d’essuie-glaces depuis 10 ans. Pour lui, le marché est timide pour l’instant, parce que on n’est pas encore en plein dans l’hivernage. Ce grossiste indique que ces dispositifs mécaniques proviennent de Dakar, du Nigéria, de la Chine et de Dubaï.

Le trentenaire se rappelle l’évolution des essuie-glaces sur le marché. Au début, dit-il, c’était des produits en plastique. Maintenant, on en trouve en fer. Selon lui, les vendeurs saisonniers, notamment les élèves ont dégradé ce métier, car ils ne sont pas sincères avec les clients sur la qualité. 

Mohamed DIAWARA

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