#Mali :Processus budgétaire : Un déficit de 3,6% du PIB attendu en 2025

Pour y arriver, le gouvernement maintiendra les efforts pour l’amélioration de l’exécution du budget à travers le double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et d’efficacité des dépenses de l’administration. Objectif : atteindre 3% à l’horizon 2026

Publié lundi 26 février 2024 à 06:51
#Mali :Processus budgétaire : Un déficit de 3,6% du PIB attendu en 2025

 Les officiels lors de la conférence de lancement de ce processus


Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a lancé, jeudi dernier dans un hôtel de la place, les travaux du processus budgétaire 2025. L’exercice a réuni l’ensemble des acteurs clés du budget national, dont le directeur général du budget, Ahmadou Tijani Haïdara.

Trois thématiques importantes ont été abordées lors de cette conférence, à savoir la «Vision Mali 2063 et l’élaboration de la Stratégie nationale de développement à moyen terme du Mali : enjeux et implications pour les politiques publiques», la «Mercuriale des prix : élaboration, mise à jour et utilisation dans le processus d’exécution et de contrôle du budget de l’État», et le «Dialogue de gestion et l’opérationnalisation des outils de pilotage du budget-programmes : expériences et bonnes pratiques au sein des ministères et institutions».

Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Économie et des Finances a tout d’abord fait le point sur l’évolution récente de l’économie du Mali. À ce sujet, Alousséni Sanou a souligné qu’en dépit des effets négatifs des différentes crises, le contexte macro-économique sur le plan national qui prévaut à l’élaboration du budget 2025 est plutôt rassurant et se caractérise par une amélioration progressive de la situation sécuritaire et socio-politique avec comme toile de fond la montée en puissance des Forces armées maliennes.


«Le taux de croissance réelle du Produit intérieur brut (PIB) estimé à 5,1% en 2023 devrait atteindre 5,3% et 5,1% respectivement en 2024 et 2025. L’inflation qui demeure maitrisée devrait se maintenir en dessous de la norme communautaire de 3% grâce aux efforts conjugués du gouvernement, des acteurs du monde économique et une bonne campagne agricole», a-t-il révélé.

Pour ce qui concerne les premières estimations de l’exécution budgétaire 2023, il a précisé que la mobilisation des recettes fiscales ressort assez satisfaisante avec un taux de pression fiscale qui se situe à 14,7% du PIB contre une prévision de 14,6%. L’exécution des dépenses a été contenue dans la limite des dépenses prévues, soit 24,6% du PIB contre une prévision de 26,2%.


Le niveau du déficit budgétaire est ressorti à 3,7% du PIB, nettement meilleur que la prévision de 4,9%. Il a également noté que durant l’année budgétaire 2024, qui démarre sous de bons auspices, le gouvernement maintiendra les efforts pour l’amélioration de l’exécution du budget à travers le double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et d’efficacité des dépenses de l’administration.

 

PRUDENTE ET RESPONSABLE- Pour l’exercice 2025, selon le patron de l’hôtel des Finances, les perspectives macroéconomiques du Mali incitent à la mise en œuvre d’une politique budgétaire prudente et responsable, malgré un regain de la croissance du PIB réel. À cet effet, le ministre Sanou a indiqué que la politique budgétaire vise un objectif de déficit budgétaire de 3,6% du PIB en 2025 compte tenu des nombreux engagements du gouvernement notamment dans le cadre du renforcement des acquis en matière de défense et de sécurité et l’amélioration des infrastructures socioéconomiques de base pour de meilleures conditions de vie des populations. «Il reste entendu qu’à moyen terme, la politique budgétaire s’inscrirait dans la dynamique de revenir progressivement au critère de convergence communautaire de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa) de 3% à l’horizon 2026», a espéré le ministre chargé des Finances. Et de remercier les Partenaires techniques et financiers qui accompagnent le Mali dans la mise en œuvre de sa politique budgétaire.

Dans sa présentation sur l’état des finances publiques du Mali, le directeur général du budget a exposé les orientations de la politique budgétaire 2024. En ce qui concerne les recettes, les mesures envisagées pour soutenir la mobilisation des ressources sont, entre autres, l’imposition du commerce électronique, à travers la soumission à la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) des prestations de services effectuées sur les plateformes de commerce électronique étrangères ou locales, ainsi que les commissions perçues par les opérateurs de ces plateformes à l’occasion de la réalisation des prestations. Il est également prévu d’introduire de la facture normalisée et de la poursuite du déploiement de la télé procédure (Télédéclaration, télépaiement, E-quitus, etc.).

En matière de dépenses, Ahmadou Tijani Haïdara a déclaré que les actions visant à améliorer l’efficacité de la dépense publique seront poursuivies à travers, notamment la maîtrise de la masse salariale par la création des conditions d’une trêve durable au niveau du front social grâce à l’élaboration et la mise en œuvre d’un pacte de stabilité sociale et de croissance, l’amélioration de la qualité de la programmation des dépenses en opérationnalisant le plan d’engagement pour une exécution fluide du budget d’État et le renforcement du processus de sélection et de mise en œuvre des projets d’investissement.

Amadou GUEGUERE

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