
Avec pour objectif de contribuer à l’amélioration des revenus des populations locales, cette initiative est une réponse aux effets combinés de la dégradation des ressources naturelles et aux épisodes de sècheresse dans les zones rurales
La Grande muraille verte pour
le Sahara et le Sahel, est l’initiative phare de l’Union africaine pour lutter
contre les effets du changement climatique et de la désertification en Afrique.
C’est une vision unifiée des Africains aux défis environnementaux comme la
désertification, la dégradation des terres et la perte de la biodiversité
exacerbant les effets de la sécheresse en faisant du Sahel l’une des régions de
la planète la plus vulnérable au changement climatique et à l’instabilité
politique et sociale.
L’initiative a pour but de transformer la vie de millions
de personnes en créant une mosaïque d’écosystèmes verts et productifs du Sahel
à la corne de l’Afrique. Elle est conçue comme un long couloir de près de 9.000
kilomètres de long et 15 kilomètres de large, traversant le continent du Nord
au Sud-Est, en reliant le Sénégal à Djibouti en passant par la Mauritanie, le
Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Soudan, l’Érythrée et
l’Éthiopie. La mise en œuvre a démarré en janvier 2007.
Depuis, l’idée initiale d’un
mur d’arbres traversant le désert africain d’Ouest en Est pour stopper
l’avancée du désert, la vision de la Grande muraille verte s'est peu à peu
transformée en une gamme d’interventions destinées à relever les défis auxquels
sont confrontées les populations du Sahel et du Sahara. En tant qu’outil de
programmation pour le développement rural, l’objectif global de ce partenariat
régional est de renforcer la résilience des populations et des systèmes
naturels de la région, grâce à une gestion rationnelle des écosystèmes, la
protection du patrimoine rural et l’amélioration des conditions de vie des
communautés locales.
En contribuant à
l’amélioration des revenus des populations locales, la Grande muraille verte
est ainsi une réponse aux effets combinés de la dégradation des ressources
naturelles et aux épisodes de sécheresse dans les zones rurales. L’initiative
est un partenariat qui soutient les efforts des communautés locales dans la
gestion et l’utilisation durable des forêts, des pâturages et de l'ensemble des
ressources naturelles dans les terres arides.
Elle contribue également à l’atténuation du changement climatique, à l’adaptation à ses effets et à l’amélioration de la sécurité alimentaire dans le Sahel et le Sahara. Pour la plantation, on parle de la régénération naturelle assistée, car la densité de flore actuelle est souvent insuffisante pour espérer une régénération naturelle spontanée. La régénération naturelle assistée consiste en la sélection d’un rejet favorisé, et la coupe des autres afin que la croissance se concentre sur un seul rejet.
Technique ancestrale du
zaï-Dans certaines régions très sèches comme au Mali, on optimise les
plantations en pratiquant des sillons ou la technique ancestrale du zaï qui
permet de mieux concentrer l'eau sur les jeunes plants. On utilise des jeunes
plants d’essences préexistantes au niveau local qui résistent à la très faible
pluviométrie locale (200 mm/an en 2015 contre 400 mm/an en moyenne dans les
années 60) et qui ont un intérêt économique. La gestion des pépinières de jeunes
plants et des jardins polyvalents (potagers) créés est confiée aux femmes,
créant ainsi des emplois et une production alimentaire au niveau local.
Au Mali, l’Agence nationale
de la Grande muraille verte (ANGMV) est la représentation nationale de l’Agence
panafricaine de la Grande muraille verte (APGMV). Elle a été créée par
l’Ordonnance n° 2019-016/P-RM du 20 septembre 2019. C’est un organisme
personnalisé doté de l’autonomie financière et de gestion, sous la tutelle du
ministère de l’Environnement. Sa mission est d’assurer sur le terroir, la mise
en œuvre de la Grande muraille verte, sur une superficie de 2.066 kilomètres de
long sur 215 kilomètres de large, concernant toutes les régions à l’exception
de Sikasso.
Selon le directeur général de
l’ANGMV, les enjeux majeurs de sa structure se résument aux changements
transformationnels des zones difficiles en zones de prospérité économique, le
développement durable par l’inversion des tendances de dégradation des
écosystèmes et le rétablissement de la viabilité du capital naturel. À ceci
s’ajoutent, explique Toumany Diallo, le développement socio-économique
résilient des terroirs et le renforcement de la communication. Malgré ces
défis, l’Agence rencontre des difficultés aussi bien structurelles que matérielles,
souligne son premier responsable. Sur une prévision d’effectifs de 48
personnes, la structure ne compte que 13 agents actuellement.
On enregistre également un
faible niveau de mobilisation des partenaires techniques et financiers autour
de l’ANGMV, l’insuffisance des ressources internes mobilisées, la faible
mobilisation des ressources extérieures. Toumany Diallo regrette aussi la
faible coordination des acteurs intervenant sur le tracé et le déficit
d’informations sur les instruments financiers des différents partenaires.
Dans la mise en œuvre de ses
activités, l’ANGMV s’appuie sur une approche intégrée, multisectorielle et
inclusive qui sous-tend la synergie entre tous les acteurs et intervenants sur
ce tracé, explique son directeur général. Ces agents sont composés des
départements sectoriels et leurs services déconcentrés, les Collectivités
territoriales, les Partenaires techniques et financiers, la société civile, le
secteur privé, l’administration et les populations locales.
Une polémique existe
sur la difficulté de mise en œuvre du projet dans des régions politiquement
instables. Le tracé passe dans des endroits assez instables (Mali, Mauritanie,
Niger, Tchad, Soudan) et des zones de niveau orange et rouge en termes de
risques sécuritaires et terroristes. Les scientifiques ne sont
donc pas autorisés à s’y rendre, en particulier les étrangers. Cependant,
l'Union européenne (UE) déclare soutenir cette initiative car elle s’attaque
aux causes profondes des problèmes de cette région et peut, à travers des
projets transfrontaliers, œuvrer à la prévention des conflits.
Une idée d'Olusegun
Obasanjo-L’idée d’une muraille verte est apparue en 2002 lors du Sommet spécial
tenu à N’Djamena (Tchad) à l'occasion de la Journée mondiale pour combattre la
désertification et la sécheresse. Cette idée fut approuvée lors de la septième
session de la Conférence des dirigeants et chefs de gouvernement africains de
la Communauté des États sahélo-sahariens tenue à Ouagadougou (Burkina Faso),
les 1er et 2 juin 2005.
L’ancien président sénégalais, Abdoulaye Wade,
revendique sa conceptualisation sous la formule de «Grande muraille verte» en
précisant que le projet est né d’une idée d'Olusegun Obasanjo, l’ex-chef d’État
du Nigéria. Depuis lors, le concept de Grande muraille verte a fortement
évolué. Les leçons tirées du Barrage vert algérien ou de la Muraille verte
chinoise, ont permis de mieux comprendre le besoin d’une approche multi
sectorielle pour des résultats durables.
D’une initiative de
plantation d’arbres, la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel est
donc devenue un outil de programmation du développement.
Lors de la 8è session des
dirigeants et chefs de gouvernement africains tenue le 29 et 30 janvier 2007 à
Addis-Abeba (Éthiopie), les dirigeants et les gouvernements ont approuvé
l’initiative de la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel pour lutter
contre les impacts sociaux, économiques et environnementaux de la
désertification dans la région.
Afin de partager une vision
commune, une Stratégie régionale harmonisée pour la mise en œuvre de
l’initiative Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel a été adoptée en
septembre 2012 par la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement
(CMAE).
Lors de cette rencontre, les ministres ont déclaré que la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel était un programme phare de l'Union africaine pour contribuer à l'objectif d’un «monde où la dégradation des terres serait nulle», adopté lors de la Conférence des Nations unies sur le développement durable de Rio, au Brésil, en 1992.
Cheick Amadou DIA
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