Histoire de notre pays : Quelle est l’origine du mot « Mali » ?

Le Pr Amidou Toungara, enseignant-chercheur à la Faculté d’histoire et géographie, donne des éclairages sur les différentes appellations de notre pays, avant et pendant la colonisation. Et après l’indépendance. Le quizz s’inscrit dans la mouvance de la célébration de l’indépendance et en prélude au Spécial 22 Septembre de L’Essor

Publié mercredi 20 septembre 2023 à 05:08
Histoire de notre pays : Quelle est l’origine du mot « Mali » ?

 Pr Amidou Toungara, enseignant-chercheur à la Faculté d’histoire et géographie

 

De prime abord, l’enseignant-chercheur révèle qu’avant la colonisation, la première appellation de notre pays était le Haut Fleuve. Au début de la colonisation, le territoire va prendre successivement le nom de Haut-Sénégal-Niger et celui de Sénégambie. Pendant ce temps, il était rattaché à la colonie du Sénégal. « C’est à partir de 1920 que l’appellation Soudan français sera attribuée à notre pays. Et pendant tout le reste de la colonisation, ce nom restera attaché à notre territoire jusqu’à la veille de l’indépendance», raconte Pr Amidou Toungara.

Dans les années 1959, un groupe de dirigeants africains a songé à libérer nos pays du joug colonial. C’est ainsi qu’a germé l’idée de création de la Fédération du Mali qui regroupera le Soudan français et le Sénégal. Selon le spécialiste en histoire contemporaine, le nom Mali a été proposé comme appellation de cette fédération par le dirigeant sénégalais, Léopold Sédar Senghor.


« Lorsqu’on a mis en place la Constitution de la Fédération du Mali, au moment où on devrait lui donner un nom, c’est Léopold Sédar Senghor qui a proposé le Mali, en mémoire de l’Empire du Mali de Soundiata Keïta», explique l’universitaire. Amidou Toungara rappelle qu’à l’image de l’Empire du Mali, cette fédération ne devait pas se limiter au Sénégal et au Soudan français. Au total, quatre pays en étaient à l’origine, en l’occurrence le Soudan français, le Sénégal, la Haute Volta (actuel Burkina Faso) et le Dahomey (actuel Bénin).

Cependant, indique l’enseignant-chercheur, cette initiative n’était pas du goût de certains dirigeants, notamment le président Félix Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire, qui a tout mis en œuvre pour son échec.  Malgré l’opposition du leader ivoirien, les quatre pays vont organiser la première rencontre à Bamako, en décembre 1958. Et une année plus tard, précisément, en janvier 1959, ils vont se rendre à Dakar pour mettre en place la Constitution de la Fédération.

Après, dira l’historien, il a été demandé aux différentes délégations de retourner à leurs colonies pour faire ratifier cette Constitution. C’est ainsi que la Haute Volta et le Dahomey vont faire volteface, en refusant de ratifier la Constitution sous la pression de Félix Houphouët-Boigny, souligne Pr Amidou Toungara.

 

EMPIRE DU MANDE- D’après notre interlocuteur, cette situation s’explique par le fait que le port de Dahomey était en chantier par le colonisateur. «Donc, le président Houphouët a dit que si jamais les Dahoméens acceptaient, ils vont mettre fin à ce projet », rappelle notre interlocuteur. Autre raison : la Haute Volta dépendait, elle-aussi, du port d’Abidjan. Ainsi, les deux pays vont se retirer du projet de fédération.

Toutefois, signale l’historien, les présidents Modibo Keïta et Léopold Sédar Senghor vont mettre tout en œuvre pour que la Fédération soit une réalité. Ils vont franchir plusieurs étapes jusqu’au 20 juin 1960, date à laquelle la Fédération accédera à l’indépendance. « Mais suite à des dissensions entre les deux leaders, et puis entre les deux peuples, la Fédération va éclater dans la nuit du 19 au 20 août 1960 », explique le spécialiste.

Ainsi, les Sénégalais vont arrêter et embarquer Modibo Keïta et ses camarades dans les trains et les envoyer dans notre pays. À leur arrivée à Bamako, l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (USRDA) va convoquer un congrès extraordinaire au cours duquel les participants vont décider de proclamer l’indépendance de la République soudanaise sous l’appellation Mali. «C’est ainsi que notre République va voir le jour avec l’appellation Mali», explique le Pr Amidou Toungara.

Selon l’historien, le mot Mali est une déformation. Il affirme que ses sources attribuent cette appellation au mot «mandingue». L’universitaire précise que les écrivains arabes qui ont écrit l’histoire de l’Empire du Mandé, lui ont donné le nom Mali. Même si certains disent que l’appellation Mali vient du fait qu’il y avait des hippopotames dans le fleuve Djoliba (fleuve du Niger). Toutefois, notre interlocuteur dira que ses sources attribuent le nom Mali à l’Empire du Mandé, qui a été déformé pour donner Mali.

Le Pr Amidou Toungara rappelle, par ailleurs, que le mot «Mandé» renvoie au territoire. Il ajoute qu’il existait plusieurs territoires, notamment le Mandé, le Sosso, le Wassoulou, le Djitoumou, etc. D’après lui, ces territoires étaient tous dirigés par des souverains.

Bembablin DOUMBIA

Lire aussi : Gourma-Rharous : Les FAMa détruisent un important dépôt logistique de la coalition JNIM/FLA à Kardjiba

Les Forces armées maliennes (FAMa) annoncent avoir détruit, ce samedi 18 juillet 2026, un important dépôt logistique appartenant à la coalition terroriste JNIM/FLA dans la zone de Kardjiba, à l’est de Gourma-Rharous..

Lire aussi : Gao : Les FAMa repoussent une embuscade à Tabrichat et détruisent quatre pick-up terroristes

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont annoncé avoir repoussé, ce samedi 18 juillet 2026, une embuscade tendue par la coalition terroriste JNIM/FLA contre un convoi militaire à Tabrichat, dans le cercle de Bourem (région de Gao). En riposte, des frappes aériennes de précision ont été menée.

Lire aussi : Décès de Germain Berthé : Le football malien perd un ancien gardien des Aigles

L’ancien gardien international malien Germain Berthé est décédé ce vendredi 17 juillet 2026 à Ségou, selon un avis nécrologique publié par Bougouni SPORT sur sa page Facebook. Le défunt évoluait cette saison sous les couleurs de l’Union sportive de Bougouni..

Lire aussi : Décentralisation et développement durable en Afrique : L’ukb engage le débat

La 3è édition du Colloque international sur le thème «Décentralisation et le développement durable en Afrique» s'est ouverte, hier à la Faculté des sciences administratives et politiques (FSAP). Organisé par l'Université Kurukanfuga de Bamako (UKB) à travers son Centre d’excellence de.

Lire aussi : Sikasso : La récompense du mérite scolaire

Dans le but de promouvoir le mérite, célébrer l’excellence scolaire et encourager les élèves à redoubler d’efforts, les autorités de Sikasso ont rendu un hommage bien mérité aux trois premiers du DEF et du baccalauréat de l’académie d’enseignement de Sikasso. C’était le mercred.

Lire aussi : Livre «Une battante humaniste»: Le général kani diabaté coulibaly partage sa riche expérience

«Une battante humaniste». C’est le titre du livre autobiographique du médecin Général de brigade Kani Diabaté Coulibaly. L’ouvrage a été présenté au grand public, mercredi dernier à la Maison de la presse. C’était à la faveur d’une conférence de presse animée par l’auteure, .

Les articles de l'auteur

Energie et éducation : Le Conseil des ministres approuve deux projets phares

Le Conseil des ministres a adopté, ce vendredi 17 juillet 2026 au Palais de Koulouba, deux projets de texte dont celui relatif à la ratification de l’accord de prêt pour le financement partiel du projet de construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 50 mégawatt-crêtes avec une capacité de stockage de 25 mégawatts/50 mégawatheures à Tietiguila dans la Région de Koulikoro..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié samedi 18 juillet 2026 à 13:12

Le chef de l’état échange avec les participants

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a reçu, hier au Palais de Koulouba, une délégation des participants du Forum international de la diaspora (FID), conduite par le président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME), Habib Sylla. C´était en présence du ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié vendredi 17 juillet 2026 à 15:39

Plus de 15.000 recrues pour le compte de la police et de la protection civile

Sous le leadership du Président Goïta, le département a engagé, ces dernières années, plusieurs grandes réformes au sein des forces de sécurité, notamment la militarisation de la police et de la protection civile, la création de l’état-major des forces de sécurité ainsi que la modernisation dans plusieurs domaines.

Par Bembablin DOUMBIA


Publié mardi 14 juillet 2026 à 09:42

5 ans du Président de la Transition : La modernisation de l’outil de défense est une réalité

Les réformes engagées ont eu pour objectif de moderniser l’outil de défense, de renforcer la gouvernance du secteur et d’améliorer l’efficacité opérationnelle de nos forces armées.

Par Bembablin DOUMBIA


Publié mardi 14 juillet 2026 à 09:40

Relations Bamako-Alger : le regard croisé d'universitaire et de spécialistes

Notre pays a renoué, vendredi dernier, sa relation diplomatique avec l’Algérie. D’après le directeur du Centre de recherche en gouvernance, médiation et sécurité au Sahel, cette mesure, prise librement après quinze mois de tensions, illustre une politique extérieure conduite depuis une position de force consolidée. Pour Dr Ahmadou Touré, le Mali agit en maître de ses choix..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié lundi 13 juillet 2026 à 08:41

Session d’avril 2026 du CNT : Plusieurs textes intéressant la vie de la Nation adoptés

Les travaux de la session ordinaire d’avril 2026 du Conseil national de Transition (CNT) se sont achevés ce vendredi 10 juillet 2026 au Centre international de conférences de Bamako. Dans son discours de clôture, le président du CNT a indiqué que son institution a, au cours de la session, exécuté son travail législatif avec responsabilité..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié vendredi 10 juillet 2026 à 17:23

Création de la Direction générale de l'aménagement et de l'attractivité du territoire : Le CNT approuve la mesure gouvernementale

Ce texte vise à ériger la Direction nationale de l'aménagement du territoire (DNAT) en Direction générale.

Par Bembablin DOUMBIA


Publié vendredi 10 juillet 2026 à 13:45

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner