Repas de rupture du jeûne dans les établissements de santé : Les philanthropes n’oublient personne

Ces âmes généreuses apportent de la nourriture pour malades, accompagnants et agents de santé

Publié lundi 24 mars 2025 à 07:29
Repas de rupture du jeûne dans les établissements de santé : Les philanthropes n’oublient personne

Les initiatives de solidarité ne manquent pas en cette période de Ramadan surtout pour la rupture du jeûne (iftar). Certains compatriotes enfilent leurs tabliers et offrent le repas de rupture du jeûne aux patients et autres agents des établissements de santé. 

Jeudi 13 mars dernier, l’atmosphère qui règne à Bagadadji, un vieux quartier populaire en Commune II du District de Bamako, laisse entrevoir que l’Aid el-fir ou fête du Ramadan se profile à l’horizon. Les lieux grouillent de monde, commerçants et résidents entament la dernière ligne droite du mois béni.

 Au Centre de santé communautaire (Cscom) de Bagadadji, agents de santé et accompagnants de malades vaquent à leurs occupations en attendant la rupture du jeûne. L’horloge affiche 18 heures 15 minutes lorsque Mme Koné Mariam Diawara gare son véhicule 4X4 devant l’établissement de soins. Elle ouvre le coffre de son automobile et sort des récipients contenant de la bouillie, de la tisane et d’autres petits plats.


Des agents et accompagnants de malade viennent prêter main forte à cette âme généreuse. Les repas sont rapidement acheminés sur une terrasse de l’établissement et entreposés. Mme Koné Mariam Diawara offre quotidiennement une cinquantaine de repas à ses propres frais. La jeune philanthrope explique que son idée d’apporter de l’aide aux malades et autres agents dans les hôpitaux a pris corps après son hospitalisation à l’hôpital Mère-enfant, «le Luxembourg», durant le Ramadan 2024. Elle dit avoir bénéficié de distribution gratuite de repas pour rompre le jeûne. Elle s’en est inspirée et distribue cette année des repas dans plusieurs structures sanitaires dont le Luxembourg et l’hôpital de district de la Commune IV.

Le directeur du Cscom de Bagadadji, Yacouba Kouyaté, apprécie la générosité de la dame. Selon lui, ce don est une action à impact communautaire. Pour lui, le geste soulage à la fois les malades et les autres usagers qui ne se trouvent pas forcement dans les meilleures conditions de rupture du jeûne. C’est aussi une solidarité entre musulmans qui encourage la pratique de l’Islam.  Maïmouna Fofana, une patiente hospitalisée, admet que l’initiative soulage beaucoup parce qu’une fois à l’hôpital si les proches «ne t’apportent pas de la nourriture au moment de la rupture tu restes triste». Surtout quand tu n’as pas d’argent, insiste-t-elle.


 Le médecin urgentiste, Moussa Koné, témoigne que c’est une première au Cscom du quartier. Il souligne son importance pour les équipes de garde et affirme que les professionnels de santé sont souvent oubliés dans leurs établissements pendant les moments de rupture du jeûne.

Le directeur du Cscom apprécie positivement le geste. Pour lui, les dépenses sont élevées. Pris par le travail, explique l’urgentiste, ils n’ont pas toujours le temps de se procurer des repas au moment propice.

De son côté Mohamed Coulibaly, porte-parole de l’Association «La voix des enfants et jeunes du Mali» distribue aussi des repas à des visiteurs au Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré. Il précise que cette année, son association a bénéficié du soutien financier et matériel de la Fondation Orange pour sacrifier à la tradition de distribution de nourritures dans les hôpitaux et au niveau des ronds-points.


Le leader associatif estime que son équipe distribue environ 2.000 plats par jour et souhaiterait en offrir davantage. Ses dires son corroborés par Maïmouna Guindo, infirmière au service de traumatologie au CHU Gabriel Touré depuis plus de 13 ans. L’infirmière témoigne qu’à l’occasion de la célébration du 8 mars dernier, l’Association des femmes engagées de son hôpital a organisé une rupture collective avec le personnel, les malades et leurs accompagnateurs. Selon elle, ce geste est particulièrement important pour les médecins et autres agents de santé qui passent plus de temps à l’hôpital qu’à la maison.

Il n’y a pas que les médecins et les malades qui apprécient ces opérations. Les accompagnants de malades aussi sont séduits par toute la symbolique de l’initiative. C’est le cas d’Aminata Diallo, au chevet de sa belle-fille hospitalisée au CHU Gabriel Touré. Elle exhorte les bons samaritains à continuer leurs actions qui permettent d’aider des personnes en situation difficile dans les hôpitaux. Et de dire qu’aider une personne sans rien attendre d’elle en retour est une source de bénédiction.

Son avis est largement partagé par Ousmane Haïdara, imam d’une mosquée de Mamaribougou. L’érudit explique qu’Allah nous enseigne à travers le Coran et la sunna du prophète Moahemed (Paix et salut sur lui) que partager nos biens avec les plus démunis est une source de bénédiction et d’élévation spirituelle. L’homme de foi relève que le don est un acte de foi, une preuve de notre reconnaissance envers Allah, et un moyen de purifier nos âmes. 

«Dans la sourate Al-Baqara (la vache), Allah compare le don à une graine qui produit plusieurs épis, montrant ainsi que l’aumône est multipliée par sa grâce», argumente Ousmane Haïdara, avant de souligner que même une personne modeste peut partager. Car le plus important est l’intention de la personne. «Un sourire, une prière pour autrui, un verre d’eau offert à quelqu’un qui a soif, tout cela est un don en Islam», résume l’imam.


Alima Nia DOUMBIA

Rédaction Lessor

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 25 mars 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 25 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée AssimiGOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 25 mars 2026 à 22:15

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 23:29

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner