Une vue du présidium lors de la cérémonie d’ouverture de la rencontre
Dans un contexte où nombre de services et entreprises sombrent entre l’inquiétude et le catastrophisme, le Centre hospitalier universitaire Institut d’ophtalmologie tropicale d’Afrique (Iota) arrive toujours à sortir des sentiers battus par l’entregent et l’esprit d’entreprise de ses dirigeants, mais aussi la volonté clairement affichée par l’administration hospitalière de répondre aux exigences de soins cliniques, de formation et de recherche.
L’organisation de la 6è édition de la Journée scientifique de l’Iota sous le thème : «Greffe de la cornée», répond à un souci de réaliser ce triptyque, mais aussi de ne surtout jamais rater le train du progrès. La cérémonie d’ouverture était présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Dr Abdoulaye Guindo, en présence du directeur général de l’Iota, Ousmane Attaher Dicko, de son adjoint, Pr Adama Issaka Guindo. Y étaient aussi un beau parterre de directeurs des autres structures relevant du département en charge de la Santé, des têtes couronnées de l’ophtalmologie comme les professeurs Sanoussi Bamani et Jeannette Traoré, entre autres, ainsi que des étudiants. Il est reconnu par tous que cette Journée scientifique représente une réelle opportunité d’échanges, de partage d’expériences et d’enseignement pour la jeune garde d’ophtalmologistes qui apprennent des grands maîtres de la science ophtalmologique.
À ce propos, le secrétaire général du département en charge de la Santé a expliqué que l’organisation de cette Journée scientifique répond à une vocation première de nos structures : découvrir, partager et diffuser des connaissances scientifiques pour le bien être de nos compatriotes. Et Abdoulaye Guindo de rappeler : «Une Journée scientifique est un espace où les idées se frottent, s’entrechoquent pour éclairer, renforcer ou remplacer celles déjà acquises afin de permettre une action efficace et pertinente.» Il soulignera aussi que c’est à ce noble exercice de partage et de confrontation des idées que l’Iota nous invite comme pour dire que la science est une quête permanente pour renforcer les compétences scientifiques de nos structures, avant de conclure que la greffe de la cornée est une réalité au Mali. Ce qui, selon lui, permettra de réduire les évacuations sanitaires.
Une greffe de la cornée est une technique de pointe, mais qui pose des préoccupations d’ordre social, éthique, scientifique, juridique et autres. L’Iota a cerné tous ces aspects avant de s’engager dans la pratique de la greffe de la cornée à travers une Banque des yeux dont il dispose depuis quelque temps. Il faut même lui tirer chapeau bas pour les 24 greffes de la cornée réalisées et réussies à l’exception d’un seul cas de rejet.
Le patron de l’Iota reconnaitra que le processus de greffe de la cornée a beaucoup d’implications. «Mais pour l’instant, nous sommes sur les questions juridiques. Nous sommes en contact avec le département pour élaborer les supports qui vont nous permettre d’aller à la généralisation», a expliqué Ousmane Attaher Dicko. Et de rassurer sur le déroulement du processus. «Nous sommes en train d’avancer lentement, mais sûrement», a-t-il assuré.
Après la cérémonie d’ouverture, il y a eu la session inaugurale sur l’actualité de la greffe de la cornée au cours de laquelle, Pr Fatou Sylla et Dr Ba Kaiatou ont explique l’évolution de la pratique jusqu’à récemment à la xénogreffe (une greffe de l’animal à l’homme) et les différentes techniques de greffe de la cornée. Toutes les deux ont aussi apporté des réponses apaisées aux différentes interrogations et préoccupations.
Il est important de rappeler que l’Iota dispose, aujourd’hui d’une Banque des yeux (la seule en Afrique de l’Ouest) qui permettra de soulager les patients en nécessité de greffe de la cornée. Mais pour l’instant, les greffons proviennent des États-Unis, grâce au partenariat établi avec la Wellness Foundation (Fondation pour le bien-être). Il faut donc décomplexer nos compatriotes et dépasser les préjugés pour intégrer le réflexe des dons de cornées dans nos habitudes parce que c’est pour la bonne cause.
Brehima DOUMBIA
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