Langues nationales : Réflexions pour l’élaboration d’une loi organique

La décision prise par les autorités actuelles d’officialiser nos langues nationales avait été bien appréciée par nos compatriotes.

Publié vendredi 20 octobre 2023 à 05:39
Langues nationales : Réflexions pour l’élaboration d’une loi organique

Photo de famille des participants, hier au CNR-ENF

 

 L’article 31 de la Constitution qui consacre la 4è République stipule : «Les langues nationales sont les langues officielles du Mali. Une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi. Le français est la langue de travail. L’État peut adopter toute autre langue comme langue de travail».

Dans la continuité de ce processus, une journée de réflexion s’est tenue, hier au Centre national des ressources de l’éducation non formelle (CNR-ENF), sur «l’élaboration d’un projet de loi organique déterminant les conditions et les modalités d’emploi de nos langues nationales comme langues officielles». L’objectif de l’atelier est de mener des réflexions pointues, mais surtout pertinentes pour sortir une loi organique consensuelle et inclusive qui précisera les conditions et les modalités d’emploi des langues nationales en tant langues officielles.

Cette journée qui se tient à l’initiative du ministère de l’Éducation nationale était présidée par le ministre Amadou Sy Savané qui a rappelé que la valorisation de nos langues a été revendiquée par le peuple. Ce combat porté lors des Assises nationales de la refondation (ANR) pour la promotion de nos langues nationales a amorcé un tournant décisif par la promulgation de la Constitution du 22 juillet 2023, a fait remarquer le ministre de l’Éducation nationale.

Après cette étape, a expliqué le ministre Sy Savané, s’imposent la conception et l’élaboration d’une loi organique déterminant les conditions et modalités d’emploi de nos 13 langues nationales comme langues officielles. «Le choix qui est porté sur vous anciens ministres, cadres, enseignants, chercheurs et techniciens pour mener ce travail n’est pas fortuit. Il s’agira pour vous à travers votre maitrise de la thématique, votre engagement dans la valorisation de nos langues», a déclaré le chef du département de l’Éducation nationale. Il a aussi souhaité qu’à l’issue des échanges sortent des propositions concrètes en vue d’une amélioration de la qualité du document.

 Il faut rappeler qu’une loi organique est prévue par la Constitution. Elle a pour objet de préciser ou de compléter certains de ses articles. La loi organique peut être aussi une loi qui précise l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics et administratifs en application d’articles de la Constitution. Il faut ajouter que la Politique nationale linguistique ambitionne de refléter la volonté d’attachement à notre identité culturelle, la sauvegarde des aspects positifs de nos traditions. Qui ont servi d’outils d’administration de nos grands empires et royaumes.

Pour mémoire, notre pays compte 13 langues nationales, selon la nouvelle loi portant modalités de promotion et d’officialisation de nos langues récemment adoptée par le gouvernement. Il s’agit du bamanankan (le bambara), du boore (le bobo), du dùgùsù (le dogon), du fulfulde (le peul), du hasanya (le maure), du mamara (le miniyanka), du maninkakan (le malinké), du soninke (le sarakolé), du sovay (le songhoï), du syenaare (le sénoufo), du tămašăɣt (le tamasheq), du tyeyaxo (le bozo) et du xaasongaxanvo (le khassonké).

Oumar SANKARE

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