Photo de famille des participants, hier au CNR-ENF
L’article 31 de la Constitution qui consacre la 4è République
stipule : «Les langues nationales sont les langues officielles du Mali. Une loi
organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi. Le français
est la langue de travail. L’État peut adopter toute autre langue comme langue
de travail».
Dans la continuité de ce processus, une journée
de réflexion s’est tenue, hier au Centre national des ressources de l’éducation
non formelle (CNR-ENF), sur «l’élaboration d’un projet de loi organique déterminant
les conditions et les modalités d’emploi de nos langues nationales comme
langues officielles». L’objectif de l’atelier est de mener des réflexions
pointues, mais surtout pertinentes pour sortir une loi organique consensuelle
et inclusive qui précisera les conditions et les modalités d’emploi des langues
nationales en tant langues officielles.
Cette journée qui se tient à l’initiative du
ministère de l’Éducation nationale était présidée par le ministre Amadou Sy
Savané qui a rappelé que la valorisation de nos langues a été revendiquée par
le peuple. Ce combat porté lors des Assises nationales de la refondation (ANR)
pour la promotion de nos langues nationales a amorcé un tournant décisif par la
promulgation de la Constitution du 22 juillet 2023, a fait remarquer le
ministre de l’Éducation nationale.
Après cette étape, a expliqué le ministre Sy
Savané, s’imposent la conception et l’élaboration d’une loi organique déterminant
les conditions et modalités d’emploi de nos 13 langues nationales comme langues
officielles. «Le choix qui est porté sur vous anciens ministres, cadres,
enseignants, chercheurs et techniciens pour mener ce travail n’est pas fortuit.
Il s’agira pour vous à travers votre maitrise de la thématique, votre
engagement dans la valorisation de nos langues», a déclaré le chef du département
de l’Éducation nationale. Il a aussi souhaité qu’à l’issue des échanges sortent
des propositions concrètes en vue d’une amélioration de la qualité du document.
Il faut
rappeler qu’une loi organique est prévue par la Constitution. Elle a pour objet
de préciser ou de compléter certains de ses articles. La loi organique peut être
aussi une loi qui précise l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs
publics et administratifs en application d’articles de la Constitution. Il faut
ajouter que la Politique nationale linguistique ambitionne de refléter la
volonté d’attachement à notre identité culturelle, la sauvegarde des aspects
positifs de nos traditions. Qui ont servi d’outils d’administration de nos
grands empires et royaumes.
Pour mémoire, notre pays compte 13 langues nationales, selon la nouvelle loi portant modalités de promotion et d’officialisation de nos langues récemment adoptée par le gouvernement. Il s’agit du bamanankan (le bambara), du boore (le bobo), du dùgùsù (le dogon), du fulfulde (le peul), du hasanya (le maure), du mamara (le miniyanka), du maninkakan (le malinké), du soninke (le sarakolé), du sovay (le songhoï), du syenaare (le sénoufo), du tămašăɣt (le tamasheq), du tyeyaxo (le bozo) et du xaasongaxanvo (le khassonké).
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