Aliou Djim
a été conduit à sa dernière demeure le lendemain mardi par une foule de
parents, amis et collègues. Parmi eux, Daniel Dembélé, journaliste à Radio
Jamana, qui était à la fois «un collègue, un ami et un complice». Les deux ont
été recrutés le même jour à la Radio Jamana de Koutiala en février 1993. Leur
complicité a duré jusqu’au décès de Djim.
Ce que notre interlocuteur retient du
confrère se résume en seulement quelques mots : ouvert et généreux sur le
plan social et un professionnel rigoureux. Daniel raconte que le jour où Aliou
et lui ont touché leur premier salaire, ils ont décidé de partager totalement
l’argent entre les autres collègues animateurs de la boîte qui n’avaient aucun
revenu. Le lendemain, poursuit Daniel, tous les deux n’avaient aucun sous en poche.
Aliou Djim
était diplômé de l’École normale secondaire de Koutiala, obtenu en 1993. La
même année, il est recruté par la Radio Jamana. Il assume successivement les
postes d’animateur producteur, responsable des programmes, directeur commercial
et marketing et directeur général adjoint. En 1997, il est promu directeur de
la Radio Jamana à Mopti, puis en 2006, il devient directeur de la Radio Benkan
à Bamako jusqu’à sa nomination à la Haute autorité de la communication (Hac).
Cette
progression continue dans sa carrière a aussi été ponctuée par le souci
constant de ce journaliste d’apprendre et de se perfectionner. C’est ainsi
qu’en 2007, il a obtenu le Certificat d’études supérieures en gestion de radios
communautaires à l’Université d’Oklahoma (USA). Auparavant, il s’était soumis à
deux années de formation au Centre d’études en sciences et techniques de
l’information (Cesti) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) en 2005
et 2006. Une spécialisation dans le domaine de la radio communautaire.
Rapporteur
général et président de la Commission scientifique et technique de la Hac de
2015 à 2021, il avait également une vie associative très dense. Aliou Djim fut
secrétaire au développement chargé de la formation et des nouvelles
technologies de l’information et membre du conseil d’administration de l’Union
des radios et télévision libre (Urtel) de 2002 à 2004. Il fut également
coordonnateur des radios de la Région de Mopti 2002-2006 et secrétaire général
de l’Urtel de 2007 à 2013.
Il a aussi partagé
son expérience et son savoir accumulé au cours des années avec de
nombreuses radios, ONG et autres structures du Mali et de l’étranger comme
consultant en élaboration de plan de communication.
Aliou Djim, qui a été fait chevalier de l’Ordre national du Mali en 2018, a également participé à plusieurs rencontres internationales des Radios au
Mali, au
Sénégal, en France, au Népal, aux États-Unis d’Amérique, etc. Il laisse
derrière lui une veuve, deux orphelins et des collègues en pleurs.
Dors en paix
cher confrère.
Youssouf DOUMBIA
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