#Mali : Réseaux sociaux : Attention aux faux proxénètes !

Ces arnaqueurs vous appâtent avec des photos affriolantes volées sur les pages de femmes imprudentes. Si vous mordez à l’hameçon, vous vous retrouverez dans un engrenage qui vous coûtera cher. Face à l’ampleur du phénomène, l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP) a saisi le procureur

Publié mardi 28 mai 2024 à 18:31 , mis à jour dimanche 16 juin 2024 à 16:27
#Mali : Réseaux sociaux : Attention aux faux proxénètes !

Arouna Keïta, secrétaire général de l’APDP

du Pôle judiciaire national spécialisé chargé de la lutte contre la cybercriminalité pour traquer ces agissements contraires aux bonnes mœurs

Les réseaux sociaux sont très utiles. Ces plateformes numériques permettent aux internautes de communiquer facilement, de tisser de nouvelles amitiés et même faire des affaires. Dans le cas malien, de plus en plus, l’on constate des agissements contraires aux bonnes mœurs. Des femmes ont pris plaisir à se donner en spectacle dans les Live (réels) sur TikTok, Meta (Facebook) et autres réseaux. Leurs données personnelles (images et vidéos) sont souvent récupérées sans leur consentement et utilisées à des fins illicites.

La dernière trouvaille des délinquants qui s’adonnent à cette utilisation illicite des données personnelles est la mise en scène de personnes à la recherche de partenaires sexuels. Le mode opératoire de ces arnaqueurs «sexuels» consiste à mettre des numéros sur des photos ou vidéos d’une femme et les publier sur une plateforme numérique à l’insu de la personne concernée. «Une fois que vous publiez votre vidéo, quelque soit le mobile, les arnaqueurs ou escrocs sexuels prennent la vidéo, ils en font un montage avec des sons d’ébats sexuels et y affichent un numéro de téléphone», explique le secrétaire général de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP), Arouna Keïta.

L’internaute qui mord à l’hameçon est invité à verser une commission pour être mis en contact avec la femme qu’il désire. Plusieurs hommes sont tombés dans le panneau, comme A. D. qui raconte sa mésaventure avec un brin d’humour : «Un jour, j’ai appelé un numéro que j’avais pris sur TikTok. Celui qui a décroché m’a demandé de payer 5.000 Fcfa, mais j’ai négocié et ramené la commission à 3.000 Fcfa. Et dès que j’ai envoyé l’argent, le gars s’est mis sur répondeur. J’ai passé la journée à l’appeler. Sans succès !»

Par contre, Y. S., un jeune très fréquent sur les réseaux sociaux, a vite compris le jeu des arnaqueurs. «Depuis quelques temps, je vois des photos de femmes qui défilent avec des contacts. Curieux, j’ai appelé un numéro et c’est un homme qui a décroché. Ce dernier m’a demandé de payer 5.000 Fcfa comme commission pour qu’il me mette en contact avec la femme sur la photo. Mais je n’ai pas accepté», confie notre interlocuteur. Comme lui, M. S. et son ami avaient aussi essayé mais la réponse est la même : «Il faut verser d’abord la commission au gérant.»

«Ces derniers temps, il y a trop de dérapages sur les réseaux sociaux. Les gens commencent à se pervertir sur ces plateformes comme dans la vie réelle. Nous sommes en train de travestir l’esprit des créateurs de ces plateformes numériques, en commentant des actes contraires aux bonnes mœurs», analyse le secrétaire général de l’APDP. Selon Arouna Keïta, que nous avons rencontré à son bureau sis au Quartier du fleuve, la loi portant protection des données à caractère personnel est claire : «Tout traitement déloyale et illicite est puni de 5 à 20 millions de Fcfa.» Et il y a un projet de texte dans le circuit d’adoption au niveau du Conseil national de Transition (CNT) qui prévoit aussi des incriminations criminelles pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 10 millions de Fcfa d’amende pour traitement illicite d’images, l’exposition d’images à des fins pornographiques et autres.

Le secrétaire général de l’APDP fait savoir que ce phénomène constitue en lui-même deux comportements répréhensibles. D’abord, le fait de prendre la photo ou la vidéo d’une femme pour des fins de propagande ou de publicité pour arnaquer des gens qui seraient tentés, constitue une infraction aux données personnelles.  Et le fait de soutirer de l’argent à des éventuels candidats constitue une escroquerie punie par la loi sur la  cybercriminalité. Il précise que les sanctions concernent aussi les internautes qui partagent ou commentent les images ou vidéos publiées illicitement.

 

SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE- S’agissant de la régulation du cyberespace, l’expert en protection des données personnelles indique que notre État a posé les jalons. Il fait référence à la loi 2013-015 du 21 mai 2013 modifiée, la loi sur la cryptologie et la loi sur les transactions électroniques. Il vise aussi à la création et l’opérationnalisation des structures comme l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des postes (AMRTP), la Haute autorité de la communication (Hac) et l’ADPD.

Le cyberespace n’appartient pas qu’au Mali. «Nous avons un cyberespace dominé par les Gafam qui sont les seuls maîtres à bord du cyberespace mondial», souligne Arouna Keïta qui estime que pour lutter contre le phénomène, il faut nécessairement réguler les Gafam (Facebook, Google, Twitter, Amazon). «Quand on prend le cas malien, aucune grande société numérique n’a son bureau au Mali. Même pour les assigner ou contraindre à retirer un contenu, il faut s’adresser à leur siège qui se trouve à la Silicon Valley en Californie (états-Unis). Donc, il va falloir que nous partions vers une souveraineté numérique où nous maîtrisions notre cyberespace, nos données», préconise le secrétaire général de l’APDP.

Au-delà de la régulation, l’expert suggère un partenariat avec ces géants du web afin de faciliter le retrait rapide des vidéos qui portent atteinte à l’honneur et à la considération de nos concitoyens et qui posent également des problèmes de mœurs pour la société malienne. «Nous avons demandé à nos sœurs de faire attention à ce qu’elles publient. Certaines femmes et filles ont pris un malin ou mauvais plaisir en se donnant en spectacle dans les Live. Alors que tout ce qu’elles publient restera la propriété des géants du numérique», explique Arouna Keïta. Et d’insister : «Une fois qu’un internaute publie quelque chose, la gestion de la chose lui échappe.


La publication sera partagée par des milliers de personnes et la plateforme numérique gardera les images. C’est le cas des escroqueries sexuelles qui se font actuellement.» Par ailleurs, le secrétaire général de l’ADPD conseille aux personnes victimes de signaler les publications illicites aux plateformes, et de saisir le procureur du Pôle judiciaire national spécialisé chargé de la lutte contre la cybercriminalité ou l’APDP. Pour l’heure, il n’y a pas eu de sanctions pour les cas précis. Mais face à ces dérives, conformément aux dispositions de la loi n°2013-015 du 21 mai 2013 modifiée, portant protection des données à caractère personnel en République du Mali, l’APDP a saisi le procureur du Pôle spécialisé pour une suite judiciaire à ces agissements contraires aux bonnes mœurs


 À cet égard, l’Autorité rappelle aux utilisateurs des réseaux sociaux que la publication et le partage d’images, portant atteinte à la vie privée, à la dignité de la personne humaine ainsi qu’à ses données à caractère personnel, sont réprimés notamment par le Code pénal et la loi n°2019-056 du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité.

Babba COULIBALY

Lire aussi : #Mali : Les prix des hydrocarbures baissent : Pas les frais de transport

Le prix du litre du gasoil à la pompe est passé de 864 à 800 Fcfa, soit une diminution de 64 Fcfa. Cette baisse ne se fait pas sentir sur les prix des billets des transports en commun.

Lire aussi : #Mali : Suite à la libération de Hamadoun Bah : Les banques ouvrent leurs portes aujourd’hui

Le secrétaire général du Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers, micro finances et commerces du Mali (Synabef), a recouvré la liberté. Sa mise en liberté a été ordonnée hier..

Lire aussi : #Mal : Synabef : L’Arrêt de travail effectif

L’arrêt de travail de 72 heures décrété du Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers, micro finances et commerces du Mali (Synabef), a été suivi à Bamako. Seule la Banque de développement du Mali (BDM-SA) s’est désolidarisée du mouvement..

Lire aussi : #Mali : Pour protester contre l’arrestation de son secrétaire général : Le Synabef annonce une grève de 72 heures

Le Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers, micro finances et commerces du Mali (Synabef) décide d’observer un arrêt de travail dans toutes les entreprises affiliées au Synabef à partir de ce matin..

Lire aussi : #Mali : Sécurité de la navigation aérienne des pays de l’AES : Les assurances du directeur général de l’Asecna

Mohamed Moussa, reçu lundi en audience à Koulouba, a donné la garantie que son Agence a, aujourd’hui, la capacité de couvrir 17 millions de kilomètres carrés d’espace aérien, collectivement et individuellement. Le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, a prodigué des conseils perme.

Lire aussi : #Mali : Les travaux de construction de la centrale solaire de Tiakadougou-Dialakoro lancés

Après les centrales solaires 200 mégawatts-crête de Sanankoroba et 100 mégawatts-crête de Safo, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a posé, ce samedi 1er juin, le premier panneau solaire de la centrale solaire d'une puissance de 100 mégawatts-crête de Tiakadougou-Dialak.

Les articles de l'auteur

#Mali : Les prix des hydrocarbures baissent : Pas les frais de transport

Le prix du litre du gasoil à la pompe est passé de 864 à 800 Fcfa, soit une diminution de 64 Fcfa. Cette baisse ne se fait pas sentir sur les prix des billets des transports en commun.

Par Babba COULIBALY


Publié mardi 11 juin 2024 à 18:01

#Mali : Suite à la libération de Hamadoun Bah : Les banques ouvrent leurs portes aujourd’hui

Le secrétaire général du Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers, micro finances et commerces du Mali (Synabef), a recouvré la liberté. Sa mise en liberté a été ordonnée hier..

Par Babba COULIBALY


Publié lundi 10 juin 2024 à 18:24

#Mal : Synabef : L’Arrêt de travail effectif

L’arrêt de travail de 72 heures décrété du Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers, micro finances et commerces du Mali (Synabef), a été suivi à Bamako. Seule la Banque de développement du Mali (BDM-SA) s’est désolidarisée du mouvement..

Par Babba COULIBALY


Publié jeudi 06 juin 2024 à 16:52

#Mali : Pour protester contre l’arrestation de son secrétaire général : Le Synabef annonce une grève de 72 heures

Le Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers, micro finances et commerces du Mali (Synabef) décide d’observer un arrêt de travail dans toutes les entreprises affiliées au Synabef à partir de ce matin..

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 05 juin 2024 à 19:17

#Mali : Sécurité de la navigation aérienne des pays de l’AES : Les assurances du directeur général de l’Asecna

Mohamed Moussa, reçu lundi en audience à Koulouba, a donné la garantie que son Agence a, aujourd’hui, la capacité de couvrir 17 millions de kilomètres carrés d’espace aérien, collectivement et individuellement. Le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, a prodigué des conseils permettant à l’Asecna d’être plus performante.

Par Babba COULIBALY


Publié mardi 04 juin 2024 à 18:00

#Mali : Les travaux de construction de la centrale solaire de Tiakadougou-Dialakoro lancés

Après les centrales solaires 200 mégawatts-crête de Sanankoroba et 100 mégawatts-crête de Safo, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a posé, ce samedi 1er juin, le premier panneau solaire de la centrale solaire d'une puissance de 100 mégawatts-crête de Tiakadougou-Dialakoro dans le Cercle de Sélingué (Région de Bougouni)..

Par Babba COULIBALY


Publié samedi 01 juin 2024 à 16:21

#Mali :Lancement des travaux de la Centrale solaire de Safo : Le président Goïta affiche son ambition d’innover le secteur énergétique

En procédant hier à la pose du premier panneau, le chef de l’État a exprimé sa volonté de parvenir, dans un bref délai, à une mutation profonde de la production de l’électricité. Le champ solaire de Safo, d’une puissance de 100 mégawatts-crête avec des modules photovoltaïques en silicium monocristallin, sera bâti sur une.

Par Babba COULIBALY


Publié mardi 28 mai 2024 à 18:47

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner