Alousséni Sanou, ministre de l’économie et des Finances
Désormais, sur chaque recharge de 1.000 Fcfa, le consommateur ne recevra que 900 Fcfa de crédit, soit une retenue de 10%. Concernant les transactions via Orange Money ou Moov Money, les frais ont doublé : le client paiera désormais 1% pour l’opérateur et 1% pour l’État. Concrètement, un retrait de 10.000 Fcfa coûtera désormais 200 Fcfa au lieu de 100 Fcfa auparavant.
Les opérateurs de téléphonie mobile ont informé leurs clients de l’entrée en vigueur de ces nouvelles taxes. Des messages ont été envoyés pour détailler les modalités des prélèvements, assurant ainsi une certaine transparence dans leur mise en œuvre. «Chers clients, Orange vous informe que conformément aux textes en vigueur, une contribution est désormais appliquée sur vos recharges, vos factures ainsi que vos retraits d’argent.
Un prélèvement spécifique de 10 % est appliqué sur toutes vos recharges de crédit, y compris celles effectuées auprès de nos distributeurs, par carte à gratter, ainsi que sur vos achats de forfaits (Séwa, Internet Mobile, Ne Taa) et abonnements (Fibre, So’Box Mobile/Fixe) via Orange Money. Un prélèvement spécifique de 1 % est appliqué sur toutes vos opérations de retrait d’argent Orange Money », a indiqué Orange Mali dans un communiqué. Un message similaire a été adressé aux abonnés de Moov Africa Malitel. Ces prélèvements seront reversés au «Fonds de soutien aux projets d’infrastructure de base et de développement social», précise Orange Mali.
L’annonce de ces taxes a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux. Certains considèrent cette mesure comme un sacrifice nécessaire, tandis que d’autres la jugent inopportune, notamment en raison du contexte économique difficile du pays. Youssouf, un jeune d’une trentaine d’années, a été surpris en achetant du crédit téléphonique ce matin. «Je suis allé acheter 1.000 Fcfa de crédit, mais le boutiquier m’a annoncé que je ne recevrai désormais que 900 Fcfa. J’ai dû ajouter 100 Fcfa supplémentaires pour obtenir mon crédit habituel», raconte-t-il, un peu déconcerté.
Bien qu’il ne soit pas opposé à ces prélèvements, il estime que le moment est mal choisi pour leur mise en place. Lors d’un point de presse tenu le 10 février à la Primature, le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, accompagné du ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a présenté les grandes lignes de trois nouvelles mesures fiscales : Une taxe sur l’accès au réseau des télécommunications payée par les opérateurs, une taxe sur les boissons alcoolisées et une contribution sur les recharges téléphoniques et les transactions mobile money.
Il a insisté sur l’importance de cette dernière taxe, destinée à alimenter un fonds de soutien aux projets d’infrastructure de base et de développement social. Ce dispositif devrait permettre de mobiliser plus de 100 milliards de Fcfa, qui serviront à financer des projets urgents, notamment dans le secteur énergétique. Selon le Chef du gouvernement, cette taxe est essentielle dans un contexte où l’Énergie du Mali (EDM) vend l’électricité à perte depuis 2016.
«Depuis 2001, un tarif social a été instauré pour permettre aux groupes vulnérables d’accéder à l’électricité à un prix abordable. Mais faute de suivi, 70 % des clients de l’EDM bénéficient aujourd’hui de ce tarif, ce qui est anormal», a-t-il expliqué. Le gouvernement espère que ce fonds contribuera à résoudre la crise énergétique du pays. «Il n’y a aucune volonté d’abuser de la résilience des Maliens. Le dispositif est clair», a assuré le Général de division Abdoulaye Maïga, soulignant que d’autres pays imposent des taxes plus élevées aux opérateurs téléphoniques.
Amadou GUEGUERE
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