#Mali : Code minier et contenu local : Échanges utiles entre le ministre Keita et le secteur privé

Le ministre des Mines, Pr Amadou Keita, était hier l’invité du Petit déjeuner professionnel du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) sur le thème «Contenu local au Mali : Quels rôles pour le secteur privé malien ?».

Publié jeudi 29 août 2024 à 18:53
#Mali : Code minier et contenu local : Échanges utiles entre le ministre Keita et le secteur privé

Les participants au terme de la rencontre, jeudi 29 août au siège du CNPM

 

 Organisé par le CNPM en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), l’événement a enregistré la présence de la ministre chargée de l’Emploi, Mme Bagayoko Aminata Traoré et du président du CNPM, Mossadeck Bally.

Les échanges ont porté sur la question du financement du secteur privé malien pour qu’il soit à la hauteur des enjeux du secteur minier. Ils ont également abordé la question de la formation afin que le Mali dispose de ressources humaines de qualité, permettant de réaliser les retombées attendues du contenu local, notamment le remplacement des cadres étrangers par des cadres maliens compétents. La question du recours aux biens et services locaux et celle du développement local, ont également été discutées.

Dans sa présentation, le ministre des mines a indiqué que le 29 août 2023, le Mali a adopté la loi n°2023-040 portant Code minier et la loi n°2023-041 relative au Contenu local dans le secteur minier. Selon le Pr Amadou Keita, le principe qui a guidé cette réforme est une «exploitation minière intégrée à l’économie malienne et qui contribue à la compétitivité des PME/ PMI et aux performances nationales en matière de développement durable».

Selon les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) 2022-2023, en 2023, les productions minérales restent dominées par l’or avec 65,905 tonnes pour une valorisation de 1.926 milliards de Fcfa, soit près de 96% de la production totale. Cette production reste concentrée dans les Régions de Kayes et Sikasso. Sur la base des données déclarées par les régies financières et les paiements sociaux déclarés par les sociétés extractives, les revenus générés par le secteur extractif totalisent un montant de 566 milliards Fcfa pour l’année 2022 et 637 milliards Fcfa pour l’année 2023.

Les transactions avec les fournisseurs s’élèvent à 1.410 milliards de Fcfa pour l’année 2022. Sur ce montant 963,51 milliards de Fcfa étaient destinés aux fournisseurs étrangers, contre 446,69 milliards de Fcfa aux fournisseurs locaux. Les transactions avec les fournisseurs s’élèvent à 1.243 milliards de Fcfa pour l’année 2023. Sur les 1.243 milliards de Fcfa, 856 milliards de Fcfa étaient destinés aux fournisseurs étrangers, contre 378 milliards de Fcfa pour les fournisseurs locaux.

Pour le ministre des Mines, ces chiffres ont conduit le gouvernement à adopter la nouvelle loi, qui, dans son article 1, stipule que la loi relative au Contenu local définit celui-ci comme l’ensemble des dispositions et mesures qui exigent des entreprises minières qu’elles donnent la priorité aux nationaux, aux communautés locales, aux entreprises nationales et aux matériaux produits localement dans l’exécution de leurs activités.


Le chef du département des Mines a, par ailleurs, souligné que l’État compte notamment sur l’engagement des entreprises privées nationales, la responsabilité des entreprises nationales pour améliorer la qualité des services et des prestations et l’organisation du secteur de la sous-traitance.

À la fin des échanges, le président du CNPM a souligné les défis soulevés lors des discussions avec le ministre des Mines, tels que le défi du financement. Mossadeck Bally a demandé au gouvernement la création d’une Caisse de dépôts et consignations.


Cela permettrait, dira-t-il, de disposer de fonds souverains pour financer le secteur privé malien, notamment pour des participations dans les mines. «Une mine d’or industrielle, de l’exploration jusqu’à la production, nécessite un minimum d’un milliard de dollars, soit 650 milliards de Fcfa. Aucun opérateur économique malien ne peut mobiliser une telle somme.

Il nous faut donc une Caisse pour financer les opérateurs maliens», a-t-il expliqué, évoquant la question de la formation et la création d’une école des mines à Kayes. Par ailleurs, le patron des patrons a sollicité le gouvernement pour sévir contre l’orpaillage clandestin. «L’État du Mali ne connaît pas la quantité d’or qui sort du pays. Ce sont donc des impôts et des taxes qui ne sont pas payés. Nous pensons que la puissance publique doit mettre fin à cela et que chaque gramme de tout minerai extrait de notre sous-sol et exporté soit identifié aux cordons douaniers et soumis à l’impôt et aux taxes», a-t-il déclaré.

Pour sa part, le ministre a souligné l’importance du développement local expliquant qu’il faut éviter que les sociétés minières deviennent des enclaves dans les localités d’implantation. «Lorsqu’on arrive dans un village, il faut que les activités des sociétés minières aient des retombées sur le développement du village», a-t-il affirmé. Pour lui, le contenu local signifie que l’entreprise minière doit être totalement intégrée à l’économie nationale.


Cela implique le renforcement des capacités des nationaux maliens, que les entreprises maliennes soient capables de fournir tous les biens et services des sociétés minières. Le «Petit déjeuner du CNPM» est un cadre d’échanges entre les acteurs de l’administration publique et le secteur privé malien avec comme objectif de contribuer à l’amélioration du climat des affaires au Mali. 

Amadou GUEGUERE

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