Les discussions entre les délégués se sont déroulées
dans le calme et la sérénité
Les recommandations et les résolutions de la Commission thématique I «paix, réconciliation nationale et cohésion sociale» ont été adoptées, hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), par les délégués au Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale.
La plénière
était dirigée par le président du comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens,
l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, en présence du président de la
Commission I, l’ancien ministre Zeïni Moulaye Haïdara.
Après deux jours d’intenses travaux, la Commission
thématique I a produit un rapport contenant notamment plus d’une quarantaine
de recommandations et deux résolutions. S’agissant des recommandations, les délégués ont
demandé d’ouvrir le dialogue doctrinal avec les groupes armés terroristes et de
mettre à contribution les érudits
maliens pour définir le corpus doctrinal des débats à mener avec eux. Ils ont
également opté pour l’ouverture du dialogue avec «tous les mouvements armés
maliens».
Les participants ont, en outre, demandé de résoudre rapidement le
problème de l’énergie pour apaiser le climat social, de prendre toutes les
dispositions nécessaires pour le retour des refugiers et des déplacés dans leur
villages d’origine et leur apporter tous les soutiens matériel, financier et
moral pour leur réinsertion socio-économique. Instaurer un cadre de dialogue
permanent intra et intercommunautaire, apporter une assistance humanitaire aux
populations affectées par la crise, dissoudre les milices et les groupes
d’auto-défense et assurer la réinsertion socioprofessionnelle de leurs
combattants figurent aussi parmi les recommandations. Tout comme
privilégier le recours à nos us et coutumes comme moyens de prévention, de
gestion et de règlement des conflits, etc.
LUTTE CONTRE LE TERRORISME- Les délégués ont par
ailleurs sollicité de rendre obligatoire l’enseignement de l’histoire et de la
géographie de notre pays dans tous les établissements scolaires et
universitaires. Ils ont également demandé de renforcer les capacités des
autorités et légitimités traditionnelles dans la prévention, la gestion et le
règlement des conflits communautaires, de mettre en place un cadre d’échanges
permanent entre l’administration et les usagers, d’instaurer «une journée
nationale du pardon», d’intensifier la lutte contre le terrorisme et
l’extrémisme violent.
Promouvoir l’éducation à la culture de la paix dans les
établissements scolaires et universitaires, renforcer la capacité des services
de développement social et l’économie solidaire pour prendre en charge les
personnes vulnérables et les personnes vivant avec un handicap sont
également des recommandations. La Commission a aussi sollicité de vulgariser la
charte pastorale au sein des communautés, d’ériger un monument sur le site de
l’attaque du bateau Tombouctou, survenue le 7 septembre 2023 dans le Cercle de
Gourma-Rharous. Il s’agit, en outre, de mettre en place des structures de
déradicalisation, de rapprocher la justice des justiciables au besoin par le
biais des parajuristes et des conciliateurs de justice, de moraliser davantage
la vie publique.
Les participants ont demandé de communiquer dans les
langues officielles sur les concepts de paix, de réconciliation nationale et de
cohésion sociale, de lutter contre les stigmatisations sociale et raciale, de
prévoir le rapatriement et l’accompagnement des démunis qui désirent rentrer au
pays. Mais aussi de mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle.
S’y ajoutent le renforcement de la vigilance pour éviter l’amalgame et
l’instrumentalisation des questions communautaires, l’adoption de mesures d’accompagnement des
couches vulnérables et le renforcement de la lutte contre l’impunité.
Il s’agit
également de prendre des mesures fortes pour mettre fin aux pratiques
esclavagistes. Faire respecter scrupuleusement la réglementation en vigueur des
pratiques religieuses (création et ouverture des lieux de culte, organisation
des prêches et sermons, programmes d’enseignement, réseaux sociaux), accélérer
l’introduction de l’enseignement de nos valeurs sociétales dans les écoles
et médersa, appliquer les conventions,
lois nationales et internationales en faveur des personnes vivant avec le
handicap font également partie des recommandations.
GOUVERNANCE PARTAGEE DE LA PAIX- La Commission a, par ailleurs, demandé d’encourager toutes les initiatives visant à renforcer la résilience des populations face à la crise multidimensionnelle que vit le pays ; de construire un monument à la mémoire des victimes de la crise et des conflits.
Les délégués ont aussi sollicité de promouvoir un
financement adéquat et conséquent de la réparation en faveur des
victimes des crises au Mali et
de mettre en place une structure pour le suivi et l’évaluation des résultats du
Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale.
Quid des résolutions ? Sur ce chapitre,
les participants ont opté pour l’opérationnalisation du concept de «gouvernance
partagée de la paix et de la sécurité», qui implique une distribution
judicieuse des rôles et des responsabilités entre tous les acteurs de la vie
sociale, à savoir les forces armées et de sécurité, l’administration générale,
les partis politiques, les organisations de la société civile, les
collectivités territoriales, les conseils de village, de quartier et de
fraction. Ils ont également recommandé la mise en place d’un comité de sages et
d’experts pluridisciplinaires en vue de la rédaction «d’une charte nationale pour la paix, la
cohésion sociale et le vivre ensemble».
Bembablin DOUMBIA
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