#Mali : Commission thématique I «paix, réconciliation nationale et cohésion sociale» : Des recommandations au diapason des préoccupations nationales

Les délégués au Dialogue inter-Maliens ont requis d’ouvrir le dialogue doctrinal avec les groupes armés terroristes, de mettre à contribution les érudits en vue définir le contour des débats à mener avec ces cohortes. Ils ont aussi rappelé la nécessité de résoudre rapidement la crise énergétique pour apaiser le climat social

Publié jeudi 09 mai 2024 à 06:14
#Mali : Commission thématique I «paix, réconciliation nationale et cohésion sociale» : Des recommandations au diapason des préoccupations nationales

Les discussions entre les délégués se sont déroulées dans le calme et la sérénité


Les recommandations et les résolutions  de la Commission thématique I «paix, réconciliation nationale et cohésion sociale» ont été adoptées, hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), par les délégués au Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale.

 La plénière était dirigée par le président du comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, en présence du président de la Commission I, l’ancien ministre Zeïni Moulaye Haïdara.

Après deux jours d’intenses travaux, la Commission thématique I a produit un rapport contenant notamment plus d’une quarantaine de  recommandations et deux résolutions. S’agissant des recommandations, les délégués ont demandé d’ouvrir le dialogue doctrinal avec les groupes armés terroristes et de mettre à  contribution les érudits maliens pour définir le corpus doctrinal des débats à mener avec eux. Ils ont également opté pour l’ouverture du dialogue avec «tous les mouvements armés maliens».

Les participants ont, en outre, demandé de résoudre rapidement le problème de l’énergie pour apaiser le climat social, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour le retour des refugiers et des déplacés dans leur villages d’origine et leur apporter tous les soutiens matériel, financier et moral pour leur réinsertion socio-économique. Instaurer un cadre de dialogue permanent intra et intercommunautaire, apporter une assistance humanitaire aux populations affectées par la crise, dissoudre les milices et les groupes d’auto-défense et assurer la réinsertion socioprofessionnelle de leurs combattants figurent aussi parmi les recommandations. Tout comme privilégier le recours à nos us et coutumes comme moyens de prévention, de gestion et de règlement des conflits, etc.

 

LUTTE CONTRE LE TERRORISME- Les délégués ont par ailleurs sollicité de rendre obligatoire l’enseignement de l’histoire et de la géographie de notre pays dans tous les établissements scolaires et universitaires. Ils ont également demandé de renforcer les capacités des autorités et légitimités traditionnelles dans la prévention, la gestion et le règlement des conflits communautaires, de mettre en place un cadre d’échanges permanent entre l’administration et les usagers, d’instaurer «une journée nationale du pardon», d’intensifier la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Promouvoir l’éducation à la culture de la paix dans les établissements scolaires et universitaires, renforcer la capacité des services de développement social et l’économie solidaire pour prendre en charge les personnes vulnérables et les personnes vivant avec un handicap sont également des recommandations. La Commission a aussi sollicité de vulgariser la charte pastorale au sein des communautés, d’ériger un monument sur le site de l’attaque du bateau Tombouctou, survenue le 7 septembre 2023 dans le Cercle de Gourma-Rharous. Il s’agit, en outre, de mettre en place des structures de déradicalisation, de rapprocher la justice des justiciables au besoin par le biais des parajuristes et des conciliateurs de justice, de moraliser davantage la vie publique.

Les participants ont demandé de communiquer dans les langues officielles sur les concepts de paix, de réconciliation nationale et de cohésion sociale, de lutter contre les stigmatisations sociale et raciale, de prévoir le rapatriement et l’accompagnement des démunis qui désirent rentrer au pays. Mais aussi de mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle. S’y ajoutent le renforcement de la vigilance pour éviter l’amalgame et l’instrumentalisation des questions communautaires,  l’adoption de mesures d’accompagnement des couches vulnérables et le renforcement de la lutte contre l’impunité.

Il s’agit également de prendre des mesures fortes pour mettre fin aux pratiques esclavagistes. Faire respecter scrupuleusement la réglementation en vigueur des pratiques religieuses (création et ouverture des lieux de culte, organisation des prêches et sermons, programmes d’enseignement, réseaux sociaux), accélérer l’introduction de l’enseignement de nos valeurs sociétales dans les écoles et  médersa, appliquer les conventions, lois nationales et internationales en faveur des personnes vivant avec le handicap font également partie des recommandations.

 

GOUVERNANCE PARTAGEE DE LA PAIX- La Commission a, par ailleurs, demandé d’encourager toutes les initiatives visant à renforcer la résilience des populations face à la crise multidimensionnelle que vit le pays ; de construire un monument à la mémoire des victimes de la crise et des conflits.

Les délégués ont aussi sollicité de promouvoir un financement adéquat et conséquent de la réparation en faveur des victimes des crises  au Mali et de mettre en place une structure pour le suivi et l’évaluation des résultats du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale. 

Quid des résolutions ? Sur ce chapitre, les participants ont opté pour l’opérationnalisation du concept de «gouvernance partagée de la paix et de la sécurité», qui implique une distribution judicieuse des rôles et des responsabilités entre tous les acteurs de la vie sociale, à savoir les forces armées et de sécurité, l’administration générale, les partis politiques, les organisations de la société civile, les collectivités territoriales, les conseils de village, de quartier et de fraction. Ils ont également recommandé la mise en place d’un comité de sages et d’experts pluridisciplinaires en vue de la rédaction  «d’une charte nationale pour la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble».

Bembablin DOUMBIA

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