De la bouse et du sang de mouton déversés dans la rue
Certains passants se
couvrent le nez avec la main. «Hum, ça pue de partout, quelle odeur ! »,
dénonce l’un d’entre eux. La mauvaise gestion de ces déchets est un casse-tête
en cette période. Certaines familles abandonnent le sang et la bouse devant
leurs portes dans des trous ou des sacs, y compris les poubelles. Ces matières
attirent les mouches qui font un défilé bruyant chaque fois que des individus
passent.
En face de la famille Baldé à Samako II, les excréments de mouton sont
éparpillés sur le sol avec des traces de sang par endroits. L’aîné de la
famille explique qu’ils ont été contraints de déverser ces déchets devant leur domicile faute de
solutions appropriées. «Nos parents le
faisaient quand nous étions petits. Cette odeur va s’arrêter au bout de deux
semaines. Sinon, je ne vois vraiment pas une autre alternative», confie-t-il.
La famille Touré a égorgé
deux béliers. Devant leur domicile, Oumar et Balla creusent un trou profond
pour y mettre les impuretés de ces bêtes. Après avoir enfoui ces déchets dans
le trou, les deux jeunes hommes laissent le trou ouvert durant des heures avant
de le refermer complètement. Selon cette famille, cette méthode héritée des
parents permet d’éviter que l’odeur désagréable infeste le voisinage. Mais,
avertit Oumar, en cas de pluie, les déchets peuvent être exposés à l’air libre.
Ces odeurs fétides
d’animaux infestent le salon d’Oumou Diarra à travers les fenêtres de son
appartement. La bonne dame explique être dans l’incapacité de se reposer dans
sa chambre du fait de la puanteur. Pour tenir, elle utilise cinq minutes de
l’encens dans sa maison. «Chaque année, j’utilise au moins une bouteille
d’encens afin de pouvoir recevoir des invités chez moi», précise cette
ménagère. Son amie qui assiste aux échanges suggère de créer un abattoir dans
chaque quartier uniquement pour l’abattage des moutons de fête et de mettre en
place un mécanisme de gestion des déchets d’animaux.
Quant à Moussa Mara, il
propose que les vétérinaires partagent une méthode à adopter pour la bonne
gestion du sang et la bouse des animaux en période de fête. La propagation de ces
détritus dans les alentours du cimetière de Magnambougou (Commune VI du District de Bamako) frustre le
voisinage. Soumaïla Sangaré fulmine
contre les personnes qui viennent jeter à des heures tardives, les sacs contenant les bouses et peaux des bêtes
immolées. Le lendemain de fête, le jeune commerçant dit avoir compté plusieurs
sacs abandonnés près de la clôture du cimetière.
Fadi CISSE
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