Culture, Amaïchata Salamanta : Une amoureuse du conte

Originaire du village de Kabara, à plus d’une dizaine de kilomètres de la ville de Tombouctou sur le fleuve Niger, elle est issue de la communauté des Bozos, pêcheurs. Amaïchata Salamanta, convaincue de son talent et imbue de la culture de plusieurs ethnies a décidé de tenter sa chance à Bamako. Incroyable histoire de cette femme autodidacte qui finit par devenir une professionnelle du théâtre malien et éprise de paix et de la cause des autres

Publié vendredi 15 septembre 2023 à 05:51
Culture, Amaïchata Salamanta : Une amoureuse du conte

«La conteuse du fleuve», en hommage à son origine bozo (les pêcheurs en langue bambara) se distingue facilement par sa joie de vivre, ses dreadlocks. Mais aussi par sa voix envoutante, ses pas de danse et les chansons entonnées pour incarner les différents personnages de ses récits.


Entre autres, celui de «Maman chèvre» pour expliquer de façon subtile à ses petits comment s’extirper des griffes de l’hyène qui les tenaient en captivité (dans la quasi-totalité des contes du Mandé, l’hyène est le seul animal qui mange les chèvres) et aussi à l’endroit d’elle-même, question de distraire l’hyène pour se sauver à son tour de cet animal horrible qui la tient par le bout du nez.


Amaïchata, c’est aussi une grande capacité d’improvisation et de créativité. Selon les situations, elle arrive à trouver les mots pour adoucir et convaincre des esprits révoltés ou surchauffés. Enfin de compte, l’astuce produit les résultats escomptés. Maman chèvre et ses petits échappent bien à l’étau de l’hyène. 

En résumé, le conte présenté par celle qui a figuré dans la série à succès «Les rois de Ségou» du réalisateur malien Boubacar Sidibé démontre comment la force de l’oralité peut inverser les tendances les plus évidentes en désarmant un animal fort face à une petite proie. Amaïchata a fait ses premiers pas sur la scène avec le Groupe dramatique du Mali en 2010. Elle est comédienne dans la troupe «Kotéba national» depuis 2012.

Selon Amaïchata Salamanta,  elle est artiste comédienne, conteuse et musicienne car elle joue  quelques instruments de musiques comme le balafon, le N’goni. Selon l’artiste comédienne,  elle s’est facilement adaptée au conte grâce à sa tante du village qui leur racontait des contes dans le village permettant aux enfants d’apprendre la vie  et d’être mieux éduqués. C’est grâce à cette bonne éducation de sa tante du village qu’elle a vite appris l’art. 

Salamanta a bénéficié de l’encadrement et de l’accompagnement de la comédienne professionnelle, Mme Traoré Fanta Coulibaly, à travers sa troupe «Jigiya» dans laquelle elle a joué dans plusieurs sketches de sensibilisation et dans les créations d’Acte Sept.

Actrice dans les créations de la Troupe «Tobôji» de Kary Bogoba Coulibaly. Depuis quelques années, la comédienne a embrassé le métier de conteuse par amour pour les enfants. Cette comédienne et conteuse est la somme de plusieurs cultures. Bozo née Bozo de Ségou, elle grandira à Tombouctou. Du coup, elle a eu la possibilité de baigner dans la culture de trois ethnies de notre pays.

«C’est mon grand père qui s’est installé à Tombouctou», témoigne-t-elle. Son père qui tenait à sa culture d’origine l’amenait régulièrement en séjour à Ségou, ajoute la conteuse. Quant à son amour pour le conte, elle le tient de sa proximité avec ses différentes grandes mères.

Animatrice de l’émission «Cercle des enfants» sur la chaine Africable TV, elle a beaucoup voyagé en Afrique, notamment au Burkina, en Côte d’Ivoire, mais aussi en Europe, précisément en France «pour aller à la rencontre des enfants du monde entier», précise la conteuse afin de leur prêcher la bonne parole du conte.

Cette conteuse et comédienne organise chaque année à Bamako l’événement «La Nuit de la fraternité». Elle a également évolué dans nombreux films maliens entre autres : Cheitan de Assane Kouyaté en 2019, Retraite, une série télé de Issa Coulibaly en 2016,  Yèrèdonbougou de Boubacar Sidibé en 2016, Rapt à Bamako de Cheik Omar Sissoko en 2014, les Rois de Ségou de Boubacar Sidibé en 2014, et les Concession du Centre national cinématographique du Mali en 2013.

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Chefferie de Madina Kouroulamini : Sinè Diawara installé sur le trône

Dans ce village célèbre pour la rencontre annuelle des Diawara, ce patriarche de 87 ans succède à Yacouba Diawara, décédé en novembre dernier.

Lire aussi : Musique : La Foire aux disques le 24 septembre

À travers cette initiative, l’UAAPREM entend contribuer à la promotion de la musique malienne et analyser l’évolution de ses supports de consommation.

Lire aussi : Musique : VAN BAXY dépose définitivement le micro

Ce rappeur talentueux bien apprécié de ses fans était très engagé dans ses œuvres musicales. Il enseignait aussi souvent la morale dans ses airs entonnés avec une voix inimitable.

Lire aussi : Défilé de mode : Le «Made in Mali» met plein la vue

C’est dans le cadre de la promotion de la créativité locale et du savoir-faire des stylistes maliens qu’Akili Event a organisé, samedi dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le défilé de mode intitulé : «Faso élégance chic». Ce défilé de mode s’inscrit d.

Lire aussi : Théâtre : Le projet «éclat de plume» pour initier les jeunes

Le projet consiste à former 10 jeunes sur les 4 phases du théâtre; à savoir l’écriture, l’édition, jeux d’acteurs et création plus diffusion.

Lire aussi : Cinéma : Manden Sina, la vie et l’œuvre du dernier maître du Sinbi

C’est un film documentaire de grande qualité que Mahamadou Kotiki Cissé a montré jeudi dernier, en avant première aux professionnels. Intitulé « Manden Sina », ce docu-fiction a été projeté dans la salle du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM). En effet, cette structure .

Les articles de l'auteur

Cinéma : Manden Sina, la vie et l’œuvre du dernier maître du Sinbi

C’est un film documentaire de grande qualité que Mahamadou Kotiki Cissé a montré jeudi dernier, en avant première aux professionnels. Intitulé « Manden Sina », ce docu-fiction a été projeté dans la salle du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM). En effet, cette structure cinématographique entend, depuis quelques années revivre les « Projections techniques » qui consistent à soumettre les œuvres aux yeux experts des pairs..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 08 septembre 2026 à 10:07

Abdoulaye Konaté : « L’âme des signes » pavoise le musée national

Ces œuvres impressionnantes de beauté extraordinaire sont réalisées avec des morceaux de tissus colorés par les soins de l’artiste.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 04 septembre 2026 à 09:14

Manuscrits anciens : La bibliotheque Cheick Mouhamad Mouctar Minta logée de neuf

Le quartier de Somonosso de Ségou était particulièrement animé lundi dernier. En effet, femmes, jeunes, adultes et surtout notabilités, chefs de quartier, imams et maîtres coraniques ont rué vers le cœur de ce quartier populaire pour l’inauguration de cette bibliothèque de manuscrits anciens de la famille Minta..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 02 septembre 2026 à 08:38

Droit d’auteur : Une legère modification dans les règles

On le constate depuis quelques années maintenant, les artistes sociétaires du Bureau malien du droit d’auteur (Bumda) ou leurs ayants droit se bousculent aux portillons de l’établissement pour percevoir leurs droits d’auteurs. On parle beaucoup du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au sein des regroupements des créateurs..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 28 août 2026 à 09:55

Photographie : John Kalapo, lauréat de l’académie des beaux-arts

Le photographe est sélectionné parmi des dizaines de candidats dans le cadre du programme "Arts visuels" qui accueille chaque année 4 artistes du domaine. Il sera aussi probablement l’une des attractions de la 15è édition de la Biennale africaine de la photographie.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 août 2026 à 08:25

Harouna Samaké : Le visionnaire qui transforme le kamale N’Goni

Harouna Samaké est sans doute un artiste malien peu connu du grand public. Pourtant, depuis plus de deux décennies, il parcourt les scènes internationales avec son instrument : «le kamale n’goni». Cet ancien compagnon du célèbre musicien Salif Keïta, finira par créer son groupe avec des amis africains, européens et américains..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 03 juillet 2026 à 08:54

Moussa Bagayogo : le maître artisan donne une nouvelle dimension à l’indigo

Dans son atelier à Attbougou en Commune VI du District de Bamako, Moussa Bagayogo est très occupé à tester les couleurs ou les variantes du bleu sur différents morceaux de tissus en cotonnade..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:20

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner