Droits de l’Homme : Le Mali, pays pionnier et non pourfendeur

Cible d’un rapport au vitriol sur les questions des droits de l’Homme rédigé par Eduardo González, expert indépendant des Nations Unies pour les droits de l’homme, le Mali a dénoncé un document biaisé focalisé uniquement sur des allégations non recoupées.

Publié mercredi 09 avril 2025 à 07:46
Droits de l’Homme : Le Mali, pays pionnier et non pourfendeur

Respectueux des questions des droits de l’Homme depuis des siècles, notre pays rafraîchit les mémoires sur son statut de pays pionnier en la matière à travers la Charte de Kurukanfuga, adoptée en 1236. Elle a existé 712 ans avant la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948


 

Fin mars 2025, le Mali a pris part au «Dialogue interactif sur la situation des droits de l’Homme au Mali» organisé par le Conseil des Nations Unies sur les droits de l’homme. Cette session qui s’est tenue à Genève a été un cadre d’échanges sur le rapport de l’expert indépendant sur la situation des droits de l’Homme au Mali. Ce rapport a concerné la période du 4 avril au 30 novembre 2024.

De retour de Suisse, le ministre de la Justice, des droits de l’Homme, Garde des Sceaux a fait le point de sa mission au gouvernement lors du Conseil des ministres du vendredi 4 avril 2025. Mamoudou Kassogué a ainsi réaffirmé le désaccord du Mali avec le contenu du rapport de l’expert indépendant mandaté par l’ONU pour notre pays. «Mon rapport fait état d’une détérioration de la situation des droits humains», a insisté sans modestie aucune Eduardo González. Pire, dans le document du Péruvien sur la situation des droits de l’Homme dans notre pays, certaines lignes chargent directement les Forces armées maliennes accusées à tort de «violations des droits humains et du droit international humanitaire». Pourtant, la montée en puissance de l’Armée et les prouesses réalisées sur le théâtre des opérations sont louées et magnifiées par les populations civiles supposées subir les «violations de droits» dont le document onusien fait mention.

En mettant l’accent sur le soutien populaire des Maliens pour leur Armée qui engrange des faits d’armes sur les groupes terroristes armés, Mamoudou Kassogué a tenu à remettre les choses dans leur contexte tout en indiquant que la «vaillante Armée malienne», hautement professionnelle et multi-ethnique, remporte d’éclatants succès dans le strict respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire grâce au soutien inconditionnel des populations maliennes, à la mutualisation des moyens avec ses consœurs de la Confédération des États du Sahel (AES) et à l’appui de certains partenaires stratégiques. 

Auteur de ce rapport controversé, Eduardo Gonzalez parle également d’un contexte politique où l’espace civique se rétrécit avec des mesures, à ses yeux, limitant les libertés d’expression, d’association et de manifestation pacifique. «Relativement à l’espace civique, contrairement aux allégations infondées du rapport, la liberté d’expression est consacrée et s’exercice librement au Mali.  À la date d’aujourd’hui, il n’y a aucun journaliste ni un quelconque citoyen en prison en raison respectivement de l’exercice de sa profession et de ses opinions sauf si lorsque ceci s’accompagne de la commission de faits infractionnels.



Mamoudou Kassogué, ministre chargé de la Justice

Dans cette hypoth
èse, la préservation de l’ordre public et la protection de l’honneur et de la dignité des citoyens qui en sont victimes deviennent des impératifs pour tout État responsable», a répliqué le ministre Kassogué. Dénonçant un rapport biaisé de façon générale, le ministre chargé de la Justice a déclaré que c’est un document essentiellement à charge et basé sur des informations non recoupées. Il a ainsi saisi l’occasion pour réaffirmer une vérité historique : le Mali reste respectueux de ses engagements internationaux, disposé à veiller au respect des droits de l’Homme et à coopérer avec tous les mécanismes des droits de l’Homme dans le strict respect de sa souveraineté et de ses intérêts vitaux.

 

LES AVANCÉES RÉELLES- Le Garde de Sceaux a marqué cependant le désaccord de notre pays avec la politisation et l’instrumentalisation des questions de droits de l’Homme. C’est ainsi qu’il a rappelé la «riche et prestigieuse» histoire du Mali qui se pose comme un véritable précurseur en matière de respect des droits de l’Homme pour avoir posé les jalons des règles de gestion de la vie en société avec la création de la Charte de Kurukanfuga. Cette Charte, également appelée Charte du Mandé, date de 1236 et constitue l’une des premières déclarations des droits de l’Homme à travers le monde. Elle est beaucoup plus ancienne que celle élaborée par l’Organisation des Nations unies qu’est la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen qui n’a été adoptée qu’en 1948. La Charte de Kurukanfuga a ainsi régi la vie en société pendant 712 ans avant celle de l’ONU.

Faisant partie des plus anciennes Constitutions du monde durant des siècles même si elle était sous la forme orale, la Charte de Kurukanfuga prône la paix sociale dans la diversité, l’inviolabilité de la personne humaine, l’éducation, l’intégrité de la patrie, la sécurité alimentaire, l’abolition de l’esclavage par la razzia, la liberté d’expression et d’entreprise. Des valeurs dont le Mali ne s’est jamais départi comme l’a rappelé Mamoudou Kassogué. «Le Mali sait ce que signifient les droits de l’Homme et la dignité de la personne humaine. Nous nous employons au quotidien à les respecter et à les faire respecter à travers les différents projets et programmes que nous conduisons dans tous les secteurs d’activités y compris dans la sécurité et la lutte contre le terrorisme qui est imposé à notre pays et financé par qui nous savons», a-t-il insisté.

Rappelant le statut de pays pionnier qu’est le Mali en matière de respect des questions des droits de l’Homme, le ministre a indiqué que la participation du Mali à la session du Conseil des droits de l’Homme a permis de déconstruire beaucoup de contrevérités sur notre pays et d’affirmer sa vision de la question des droits de l’Homme et du rôle des différents mécanismes de promotion et de protection des droits de l’Homme. «Dans leurs interventions, les représentants des États et des différentes organisations ont pour la plupart reconnu les efforts de notre pays, tout en l’encourageant à améliorer la prise en charge de certaines questions et en invitant la Communauté internationale à l’accompagner», a rapporté le Garde de Sceaux. 

Dans ses reproches à l’auteur d’un rapport qu’il estime ne pas refléter du tout la réalité de notre pays, le ministre Kassogué a dénoncé l’attitude de ce dernier de ne faire mention ni des avancées réalisées et réelles par le Mali ni des propositions de mesures d’assistance. Face à cet état de fait, il a rappelé que la Justice malienne est résolument engagée dans la lutte contre l’impunité et mène une lutte implacable contre la corruption, l’esclavage et les pratiques assimilées, les violences basées sur le genre et les violations du droit international de l’Homme et du droit international humanitaire, entre autres. 

Alassane Cissouma

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