#Mali : Moutons de Tabaski : Timide affluence sur les marchés

Cette situation est due à plusieurs facteurs. Les marchands dénoncent le prix élevé des aliments bétail, les tracasseries au niveau des postes de contrôle et les frais élevés du transport des bêtes

Publié lundi 10 juin 2024 à 16:21
#Mali : Moutons de Tabaski : Timide affluence sur les marchés

Les prix des montons varient entre 75.000 et 300.000 Fcfa

 

 

Les marchés à bétail de la capitale souffrent d’une maigre affluence des clients. Mercredi matin, aux alentours de 10 heures, le marché à bétail de Sabalibougou, niché en plein cœur de la Commune V du District de Bamako, était en effervescence. Les marchands de bétail, prompts à nous accueillir dès l’arrivée de notre véhicule de reportage, témoignaient d’une activité intense mais contrastée. Ici, les moutons sont nombreux, mais les clients se font rares, créant une atmosphère de désir et d’attente palpable sur le marché.

Dans une ambiance étouffante, imprégnée d’une odeur nauséabonde, des rangées de moutons de toutes les tailles et de toutes les couleurs s’étirent à perte de vue. Les prix des bêtes fluctuent selon leur taille, leur poids et leur qualité, reflétant les conditions du marché et les préoccupations financières des acheteurs. Un sentiment de désarroi se lit déjà sur les visages de certains marchands de bétail. Ils expriment leur inquiétude quant à la difficulté d’obtenir des moutons cette année, en raison des défis posés dans le fin fond des brousses d’approvisionnement en bétails.   

Malgré l’accessibilité relative des prix, la concurrence reste féroce sur le marché, exacerbée par la cherté de l’alimentation du bétail et les coûts de transport élevés. Du marché à bétail de Sabalibougou à celui de Lafiabougou en passant par Djikoroni Kôda, le constat est le même : l’abondance d’animaux cohabite avec une pénurie de clients. Sur ces marchés, les marchands de bétail sont plus nombreux que les potentiels acheteurs. Ces derniers attendent soit à cause du manque de liquidités, d’espace pour garder les moutons ou des dépenses excessives liées à l’achat d’aliments bétail. C’est le cas de l’enseignant Fousséni Traoré qui espère s’approvisionner à la veille de la fête.

Contrairement à l’année précédente, les prix des moutons sont relativement stable cette année, assure Moussa Diallo, l’un des marchands de bétail de Sabalibougou. Sur ce marché la plupart des moutons proviennent essentiellement des Régions de Mopti, Douentza, San, Koutiala et Ségou, souvent dans des conditions de transport difficiles. Cependant, la situation sécuritaire dans ces zones semble s’être stabilisée. Ce qui a contribué à une légère baisse des prix, explique Amadou Coulibaly, un autre marchand de bétail. Les prix de ses montons varient entre 75.000 et 300.000 Fcfa.

Pour le moment, le marché n’est pas florissant pour Sidiki Coulibaly. Ce revendeur d’animaux a quitté la Région de Bla avec 70 têtes dans l’espoir de les écouler rapidement au marché de Sabalibougou avant de retourner chercher d’autres moutons. «Depuis hier (mardi dernier), je suis arrivé ici avec les moutons et j’ai du mal à les écouler faute de clients. Le même cas s’est produit l’année dernière où la plupart des revendeurs sont retournés avec des moutons invendus», se souvient le commerçant.

Il appelle les clients à venir et à ne pas avoir peur des prix. Ces moutons sont cédés entre 80.000 et 300.000 Fcfa. Comme la plupart des revendeurs, le commerçant se plaint aussi de la cherté de l’aliment bétail dont le prix du sac varie entre 13.000 et 15.000 Fcfa. C’est ce qui a d’ailleurs, selon lui, fait grimper le prix des moutons. 

 

TRACASSERIES ROUTIÈRES- Certains éleveurs doivent faire face à des voyages longs et difficiles, parfois jusqu’au niveau des frontières pour obtenir du bétail. Le président du marché à bétail de Sabalibougou, Habibou Dénon, explique que cette année, le marché des moutons n’est pas abordable à cause de l’accès difficile dans les zones d’approvisionnement des moutons. «Quand les marchands à bétail se rendent dans les brousses pour chercher des animaux, ils sont souvent confrontés aux tracasseries routières avant leur retour. À chaque poste de contrôle, ils sont parfois obligés de débrousser la somme de 500 Fcfa pour chaque bête», fait savoir Habibou Dénon.

Ces facteurs, selon le commerçant, jouent considérablement sur le prix des animaux. Il demande le soutien des autorités pour faciliter le transport des animaux afin que les prix des moutons connaissent une baisse. «Le marché sera suffisamment ravitailler. Et d’autres moutons sont en cours de route. Beaucoup d’éleveurs gardent les moutons en brousse par peur de l’achat d’aliments bétail», explique le président du marché à bétail de Sabalibougou.

Le patriarche indique que les prix des moutons varient sur le marché entre 60.000 et 250.000 Fcfa en fonction des moyens de chaque client. Il explique la faible affluence des clients par le manque d’argent ou d’endroits pour garder les animaux. Sans oublier l’achat d’aliments bétail et les maladies d’animaux. Pourtant, la situation semble angoissante pour les marchands malgré leur optimisme avant la fête. Par ailleurs, Habibou Dénon se réjouit de dire que pour le moment, aucun marchand de son groupement n’a été victime d’attaques terroristes.  Sauf que, les coûts de transport du bétail ont augmenté, cette année passant de 1.000 à 1.500 Fcfa et même parfois à 2.000 Fcfa pour chaque tête.

 

PROBLÈME D’INSÉCURITÉ- Depuis plus de 15 ans, Younouss Maïga revend des animaux sur le marché à bétail de Djicoroni Kôda. De son côté, il déplore le ralentissement du marché et le prix exorbitant des montons à la vente. En outre, le commerçant prévient que cette année, les moutons ne seront pas autant nombreux sur le marché à cause de l’insécurité dans certaines zones d’approvisionnement dont les marchands villageois sont régulièrement agressés ou assassinés en cette période par des bandits armés. «Cette année, pour avoir un bon bélier pour la Tabaski, il faut débourser au minimum la somme de 100.000 Fcfa», laisse-t-il entendre.

Malgré les rumeurs d’attaques dans certaines zones de ravitaillement, Aly Diallo, marchand au marché à bétail de Djikoroni Kôda reste optimiste. «Nous continuons notre travail car c’est notre gagne-pain. Cette année, certains d’entre nous ont été volés à plusieurs reprises, mais nous restons déterminés à faire face à ces défis pour espérer des jours meilleurs», affirme-t-il. 

Malgré la méfiance, avec le peu de mouton qu’ils disposent sur le marché, l’esprit de camaraderie et d’espoir persistent parmi les éleveurs et revendeurs. Chacun est déterminé à tirer le meilleur parti de cette période festive.

 

Makan SISSOKO

Lire aussi : Tianjin (Chine) : ouverture du Salon mondial de L’IA

C’est l’un des plus grands événements chinois dédiés à l’Intelligence artificielle (IA), à la robotique et l’industrie intelligente. Un lieu d’exposition, d’échanges d’expériences interactives. La dixième édition du Salon mondial de l’IA s’est tenue, vendredi dernier, à .

Lire aussi : DEF : La ministre Assa Badiallo Touré et deux de ses collègues lancent les épreuves sur la rive droite

Le Centre d’examen Daoudabougou 5 relevant de l’Academie d’enseignement Rive droite de Bamako accueille 320 candidats qui affrontent les épreuves du Diplôme d’études fondamentales (DEF). Cet examen de fin d’année scolaire a été lancé, hier sur cette rive droite, par la ministre de l.

Lire aussi : DEF : Les épreuves écrites démarrent dans le calme

Cette année, 333.444 candidats sont inscrits à cet examen de fin d’année sur toute l’étendue du territoire national. Ils sont repartis dans 2.231 centres d’examen. Le coup d’envoi a été donné, hier, par le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, au centre d’exam.

Lire aussi : Visite du ministre burkinabé de la Sécurité: Lancement officiel de la carte biométrique AES Burkina Faso

En séjour à Bamako, le ministre de la Sécurité du Burkina Faso, le Commissaire divisionnaire de police, Mahamadou Sana, a procédé, hier, au lancement officiel des travaux d’enrôlement de la carte d’identité biométrique AES (CIB-AES) de son pays..

Lire aussi : 10è session ordinaire du Cesec : A l’heure du bilan

Cette session, dixième du genre, est la dernière de la 6è mandature qui s’achèvera en juillet 2026. L’institution va ainsi entamer une nouvelle ère conformément aux dispositions de la Constitution du 22 juillet 2023.

Lire aussi : «Ma vie, mon destin : Une école de résilience» : Une muse pour les futures générations

Notre pays traverse une période de crises sécuritaire et énergétique. Le maitre-mot demeure la résilience grâce à laquelle notre peuple fait face à de nombreuses épreuves. En ce moment de grands défis, le livre autobiographique intitulé :«Ma vie, mon destin: Une école de résilience» v.

Les articles de l'auteur

Forum panafricain des médias : Une vingtaine de pays africains attendus à Bamako

Du 3 au 6 juin prochain, Bamako accueillera la première édition du Forum panafricain des médias (FOPAME), placé sous la haute présidence du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta. Organisé par la Maison de la Presse du Mali, l’événement réunira des professionnels des médias venus d’une vingtaine de pays africains, avec le Royaume du Maroc comme invité d’honneur..

Par Makan SISSOKO


Publié mardi 02 juin 2026 à 08:33

Travaux de curage des collecteurs et caniveaux : Les ministres de l’Assainissement et des Infrastructures sur le terrain

Une semaine après le lancement officiel des opérations de curage des collecteurs et caniveaux dans le District de Bamako, les autorités intensifient le suivi des travaux en vue de prévenir les risques d’inondation durant l’hivernage..

Par Makan SISSOKO


Publié vendredi 22 mai 2026 à 08:22

Presse en ligne : La HAC lance la régularisation des Web-Radios et Web-TV à partir du 1er juin

Dans un communiqué rendu public ce 20 mai 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) informe les acteurs de la presse en ligne, notamment les promoteurs de Web-Radios et de Web-TV, que l’opération de régularisation de la situation administrative et juridique de leurs médias débutera le lundi 1er juin 2026..

Par Makan SISSOKO


Publié jeudi 21 mai 2026 à 06:13

49e commémoration de la disparition de Modibo Keïta : La Nation rend hommage au père de l’indépendance

Le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a procédé ce samedi 16 mai 2026 au dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe du Président Modibo Keïta, au nom du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta..

Par Makan SISSOKO


Publié samedi 16 mai 2026 à 13:13

Curage des collecteurs et caniveaux : Près de 770 km concernés à travers le pays

La ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, a procédé ce jeudi 14 mai 2026 au lancement des travaux de curage des collecteurs et caniveaux au titre de 2026. La cérémonie s’est tenue au terrain Chaba à Lafiabougou en Commune IV du District de Bamako..

Par Makan SISSOKO


Publié jeudi 14 mai 2026 à 14:55

Région de Gao : Les FAMa détruisent un véhicule et du matériel logistique des terroristes à Amasrakad

L’État-major Général des Armées a annoncé, ce lundi 11 mai, qu’une opération de neutralisation a été menée avec succès dans la région de Gao, précisément à Amasrakad, au nord-est de la ville..

Par Makan SISSOKO


Publié lundi 11 mai 2026 à 14:59

Après les attaques du 25 avril : Le monde rural appelé à la vigilance et à la résilience

Dans un contexte marqué par les attaques terroristes simultanées perpétrées le 25 avril dernier à Bamako, Kati, Sévaré, Gao et Kidal, les autorités multiplient les initiatives de sensibilisation afin de rassurer les populations et d’éviter toute psychose..

Par Makan SISSOKO


Publié lundi 11 mai 2026 à 08:13

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner