Ce lot d’équipements est composé de 10 hache-pailles et 25 broyeurs
Le ministre de l’Élevage et
de la Pêche, Youba Ba, a remis, vendredi dernier, des équipements de
transformation et de conservation de fourrages au profit des organisations
professionnelles d’élevage. La cérémonie de remise symbolique au président de
l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), Sanoussi
Bouya Sylla, s’est tenue dans la cour de la direction des finances et du
matériel (DFM) de l’Agriculture. C’était en présence du directeur général des
productions et industries animales (Dnpia), Diakalia Ouattara, et des
représentants des organisations professionnelles d’élevage.
Ce lot d’équipements,
financés entièrement sur le budget national pour un montant de 78 millions de
Fcfa, est composé de 10 hache-pailles et 25 broyeurs. Ils sont destinés aux
éleveurs et agro-éleveurs des Régions de Kayes, Nioro, Koulikoro, Bougouni,
Sikasso, Ségou et le District de Bamako.
Ces dons visent à optimiser le
disponible fourrager à travers sa transformation et sa conservation dans les
meilleures conditions. Aussi ces équipements permettront-ils de broyer la paille
afin de faciliter l’ingestion et la digestion pour être plus utile à l’animal.
À travers cette initiative, le département en charge de l’Élevage ambitionne de
mettre à l’échelle la production de fourrages en quantité et en qualité comme
alternative à l’aliment bétail industriel qui a l’inconvénient d’être très cher
pendant la période de soudure.
Le Mali est par excellence
un pays d’élevage qui se classe au premier rang des pays de la zone de l’Union
économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Selon le ministre de l’Élevage
et de la Pêche, la pratique de l’élevage occupe 80% de la population et
constitue la principale source de revenus pour plus de 30%. En matière de
recettes d’exportation, le bétail est le troisième produit d’exportation après
l’or et le coton. Malgré ces potentialités, la productivité de nos élevages
demeure encore faible et loin de satisfaire les besoins croissants de la
population. Ce qui rend, selon Youba Ba, les produits de l’élevage plus chers
pendant certaines périodes de l’année.
La contrainte majeure à la
production et la productivité, c’est bien l’insuffisance alimentaire des
animaux pendant la saison sèche. «Le fourrage s’appauvrissant en cette période
ne permet plus de combler les besoins nutritifs des animaux pour qui les
compléments nutritifs deviennent indispensables. Ce qui conduit à un
renchérissement du coût de production, qui se répercute alors sur les prix de
la viande et du lait», a expliqué le ministre. C’est pour cette raison que son
département met l’accent sur la diffusion des cultures fourragères dans
l’optique de disposer de fourrages de qualité en toutes saisons.
«L’alternative à notre portée, c’est la production de fourrages cultivés», a
déclaré Youba Ba, ajoutant qu’il y a une gamme de semences de cultures
fourragères que la Dnpia met à la disposition des éleveurs chaque année. Il a
également instruit la Dnpia pour le suivi rapproché de l’utilisation de ces
équipements.
Au nom des bénéficiaires, le président de l’Apcam a souligné la spécificité de l’évènement par le fait que les équipements ont été entièrement acquis sur le budget national. Sanoussi Bouya Sylla a encouragé cette initiative. Et d’espérer l’acquisition, dans les années prochaines, d’équipements plus performants pour permettre la création de fermes professionnelles dans notre pays.
«Nous perdons beaucoup de résidus agricoles que nous n’arrivons pas à valoriser faute de moyens techniques et de matériels adéquats», a souligné le président de l’Apcam. L’un des temps forts de la cérémonie a été la démonstration de broyage de paille par les machines.
Makan SISSOKO
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