Spécial 22 septembre, Universités régionales : Un grand pas vers l’opérationnalisation

Le processus de création des universités de Sikasso, Gao et Tombouctou enregistre des avancées avec l’élaboration des plans des bâtiments et des textes de création des structures universitaires. Les autorités sont décidées à prendre le taureau par les cornes

Publié mercredi 20 septembre 2023 à 18:18
Spécial 22 septembre, Universités régionales : Un grand pas vers l’opérationnalisation

 Pr Badié Diourté, doyen des coordinateurs des Universités de Sikasso, Gao et Tombouctou


 Les autorités de la Transition ont décidé de donner un coup d’accélérateur au processus de création des universités régionales à Sikasso, Gao et Tombouctou. Elles ont dépoussiéré ce dossier qui dormait dans un tiroir depuis 2015. Ainsi, un projet de création des universités de Sikasso, Gao et Tombouctou a été adopté par le Conseil des ministres en mars 2022. Et deux mois plus tard (juin 2022) par le Conseil national de Transition (CNT). Depuis, les activités d’opérationnalisation de ces institutions de formation connaissent des avancées majeures.


Le doyen des coordinateurs des activités d’opérationnalisation de ces universités explique que le marché des études architecturales de l’Université de Sikasso a été attribué à un cabinet d’architecture et l’élaboration des plans des bâtiments a même commencé. Pr Badié Diourté précise que l’Université de Sikasso pourra accueillir 20.000 étudiants. Il est prévu de la bâtir sur une superficie 400 hectares dans la Commune rurale de Gongasso.



En réponse à une incessante demande des Sikassois, fait-il savoir, une dizaine de structures, notamment des facultés, instituts et centres, verront le jour. à titre d’exemple, il y aura l’École supérieure polytechnique de Sikasso (ESPS), la Faculté des sciences agronomiques  (FSAV), la Faculté des sciences de la santé (FSS), l’Institut universitaire des sciences de la santé (IUSS), l’Institut universitaire de technologie (IUT), l’Institut des arts (IDA), le Centre de télé-enseignement (CT-US) et le Centre de formation continue (CFC). Pr Badié Diourté affirme que des démembrements de l’Université de Sikasso sont prévus à Bougouni et Koutiala. Selon l’enseignant-chercheur, ces derniers pourraient être des embryons pour ces anciens cercles qui sont aujourd’hui devenus régions.


L’universitaire explique que l’Université de Tombouctou sera construite sur une superficie de 2.000 hectares avec une capacité d’accueil de 5.000 étudiants. Elle sera composée de la Faculté des langues, des sciences humaines et des sciences islamiques (FLASHI), de la Faculté des sciences et techniques agricoles et environnementales (FSTAE), de l’Institut des arts et métiers traditionnels (IAMT) et de l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba de Tombouctou (Iheri-ABT), déjà opérationnel.


Pour ce qui concerne l’université de Gao, elle sera bâtie sur 1.500 hectares et pourrait accueillir 25.000 étudiants. Ceux-ci, explique Pr Badié Diourté, pourront choisir entre la Faculté des sciences et techniques (FST), la Faculté d’agriculture, d’élevage et de pêche (FAEP), la Faculté de médecine humaine (FMH) et la Bibliothèque universitaire centrale.

Notre interlocuteur ajoute que l’Université de Gao sera dotée d’un village universitaire comprenant des infrastructures éducatives (préscolaire, primaire et secondaire), culturelles (centre de conférence international, gymnase, etc.), économiques (centre commercial, hôtels, etc.) et des logements.


L’enseignant-chercheur explique que la création des universités régionales permettra aux étudiants d’étudier dans leur région d’origine. Une situation, dit-il, qui pourrait résoudre les problèmes de logement. Sur le plan économique, ces universités créeront des emplois qui vont contribuer à l’amélioration des conditions socioéconomiques des populations, explique le doyen des coordinateurs.

 

UNIVERSITES DE KAYES ET BANDIAGARA- Les autorités de la Transition ont décidé de doter les régions de Kayes et de Bandiagara en structures universitaires. Depuis cette annonce forte du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, le 23 juillet dernier, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique travaille d’arrache-pied pour réunir les conditions de création de ces infrastructures. Dans cette démarche, le département a mis en  place des missions universitaires pour la coordination des activités d’opérationnalisation de ces futures universités, notamment l’élaboration des textes de création.


Le secrétaire général adjoint de la Fédération nationale des parents d’élèves et étudiants du Mali (Fenapeem) apprécie l’initiative de déconcentration des structures universitaires. Daouda Sacko indique que la gestion des flux d’étudiants reste une grosse épine dans le pied des autorités universitaires. Cette préoccupation, regrette-t-il, a des répercussions sur la qualité de l’encadrement. «Si des universités doivent être créées, nous pensons que ça exige des réflexions plus poussées pour que les infrastructures, la composition du corps professoral et l’administration universitaire répondent aux normes», soutient-il, avant d’ajouter que ces universités régionales ne doivent pas souffrir du même mal que les universités actuelles où les étudiants mettent plus de temps qu’il n’en faut pour décrocher une licence, un master par exemple.



 «Cela nous pèse trop sur la conscience de voir nos enfants devenir des étudiants de carrière par la faute du système. On est obligé de les entretenir pendant tout ce temps», martèle l’enseignant. Pour lui, il est clair que les autorités doivent pallier la mauvaise organisation des structures de formation en vue d’éviter que les étudiants ne perdent trop de temps à l’université en ratant les opportunités de concours.

Daouda Sacko souligne que les nouvelles universités doivent offrir des opportunités de formation dans les filières porteuses. Et de rappeler la nécessité de créer des universités de pointe pour les étudiants excellents afin qu’ils mettent leur intelligence au service du pays. «Nous pensons que les filières vont répondre aux besoins de ces régions. Par exemple à Kayes, on peut faire des universités qui favorisent la recherche minière ou le développement minier», conseille-t-il. Et d’affirmer que la Fenapeem salue l’initiative du président de la Transition portant sur l’organisation des états généraux sur l’éducation.


Le secrétaire général adjoint espère que ces assises apporteront des réponses à la question de savoir : quel type de formation, il nous faut ? Parlant des avantages de la diversification des sites de formations universitaires, le parent d’étudiant cite la fin du problème de l’éloignement du cadre familial pour les étudiants des régions. Quand ces universités verront le jour, estime-t-il, les étudiants régionaux auront la chance de rester auprès de leurs familles. «C’est stimulant et bon psychologiquement pour l’étudiant et la famille», insiste le professeur de l’école normale supérieure de Bamako (ENSUP).   


Le Bureau de coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) accueille la création des universités régionales avec une grande satisfaction. Son secrétaire administratif et porte-parole explique que son organisation a toujours fait le plaidoyer pour l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants. Une amélioration qui passe, dit-il, par la mise en place d’infrastructures permettant d’accueillir les apprenants partout dans notre pays.

 En plus du désengorgement des universités de Bamako, cite-t-il, c’est une opportunité pour les jeunes d’avoir accès aux études étant dans leurs régions. Mamadou Maïga pense que certains étudiants régionaux vivent dans des conditions pitoyables au niveau des campus universitaires de faible capacité d’accueil et mal équipés.



 Le responsable de l’AEEM évoque aussi les maigres bourses et les grèves récurrentes qui prolongent l’année universitaire inutilement. Le porte-parole du bureau de coordination de l’AEEM est persuadé que la création des nouvelles universités apportera une bouffée d’oxygène dans la gestion des problèmes au niveau des universités. Ce qui permettra de soulager étudiants, parents et autorités.

Mohamed DIAWARA

Lire aussi : Inclusion financière : Les cadres des SFD à l’école du droit Ohada

Des cadres des Systèmes financiers décentralisés (SFD) sont réunis depuis hier, dans un hôtel de Bamako, pour une session de formation sur le droit de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) relatif aux sociétés et coopératives..

Lire aussi : Ramadan : la société CMM SA offre 12 tonnes de riz et 12 tonnes de sucre aux populations riveraines

Au-delà de ses activités industrielles, l’entreprise Ciments et Matériaux du Mali (CMM SA) perpétue sa tradition de solidarité à l’occasion du mois béni de Ramadan..

Lire aussi : Enseignement supérieur au Mali : À l’aune de la Refondation de l’État

Le maître de conférences à l’Université Yambo Ouologuem de Bamako (UYOB) diagnostique l’enseignement supérieur au Mali, en évoquant les contraintes liées à la création de l’Université, au passage du système Licence-master-doctorat (LMD) et à son adaptation au contexte de renouveau..

Lire aussi : Kati : Le ministre Sadio Camara rompt le jeûne avec ses voisins

Le ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Général de corps d’armée Sadio Camara, a respecté, le lundi dernier sur le terrain de football de Kati Sananfara Extension, la tradition pour la troisième fois en prenant part à l’opération de rupture collective.

Lire aussi : Modibo Mao Makalou : «Le code minier de 2024 fait bondir les recettes minières de l’État de 547 à 835 milliards de Fcfa»

Le secteur minier malien connait d’importantes réformes à travers un nouveau code qui prévoit un contenu local afin que l’or puisse briller pour tous les Maliens. Le secteur stratégique des mines contribue déjà fortement au budget national. Dans ce décryptage, l’économiste Modibo Mao M.

Lire aussi : Le ministre Alhamdou Ag Ilyène partage l’iftar avec Des fidèles à Sogoniko

Il est 18 heures 30 au Complexe sportif des jeunes de Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako. Le lundi 22 février correspondant à la 6è journée du mois de Ramadan, le lieu s’est mué en un restaurant à ciel ouvert..

Les articles de l'auteur

«Sunkalo solidarité» 2026: 600 Tonnes de riz offertes aux démunis

L’opération permettra aussi au gouvernement d'organiser des soirées de rupture collective de jeûne, la distribution gratuite de repas et des prières collectives. à la veille de la fête de Ramadan, il y aura également la distribution de kits comprenant des vêtements et des chaussures, ainsi que des consultations médicales gratuites.

Par Mohamed DIAWARA


Publié lundi 23 février 2026 à 08:52

Mali: Le gouvernement offre 600 tonnes de riz aux démunis

Le Premier ministre le général de division Abdoulaye Maïga a lancé ce vendredi 20 février 2026 au terrain de sport ASKO à Korofina, la 3è édition de l'opération Sunkalo solidarité..

Par Mohamed DIAWARA


Publié samedi 21 février 2026 à 09:42

Dr Khalifa Sy Diop : Une intelligence au service de l’investissement au Mali

La diaspora malienne prêche par l’exemple sa volonté d’investir au bercail. Le cas de Dr Khalifa Sy Diop est plus parlant. C’est à l’occasion du 70è anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains et du lancement de l’année des échanges humains et culturels sino-africains que ce jeune expatrié malien a retenu l’attention pour sa contribution active à la promotion de l’investissement dans notre pays..

Par Mohamed DIAWARA


Publié jeudi 19 février 2026 à 08:56

Mali : Les horaires de travail changent

Cette mesure s'inscrit dans le cadre de l'application des dispositions de l'Arrêté n°2011-2991/MTFP-SG du 25 juillet 2011 portant modification des horaires de travail pendant le mois de Ramadan..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 18 février 2026 à 16:44

Fonction publique : Des innovations majeures en gestation

Elles vont offrir notamment une grille salariale attractive, mettre fin à la notation subjective des fonctionnaires et à la prise successive des positions de détachement et de disponibilité. Mais surtout diminuer les bras de fer juridiques opposant l’administration publique et ses agents.

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 18 février 2026 à 09:07

Université de Ségou : La qualité de l’encadrement pédagogique en hausse

En 2025, l’Université de Ségou a renforcé son corps enseignant de rang magistral. Sur 16 candidats présentés à la Commission nationale d’établissement des listes d’aptitude (Cnela) 2025, 13 ont été admis, soit un taux de réussite de 81,25%, comprenant 11 maîtres de conférences, un professeur et un maître de recherche..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 17 février 2026 à 08:33

Mali: Les deux dernières journées des épreuves des concours de la Fonction publique d'État

Les épreuves des concours directs d'entrée à la Fonction publique d'État prennent fin ce week-end..

Par Mohamed DIAWARA


Publié samedi 14 février 2026 à 11:55

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner