Des administrateurs de la société lors du conseil d’administration
En juillet dernier, le ministre Diallo avait effectué une mission à Sukala et N’Sukala. Il avait constaté énormément de disfonctionnements dans la structure de ces deux entreprises. Plusieurs recommandations avaient alors été formulées pour les corriger et permettre à ces usines de jouer pleinement leurs rôles dans l’approvisionnement du pays en sucre. Ainsi, cette session du conseil d’administration était l’occasion de procéder à une évaluation de la mise en œuvre des recommandations faites. Selon Moussa Alassane Diallo, la première recommandation portait sur la gouvernance de Sukala. Cette gouvernance, a-t-il rappelé, repose sur le conseil d’administration qui a la responsabilité de définir les orientations stratégiques de l’entreprise et d’assurer l’évaluation de l’activité de la direction générale. Il doit également suivre et évaluer toutes les procédures de gestion de l’entreprise.
La deuxième recommandation concerne la direction générale. À ce sujet, le ministre a tenu à rappeler que le directeur général adjoint est nommé par le gouvernement et qu’il ne peut pas être, par conséquent, un employé du directeur général de Sukala. «Ils sont collaborateurs et, à ce titre, ils ont les mêmes responsabilités à assumer. En cela, nous avons rappelé, à travers une feuille de route, toutes les missions dédiées au directeur général adjoint», a déclaré Moussa Alassane Diallo.
Quant à la troisième recommandation, elle a trait à la situation du commissariat aux comptes qui assure la certification des comptes de Sukula. La problématique à résoudre ce niveau, d’après le ministre, est que ce commissariat doit travailler sur des documents fournis par le directeur général et le directeur financier qui sont tous les deux des Chinois.
Aussi, la comptabilité est ténue en chinois. « Comment le commissariat aux comptes va certifier des comptes tenus en chinois à partir du moment où le commissaire aux comptes lui-même ne parle pas chinois», s’est interrogé le ministre en charge de l’Industrie. Pour lui, il faut que le commissaire ait une version française des états financiers et des rapports d’activités.
Moussa Alassane Diallo a également abordé la question de la production de Sukala et de N-Sukala. Les deux entreprises produisent moins de 100.000 tonnes, ce qui représente moins du tiers de la consommation nationale. Pour le ministre, il est incompréhensible que notre pays soit encore incapable d’assurer son autonomie en production de sucre, alors qu’il regorge d’énormes potentialités. «Nous avons besoin aujourd’hui de bâtir un schéma de sortie définitive de crise sucrière sur les différents marchés», a-t-il déclaré.
Le ministre Diallo ajoutera que cela va passer par deux mécanismes déjà mis en place. Dans un premier temps, il sera menée une étude d’évaluation du potentiel de production pour définir des objectifs de production. Et le deuxième mécanisme consiste à évaluer les performances industrielles des deux usines. «Sur la base des aménagements de terres et la performance industrielle, nous nous fixons un programme de production de plus de 300.000 tonnes de sucre pour les trois prochaines années», a annoncé le ministre. Et de précise que 150.000 tonnes seront produites durant la campagne 2024-2025.
Rédaction Lessor
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