L’approvisionnement correct des Régions de Tombouctou, Gao, Ménaka et Kidal ne doit pas être interrompu à cause des tensions entre notre pays et l’Algérie suite à la destruction d’un drone des Forces armées maliennes. C’est l’engagement pris par le ministre de l’Industrie et du Commerce. Moussa Alassane Diallo a rencontré hier dans la salle de conférence de son département les opérateurs économiques du pays.
L’objectif de cette rencontre est d’anticiper sur un certain nombre de conséquences de cette tension diplomatique. Le ministre chargé du Commerce a ainsi échangé avec les acteurs économiques sur l’approvisionnement correct et régulier de ces régions à travers la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation. Les acteurs entendent mutualiser leurs moyens pour faire face à toute pénurie éventuelle de denrées de première nécessité dans ces quatre régions.
Le chef du département en charge du Commerce a expliqué que cette réunion permettra de réfléchir sur la mise en place d’une coordination des opérateurs économiques et de son département à apporter des réponses appropriées de façon à assurer la fourniture régulière des régions de la partie septentrionale de notre pays dans les prochains jours.
Lors des échanges, les opérateurs privés ont insisté sur un schéma opérationnel que notre pays doit mettre en place en termes d’organisation, de coordination et d’actions qui permettra d’assurer l’approvisionnement correct de ces régions et de mettre également en place un mécanisme conjoint secteur privé et le département en charge du Commerce pour assurer le suivi de toutes les actions qui vont être décidées et mises en place de façon à assurer la sécurité alimentaire.
L’objectif de cette rencontre est d’anticiper sur un certain nombre de conséquences de cette tension diplomatique
À sa sortie de cette réunion, le président de la délégation régionale de la Chambre de commerce et d’industrie (Ccim) de la Région de Tombouctou a remercié le gouvernement de la Transition pour avoir convoqué cette réunion vue l’urgence de la situation dans laquelle vivent aujourd’hui les opérateurs économiques des Régions du nord. «Aujourd’hui, nous commençons à manquer des denrées de première nécessité et de carburant donc, il faut agir rapidement. Le grand problème dont nous souffrons, c’est l’essence. Le prix connaît une grande hausse dans les régions du nord et commence à y manquer», a déclaré Elhadji Firhoun.
Le président de la Ccim de Tombouctou ajoutera que les acteurs ont demandé d’approvisionner les régions du nord à partir du centre du pays. Pour y arriver, dira-t-il, les autorités devront prendre toutes les dispositions pour sécuriser les axes routiers reliant les régions du nord et celles du centre, en attendant qu’il y ait une possibilité d’approvisionner notre pays à partir du Niger, un pays plus proche des régions de Gao et Ménaka.
Pour ce qui concerne la Région de Tombouctou, l’approvisionnement sera plus facile à partir de la Région de Mopti, a fait savoir Elhadji Firhoun. Pour y arriver, a-t-il suggéré, il faut une forte organisation entre les opérateurs économiques et une sécurisation des marchandises jusqu’à la rentrée de la ville de Tombouctou et des autres régions concernées.
Depuis un certain temps, le trafic entre l’Algérie et les régions du nord est perturbé à cause, notamment de l’insécurité. Mais depuis que le grand voisin du nord s’est attaqué à notre pays en détruisant un drone de l’Armée dans la nuit du 31 mars au 1er avril dernier sur le territoire national, la tension est montée d’un cran entre les deux pays. Toute chose qui a son impact sur le plan économique. Et aujourd’hui, on peut dire que le transport des marchandises est quasiment interrompu sur l’axe reliant le sud de l’Algérie et les régions du nord du Mali.
Fadi CISSE
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