Le grand rendez-vous de la Capitale des Balanzans constitue non seulement un cadre de brassage culturel et d’échanges mais aussi un levain pour l’économie locale. L’édition de cette année, compte tenu du contexte, est une preuve de la résistance des Maliens contre l’invasion terroriste et contre toutes les menées visant à vassaliser notre pays
Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a présidé vendredi la cérémonie d’ouverture de la 18è édition de Ségou’Art Festival sur le Niger. C’était en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, non moins parrain de cette édition, Andogoly Guindo, du gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police Alassane Traoré, du maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoun Diarra, du coordinateur du festival, Attaher Maïga et de plusieurs invités.
Lancé en 2004, Ségou’Art Festival sur le Niger s’inscrit désormais en bonne place dans l’agenda culturel du Mali et s’impose aujourd’hui comme un événement majeur à travers toute l’Afrique. L’édition 2022 de Ségou’Art Festival sur le Niger, a comme thème : «Arts & Maaya». Plus de 30 pays, malgré les difficultés de mobilité dues aux sanctions imposées à notre pays ont bravé tous les obstacles pour prendre part au grand rendez-vous de la Capitale des Balanzans.
Le maire de la Commune urbaine de Ségou a indiqué que si Ségou’Art Festival sur le Niger constitue un cadre de brassage culturel et d’échanges, de connaissances artistiques, il est aussi un levain pour l’économie locale de Ségou. À chaque édition, a-t-il dit, l’intérêt pour les populations nationales et étrangères est grandissant tant l’événement est source d’espoir et de vitalité.
Nouhoum Diarra a souligné que cette 18è édition se tient à un moment où il fallait une réponse de résilience et de riposte, vu la situation de notre patrie le Mali. Il fallait montrer à l’opinion nationale et internationale que nous restons unis et debout sur les remparts pour le Mali. Il a adressé les reconnaissances particulières de la Région de Ségou au gouvernement, aux organisateurs de Ségou’Art et tous les acteurs pour leur mobilisation et leur soutien à la tenue de cette édition.
Le chef du gouvernement a rappelé que depuis plusieurs années, le Mali traverse des épreuves particulièrement dures pour le secteur des arts et du patrimoine du fait de la double crise sécuritaire et sanitaire et plus récemment des sanctions illégitimes, injustes et inhumaines imposées par la Cedeao à notre pays.
Dans un tel contexte, a-t-il dit, organiser un évènement d’une telle ampleur est un challenge, une victoire. Il ajoutera que ce festival est une preuve de résistance du peuple malien, de résistance contre l’invasion terroriste, contre ceux qui veulent vassaliser l’État malien en se cachant derrière des pays africains.
Par ailleurs, le chef du gouvernement a souligné toute l’importance que le président de la Transition accorde à la culture, aux arts, à tout ce qui concerne la vie spirituelle de la société malienne. Et de dire que la refondation de l’État malien qui est aujourd’hui une des grandes priorités de son gouvernement ne peut réussir que si elle plonge ses racines dans notre Histoire, notre culture, notre «maya» et «danbé». «Il ne peut y avoir de développement harmonieux et durable sans la prise en compte des valeurs culturelles fondatrices de notre société».
Le Mali ne renaîtra de ses cendres que lorsque les Maliens retourneront aux sources, aux valeurs ancestrales comme le «maaya», «le danbé», a-t-il dit.
Dr Choguel Kokalla Maïga a indiqué que dans la guerre que nous vivons, chacun doit jouer un rôle. Il a salué les hommes de culture qui jouent pleinement leur rôle.
Il a aussi félicité les organisateurs de cette 18è édition de Ségou’Art Festival sur le Niger, particulièrement Mamou Daffé pour sa vision et sa foi opiniâtre de faire de la culture, un levier pour le développement du Mali. Et d’indiquer que cette 18è édition comme les précédentes, est une réelle opportunité pour les artistes de traiter avec leur inspiration, de promouvoir l’innovation et la créativité des jeunes talents, de permettre aux collectionneurs de découvrir le travail des jeunes artistes du continent, de favoriser la consommation locale des œuvres des artistes du continent. La ville de Ségou qui avait toujours été une escale est devenue une destination touristique.
Le coordonnateur du festival a, lui, souligné que l’édition 2022 se tient dans un contexte particulier marqué par les sanctions qui limitent la libre circulation des artistes et de leurs biens. Pourtant les artistes et les acteurs culturels ont besoin de circuler, de se rencontrer, apprendre à se connaître et de collaborer. Au nom des soldats de la culture, il a dénoncé toutes les formes d’agressions et d’injustices. Et de dire qu’avec tous les défis qui les assaillent ils sont convaincus que la culture peut jouer un rôle prépondérant dans la pacification, le vivre ensemble, la cohésion sociale en tenant compte de nos valeurs cardinales «maya» et «danbé».
Attaher a souligné que pour eux, la culture c’est la solution. C’est pour cette raison que cette année leur organisation a décidé d’offrir gratuitement toutes les activités du festival aux populations afin de soutenir les efforts des plus hautes autorités pour donner au Mali sa dignité, son «danbé» et «le passé très haut dans le concert des nations».
Il a remercié les autorités de la Transition pour tous les efforts consentis à soutenir la culture, notamment le ministre Guindo. Il a aussi remercié toutes les délégations présentes, l’équipe d’organisation, les membres de l’écosystème, acteurs et artistes de la Fondation Festival sur le Niger qui, depuis plusieurs années, sont au four et au moulin pour garantir un événement de qualité exceptionnelle.
Aminata Dindi SISSOKO / AMAP - Ségou
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