Le jeûne est l’un des cinq piliers de l’islam.
Observer le jeûne pendant le Ramadan est une obligation pour tout individu
saint d’esprit, mais surtout en bonne santé. Le mérite du jeûne est reconnu
dans les hadiths du Prophète Mohammed (paix et salut sur lui). «Le jeûne
préserve de l’enfer, tel un bouclier au combat. Celui qui jeûne un jour pour
l’amour de Dieu sera éloigné du feu, d’une distance de 70 années». (hadiths
Boukhari et Mouslim).
Ce mois de grande spiritualité est donc mis à
profit par de nombreux fidèles pour se rapprocher d’Allah, le Créateur des
Cieux et de la Terre, Juge suprême et qui rétribue les bonnes œuvres.
Malheureusement pour certaines personnes, le jeûne est une contre indication du
fait de leur état de santé ou pour d’autres considérations. Oumar Diallo,
fonctionnaire et père de famille, a arrêté de jeûner depuis l’année dernière
après avoir observé le jeûne pendant les 20 premiers jours du Ramadan. Il
justifie sa situation par une santé fragile liée à des carences en nutriments
et vitamines.
Sur conseil médical, il ne doit plus faire encore 30 minutes sans boire. Le jeûne est donc une contre indication dans sa situation. Il explique avoir subi de nombreuses critiques et moqueries de son entourage pendant ce mois de Ramadan qu’il juge souvent très offensantes. Cette pesanteur sociale représente souvent un poids pour les personnes inaptes à observer le jeûne parce qu’elles sont quelquefois mises au ban de la communauté.
Fatoumata Coulibaly, femme au foyer, explique ne
pas pouvoir jeûner en raison de son état de grossesse et sur recommandation de
son médecin parce que souffrant d’une anémie sévère. Elle explique que sa
famille a du mal à s’accommoder de son interruption du jeûne.
Aminata Walet, âgée de 45 ans, vit dans une cour
commune à Kalaban. Cette mère de famille, une malade chronique puisqu’elle est
diabétique, a aussi cessé de jeûner sur ordre de son médecin traitant, depuis
quelques années. Elle souffre aussi d’ulcère. Elle avalé des couleuvres de son
entourage à cause de cette situation. Elle a été traitée par beaucoup de ses
voisins d’impie.
Sur la même question, Amadou Konaté, ouvrier de son
état, explique avoir du mal à subvenir aux besoins de sa famille pendant ce
mois béni de Ramadan. À ses dires, lui et les autres membres de sa famille
observent le jeûne pour ne pas essuyer les critiques de la société. Sinon, il
reconnait qu’il y a des difficultés réelles pour eux à compenser après la
rupture. Que disent les professionnels de la santé et les religieux sur les
conditions de jeûne ? Almahady Touré, spécialiste en santé publique et
coordonnateur des programmes de santé dans une organisation internationale qui
officie dans le domaine de la nutrition rappelle que tout le monde ne peut pas
jeûner, notamment les malades.
Pour lui, il faut être dans une bonne condition de
santé physique et morale pour le faire. Pour les malades chroniques dont l’état
de santé nécessite une prise de médicaments à des intervalles rapprochés, le
jeûne est fortement déconseillé. Et d’ajouter que le risque de complication ou
de décès est très élevé chez ces personnes.
Et de dire clairement que des malades atteints de
cancer, d’hypertension grave, de cardiopathie décompensée, d’insuffisance
rénale, d’ulcère, mais aussi de drépanocytose (pour la forme sévère homozygote
SS) ne doivent pas jeûner. Tout comme les personnes dont le diabète n’est pas
équilibré et les femmes enceintes. Pour lui, la liste n’est pas exhaustive.
Mais, il conseille aux malades référer à leurs médecins.
Harouna Tall, maître coranique, explique simplement
que le jeûne est une obligation pour tous les musulmans. Néanmoins, il cite
quelques raisons susceptibles d’empêcher un musulman de l’observer, notamment
les malades, les femmes enceintes et allaitantes, le voyage et dans le cas des
vieilles personnes.
Mais ceux qui sont inaptes à jeûner peuvent se rapprocher de Dieu par d’autres moyens, particulièrement en lisant le saint Coran, mais aussi en faisant beaucoup de zikr (invocation d’Allah), ou en donnant l’aumône aux plus démunis. Pour lui, le plus important est de jeûner avec la foi et non sous la pression sociale.
Amsatou Oumou TRAORE
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