#Mal : Personnes inaptes à jeûner : Souvent mises au ban de la communauté

Souvent à tort, on juge inacceptable, voire intolérable de voir certaines personnes ne pas observer le jeûne sans en connaître les raisons. Certaines d’entre elles souffrent de pathologies chroniques qui peuvent être des contre indications

Publié mercredi 03 avril 2024 à 07:48
#Mal : Personnes inaptes à jeûner : Souvent mises au ban de la communauté

Le jeûne est l’un des cinq piliers de l’islam. Observer le jeûne pendant le Ramadan est une obligation pour tout individu saint d’esprit, mais surtout en bonne santé. Le mérite du jeûne est reconnu dans les hadiths du Prophète Mohammed (paix et salut sur lui). «Le jeûne préserve de l’enfer, tel un bouclier au combat. Celui qui jeûne un jour pour l’amour de Dieu sera éloigné du feu, d’une distance de 70 années». (hadiths Boukhari et Mouslim).

Ce mois de grande spiritualité est donc mis à profit par de nombreux fidèles pour se rapprocher d’Allah, le Créateur des Cieux et de la Terre, Juge suprême et qui rétribue les bonnes œuvres. Malheureusement pour certaines personnes, le jeûne est une contre indication du fait de leur état de santé ou pour d’autres considérations. Oumar Diallo, fonctionnaire et père de famille, a arrêté de jeûner depuis l’année dernière après avoir observé le jeûne pendant les 20 premiers jours du Ramadan. Il justifie sa situation par une santé fragile liée à des carences en nutriments et vitamines.

Sur conseil médical, il ne doit plus faire encore 30 minutes sans boire. Le jeûne est donc une contre indication dans sa situation. Il explique avoir subi de nombreuses critiques et moqueries de son entourage pendant ce mois de Ramadan qu’il juge souvent très offensantes. Cette pesanteur sociale représente souvent un poids pour les personnes inaptes à observer le jeûne parce qu’elles sont quelquefois mises au ban de la communauté.

Fatoumata Coulibaly, femme au foyer, explique ne pas pouvoir jeûner en raison de son état de grossesse et sur recommandation de son médecin parce que souffrant d’une anémie sévère. Elle explique que sa famille a du mal à s’accommoder de son interruption du jeûne.

Aminata Walet, âgée de 45 ans, vit dans une cour commune à Kalaban. Cette mère de famille, une malade chronique puisqu’elle est diabétique, a aussi cessé de jeûner sur ordre de son médecin traitant, depuis quelques années. Elle souffre aussi d’ulcère. Elle avalé des couleuvres de son entourage à cause de cette situation. Elle a été traitée par beaucoup de ses voisins d’impie.

Sur la même question, Amadou Konaté, ouvrier de son état, explique avoir du mal à subvenir aux besoins de sa famille pendant ce mois béni de Ramadan. À ses dires, lui et les autres membres de sa famille observent le jeûne pour ne pas essuyer les critiques de la société. Sinon, il reconnait qu’il y a des difficultés réelles pour eux à compenser après la rupture. Que disent les professionnels de la santé et les religieux sur les conditions de jeûne ? Almahady Touré, spécialiste en santé publique et coordonnateur des programmes de santé dans une organisation internationale qui officie dans le domaine de la nutrition rappelle que tout le monde ne peut pas jeûner, notamment les malades.

Pour lui, il faut être dans une bonne condition de santé physique et morale pour le faire. Pour les malades chroniques dont l’état de santé nécessite une prise de médicaments à des intervalles rapprochés, le jeûne est fortement déconseillé. Et d’ajouter que le risque de complication ou de décès est très élevé chez ces personnes.

Et de dire clairement que des malades atteints de cancer, d’hypertension grave, de cardiopathie décompensée, d’insuffisance rénale, d’ulcère, mais aussi de drépanocytose (pour la forme sévère homozygote SS) ne doivent pas jeûner. Tout comme les personnes dont le diabète n’est pas équilibré et les femmes enceintes. Pour lui, la liste n’est pas exhaustive. Mais, il conseille aux malades référer à leurs médecins.

Harouna Tall, maître coranique, explique simplement que le jeûne est une obligation pour tous les musulmans. Néanmoins, il cite quelques raisons susceptibles d’empêcher un musulman de l’observer, notamment les malades, les femmes enceintes et allaitantes, le voyage et dans le cas des vieilles personnes.

Mais ceux qui sont inaptes à jeûner peuvent se rapprocher de Dieu par d’autres moyens, particulièrement en lisant le saint Coran, mais aussi en faisant beaucoup de zikr (invocation d’Allah), ou en donnant l’aumône aux plus démunis. Pour lui, le plus important est de jeûner avec la foi et non sous la pression sociale.

Amsatou Oumou TRAORE

Lire aussi : Programme africain de mini-réseaux : Plus de 8.000 bénéficiaires

Le Projet national du Programme africain de mini-réseaux permettra la mise en service directe d’au moins 309 kilowatts de puissance solaire photovoltaïque installée et 754 kilowattheures de capacité de stockage sur batteries. Il bénéficiera directement à plus de 8.000 personnes, dont 50% de.

Lire aussi : Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière : Les ministres Madina Sissoko et Assa Badiallo Touré au chevet des victimes d’accidents

La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, accompagnée de sa collègue de la Santé et du développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, était hier à l’hôpital Gabriel Touré pour remettre un important lot de kits de premier secours et de m.

Lire aussi : Croissance économique : Le FMI salue la solidité de la trajectoire du Mali

Pour 2026, il est attendu une croissance de 5,5% en rapport avec une reprise de la production aurifère et une amélioration progressive des conditions de sécurité. L’inflation, elle, devrait fléchir à 2,5%, largement conforme à la norme communautaire de 3%.

Lire aussi : Fafe : Une administration mobilisée pour atteindre les objectifs

La 13è session du comité de pilotage du Fonds d’appui à l’automatisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (Fafe) s’est tenu, hier à son siège..

Lire aussi : Santé de la reproduction : Les femmes sourdes refusent la fatalité

Faisant partie de l’une des couches les plus vulnérables du pays, ces dames ont initié, entre elles, des activités d’échanges sur la santé de la reproduction pour favoriser un changement de comportement dans leur communauté.

Lire aussi : Moussa Diarra sur la désinformation : «Le fact-checking nous crédibilise»

En marge de la session de formation tenue du 24 au 25 novembre dernier, sur le «Journalisme de solutions», un module portant sur la désinformation et le fact-checking a été présenté. Face à des apprenants assidus et curieux, le journaliste Moussa Diarra est longuement revenu sur ces nouveaux.

Les articles de l'auteur

Lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles : Disons halte au fléau

La campagne 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles a été initiée dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre ce phénomène. Il ressort des données du Système des Nations unies que la violence numérique touche entre 16% et 58% des femmes et des filles selon les contextes.

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié mercredi 26 novembre 2025 à 07:32

Plateforme unique des femmes de l’AES : La section malienne officiellement lancée

La section malienne de la Plateforme unique des femmes de l’AES, dirigée par Mme Dembélé Aïssata M’Baye pour un mandat de deux ans renouvelable, a été officiellement mise en place, vendredi dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB)..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié lundi 24 novembre 2025 à 09:04

Plateforme unique des femmes de l’AES : Mme Dembélé Aïssata M’Baye dirigera la section malienne

La réunion technique avec les organisations faitières féminines pour la mise en place de la plateforme unique des femmes de l’AES (section du Mali) qui s’est tenue, mardi dernier à la direction nationale de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, a été houleuse..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié jeudi 20 novembre 2025 à 07:58

Éducation des enfants : Le choc du téléphone

-.

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié jeudi 13 novembre 2025 à 10:38

Utilisation de l’encens : Attention à ne pas trop en abuser

L’encens appelé en bamanankan «woussoulan» ne détient pas que le pouvoir des bonnes odeurs agréables à humer. Il présente d’autres vertus. Mme Diallo Oumou «Soumadouma» nous en parle..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié vendredi 24 octobre 2025 à 08:33

Déplacés internes du site de Faladiè : Le clin d’œil de l’Association Moussow blon

Dans le cadre de ses activités humanitaires en faveur des personnes vulnérables, l’Association Moussow blon a offert des kits scolaires, des vêtements, des chaussures aux personnes déplacées internes du site de Faladié..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié mardi 21 octobre 2025 à 08:02

Pouponnières : La solidarité agissante du Fafe

Cet acte humanitaire est composé d’huile, de sucre, lait pour enfants, thé, pâtes alimentaires, riz, mil, haricots, farines infantiles, biscuits et biberons. Il est destiné aux enfants issus de 80 familles en situation difficile.

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié vendredi 10 octobre 2025 à 12:04

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner