Les
entreprises et industries culturelles et créatives (EICC) sont des entités dont
l’objectif principal est la production ou la reproduction, la promotion, la
distribution/la commercialisation de biens, de services et d’activités de
nature culturelle, artistique ou liés au patrimoine. Le secteur des EICC
comprend généralement ces filières : cinéma et audiovisuel, musique, arts du
spectacle, édition, arts visuels, mode, artisanat et design, multimédia et jeux
vidéo. Les EICC sont d’importants générateurs d’emplois et de revenus. Elles
diversifient et stimulent le tourisme et transforment la société de façon
significative.
La demande
dans le secteur des EICC en Afrique est en forte croissance. Selon le rapport
du premier semestre 2024 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et
le développement (Cnuced) sur les EICC, l’Afrique a généré 4 milliards de
dollars américains en exportation des services créatifs et 2,4 millions en
exportation des biens créatifs.
D’une taille cible de 200 milliards de Fcfa, le
Fonds crédit culture-Uemoa est en effet un mécanisme de promotion des
entreprises et industries culturelles et créatives de l’Uemoa. Inscrit en 2021
au titre des actions phares du Cadre d’actions prioritaires (CAP 2021-2025) de
l’actuel collège de la Commission, il est porté par une alliance constituée par
les institutions financières régionales (Boad, Bceao, BRVM, AMF-Umoa).
Selon le
chef de la division culture de la direction de la culture et du tourisme de la
Commission de l’Uemoa, Donikpo Koné, le Fonds crédit culture n’est pas un fonds
classique. Il aura un caractère innovant et sera un fonds d’investissement à
impact destiné à apporter l’appui technique et financier nécessaire à
l’émergence et au développement des EICC.
«L’objectif d’investissement est de
contribuer à la structuration, au financement et au développement des
entreprises et industries culturelles et créatives dans l’espace Uemoa, à
travers le financement des entreprises et industries culturelles, le renforcement
de leurs capacités techniques et managériales et créatives, les investissements
dans les infrastructures culturelles, la prise en compte de la propriété
intellectuelle…», a-t-il précisé.
Donikpo
Koné a précisé que huit filières des EICC sont retenues dans le cadre de cette
initiative: le livre, la musique enregistrée, le cinéma et l’audio-visuel, les
arts (vivants, visuels et appliqués), multimédia et jeux vidéo. Les cibles sont
les EICC en développement ou en création (start-up).
À titre indicatif, on peut
citer les entreprises culturelles et créatives, les infrastructures et
institutions culturelles, les promoteurs de projets (accompagnement vers
l’entrepreneuriat),
les clusters, les centres de formation qui ont un
potentiel structurant en gestion de ressources culturelles et créatives, les
centres d’incubation et les entreprises sociales. Les choix d’intervention du
Fonds se fonderont principalement sur un certain nombre de critères dont la
créativité et l’innovation culturelles, le potentiel de croissance et la
pérennité, l’impact social et environnemental, la viabilité du projet ou encore
la gouvernance.
Le chef de la division culture a indiqué que la période expérimentale (phase pilote) est de trois ans (2025-2027). Elle devrait être lancée au 3è trimestre 2025 au plus tard. «Il y aura après une phase de généralisation à partir de 2028. La durée initiale du Fonds véhicule d’investissement de crédit culture-Uemoa devrait varier entre 7 et 10 ans en fonction de la stratégie de mobilisation des ressources, du comportement général de cet instrument», a-t-il souligné.
Aminata Dindi SISSOKO / AMAP - Ségou
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