Office central des stupéfiants : 35 tonnes de médicaments illégaux saisies

L’Office central des stupéfiants (OCS) a mené une opération dénommée «Furajugukèlè» qui signifie lutte contre les médicaments contrefaits durant la période allant du 18 au 27 février 2025, à Bamako et dans les capitales régionales.

Publié lundi 03 mars 2025 à 07:39
Office central des stupéfiants : 35 tonnes de médicaments illégaux saisies

Cette saisie met en lumière l’importance des trafics transfrontaliers des médicaments contrefaits en Afrique

 

 

 Elle s’inscrit dans la stratégie continue de l’Office visant à éradiquer ce fléau qui met en danger la santé publique et surtout l’avenir de la jeunesse. Cette opération a aussi permis de saisir plus de 35 tonnes de produits médicaux illégaux d’une valeur estimée à plusieurs centaines de millions de Fcfa. L’annonce a été faite vendredi dernier par le directeur de l’Office central des stupéfiants à travers une interview accordée à la presse dans les locaux de la direction.

Le Colonel-major Fousseyni Keïta a indiqué que l’ampleur du problème est alarmante comme l’attestent les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui estime annuellement que près de 100.000 décès sont comptabilisés en Afrique liés aux trafics de médicaments contrefaits. Pour le directeur de l’OCS, cette opération menée à l’échelle nationale met en lumière l’importance des trafics transfrontaliers des médicaments contrefaits en Afrique. Pour endiguer ce fléau, il soutient que la collaboration entre les acteurs étatiques et les initiatives privées est essentielle. Il a également appelé à la vigilance des citoyens à signaler toutes activités suspectes en utilisant le numéro vert de l’OCS : 80-00-31-31.   

Pour sa part, le chef des opérations, le Colonel Mohamed Ag Dahamane, a signalé que 20 antennes de l’OCS ont été engagées dans cette initiative qui a donné un résultat satisfaisant. «Nous sommes déjà à plus de 35 tonnes de produits contrefaits saisis avec quelques kilos de drogues», a fait remarquer le chef des opérations. Par ailleurs, il avertit que ce n’est pas tout pour l’OCS de saisir les produits, il s’agit surtout d’identifier tous les acteurs qui entrent dans ce trafic. «Vous avez beau saisir les produits, tant que vous n’arrêtez pas les acteurs qui animent ce trafic, ça va continuer», a-t-il alerté.

De son côté, Dr Kodio Joseph a magnifié la bonne collaboration entre l’Ordre des pharmaciens du Mali et l’OCS. Pour le conseiller de l’Ordre des pharmaciens du Mali, ces médicaments vendus dans les structures non autorisées sont des produits dont on ne connaît pas la provenance. Cela, pour souligner sa dangerosité sur la santé. «Ces faux médicaments avec des dosages qu’on ne maîtrise pas du tout peuvent provoquer ou apporter des problèmes d’insuffisances rénales pour ne citer que ce cas», a révélé Dr Kodio Joseph, tout en soulignant la nécessité de lutter contre ce phénomène, qui est un problème de sécurité nationale. En outre, le conseiller de l’Ordre des pharmaciens a évoqué le rôle que jouent les stupéfiants de nos jours dans la prolifération du banditisme et même au niveau des Groupes armés terroristes.

Dans la journée du vendredi, notre équipe de reportage a fait le tour de la Direction de l’Office central des stupéfiants où plusieurs produits pharmaceutiques saisis étaient exposés.  Après, le cap a été mis sur l’antenne de la rive droite de Bamako, pilotée par le Lieutenant-colonel Moussa F Koné. À cette suite, notre équipe s’est rendue à l’antenne de la rive gauche de Bamako sise à l’ACI 2000, dirigée par la Commissaire de police, Aminata Siaka Koné. Dans cette cour également plusieurs produits pharmaceutiques et stupéfiants étaient étalés.

Alassane Souleymane

Lire aussi : République arabe saharouie démocratique: Le Mali retire sa reconnaissance en tant qu'État

Le Mali retire sa reconnaissance à la République arabe saharouie démocratique (RASD) en tant qu'entité étatique..

Lire aussi : Portrait : Massa Makan Diabaté, une figure majeure de la littérature africaine

Massa Makan Diabaté est l’une des figures majeures de l’histoire et de la littérature africaine. Grand défenseur de la tradition orale, il appartient à la grande famille des griots, ces gardiens de la mémoire collective dans la société mandingue..

Lire aussi : Musique : Retour sur le Bronconi de Niono

Ce grand orchestre a fait la gloire du Kala dans les années 70-80. Les anciens continuent à se souvenir de cette belle formation musicale qui a fait danser plusieurs générations.

Lire aussi : Mopti : Le CESEC en visite de terrain

La salle de conférence du gouvernorat de Mopti a abrité, mercredi 8 avril, la rencontre de synthèse des travaux des missions d’élaboration du recueil 2026 des besoins, des attentes et des problèmes de la société tenue dans les cercles de la région..

Lire aussi : Gao : Le poisson en abondance

La somme de 500 Fcfa suffit pour faire une bonne sauce de poisson dans la cité des Askia. Cette année, la Direction régionale de la pêche prévoit une production atteignant plus de 17.000 tonnes.

Lire aussi : Forum panafricain des médias de Bamako : Une dynamique continentale pour une communication africaine renforcée

Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a accordé une audience, le jeudi 9 avril 2026, à une délégation de la commission d’organisation du Forum panafricain des médias de Bamako, conduite par Bandiougou Danté. Cet événement d.

Les articles de l'auteur

À l’heure du Mali : Les vérités d’un week-end Pascal

Le lundi de Pâques a la particularité de renforcer la célébration d’une fête majeure du calendrier chrétien tout en prolongeant le week end pour les travailleurs. Mais ce week end pascal n’a pas seulement été festif : il a aussi reflété, à sa manière, les réalités du quotidien des Maliens, mêlant réjouissances et mordant..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 07 avril 2026 à 08:26

À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon résonner sur un autre continent..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:33

Au Rebond : Le basket-ball, trésor vivant du Mali

Le jeudi 12 mars 2026, à 8h30, alors qu’au Mali commençait une journée ordinaire en plein Ramadan, une bataille épique se jouait à Wuhan, en Chine, à plus de douze mille kilomètres de Bamako. L’équipe nationale féminine senior affrontait la République tchèque pour son 2e match du tournoi qualificatif au Mondial prévu en Allemagne en septembre..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 27 mars 2026 à 08:23

À l’heure du Mali : Le Président Goïta et les étrennes de l’Eid El-Fitr

S’il est un mot qui a résonné, comme de coutume, autour de la fête de l’Eid el-Fitr, c’est bien «selimafo» en bamanakan, «djingar goro» en sonraï, «korandje» en dogon, « juuldudi » en peulh ou encore «xa ke bire waaga» en soninké..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 24 mars 2026 à 09:17

À l’heure du Mali : Guerre Israël–Iran, si loin, si proche

Ce 11 mars, la deuxième guerre Iran–Israël comptera douze jours, égalant déjà celle de juin dernier. Au delà de ce seuil, l’incertitude sur sa fin ne fera que s’épaissir. Les États Unis, alliés d’Israël, avaient prédit une guerre éclair pour en finir avec le régime de Téhéran..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:37

À l’heure du Mali : De guerre lasse

En juin, c’était douze jours. Et maintenant, combien de temps durera l’affrontement entre Israël et l’Iran ? Ce que nous pensions n’être qu’une folie meurtrière passagère, avec son lot de morts et de destructions, n’aura offert que neuf petits mois de répit..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 03 mars 2026 à 08:16

Perspectives sahéliennes : Une diplomatie confédérale sans grain de sable

Qu’est-ce qu’une confédération, sinon «une ligue de nations ou d’États indépendants qui, tout en gardant leur autonomie, se réunissent pour former un gouvernement commun? » Les juristes peuvent en discuter les nuances, mais cette définition suffit à saisir la communauté de destin que le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont choisi d’amorcer pour le bonheur de leurs peuples..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 27 février 2026 à 09:02

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner