«On ne peut pas ramener la vie d’une nation à des élections parce que il y a une partie de la planète qui a fait deux cent, trois cent ans de pratique démocratique à travers les élections et qui veut imposer cette même démarche au motif que la démocratie prime sur tout.
La démocratie ne peut pas primer sur la vie des citoyens, elle ne peut pas primer sur la sécurité des citoyens et de leurs biens.» Le chef du gouvernement s’exprimait ainsi, vendredi dernier, à l’occasion de l’ouverture officielle de Ségou’Art Festival sur le Niger.
Dr Choguel Kokalla Maïga a souligné que la priorité du gouvernement avec l’accord du peuple c’est d’abord restaurer la sécurité des personnes et de leurs biens, restaurer la paix, les services sociaux de base de l’État, l’école, la santé, l’administration avant d’aller à l’élection. Et de dire que ceux qui pensent que c’est par des menaces, des sanctions qu’ils vont nous amener à nous résigner, à regarder les terroristes continuer à assassiner les Maliens, nous ne plierons pas, le peuple malien n’est pas un peuple qui se soumet, il est réfractaire à la violence d’où qu’elle vienne. Et il s’assumera. Le Premier ministre a rappelé que depuis plusieurs années notre pays traverse de dures épreuves.
Des centaines et des centaines de Maliens sont massacrés depuis des années malgré la présence de plus de 50.000 hommes : les forces armées maliennes, Takuba, Barkhane, G5 Sahel, EUTM, Eucap-Sahel. Malgré ces présences massives des forces internationales, les Maliens vivent au quotidien des scènes macabres. Les Maliens, tous les jours, continuent de perdre leurs parents, leurs enfants, leurs proches. Des villages entiers sont brûlés, des femmes enceintes et des enfants brûlés, assassinés. Malgré tout cela, le peuple malien profondément enraciné dans sa culture, a fait preuve et continue de faire preuve d’une résilience exceptionnelle.
Il a expliqué que c’est pour cela que les autorités n’avaient pas d’autre choix que de s’interroger s’il faut continuer sur cette même voie, attendre dans le désespoir de vivre la scène que les Afghans ont vécu pendant 20 ans, où des milliers de forces internationales étaient là et un jour, elles ont décidé de plier bagage. Ou s’il fallait changer de paradigme dans la défense de notre pays.
Le chef du gouvernement a rappelé qu’en 20 ans, on a organisé des élections en Afghanistan. Ce sont les gouvernements élus qui se succédaient en Afghanistan. Au Mali, pendant trente ans, on a continué à organiser des élections. Pourtant on n’a pas évité deux, trois coups d’État et tentatives de coups d’État. Pour lui, cela veut dire qu’il faut s’arrêter et regarder. «L’élection ce n’est pas une fin en soi.
C’est pour choisir un dirigeant qui assure le bien-être du citoyen, qui assure leur sécurité. Depuis précisément le 9 décembre, de façon injuste, notre pays est frappé par des sanctions illégales et illégitimes, dont le seul objectif est de renverser les institutions, renverser le gouvernement. Pour quelle fin ? nous dit-on que c’est pour instaurer la démocratie. Mais, quand il n’y a pas de sécurité, quand les 80% du territoire sont envahis par les terroristes de quelle élection peut-on parler ?», s’est-il interrogé.
Choguel Kokalla Maïga a profité de la tribune du Festival pour assurer que le peuple malien se met debout sur les remparts contre les sanctions injustes et illégales de la Cedeao/Uemoa. «La sortie massive et mémorable des Maliens de l’intérieur et de la diaspora (près de 4 millions à Bamako et dans les Régions) à la demande du chef de l’État, président de la Transition, est une preuve supplémentaire de la résilience du peuple multiséculaire et fier du Mali.
Nous allons rétablir la dignité et la souveraineté du Mali grâce à toutes les Maliennes, tous les Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur», a-t-il dit, soulignant que le gouvernement est ouvert au dialogue avec toute la communauté internationale, notamment avec la Cedeao dont le Mali est fier d’être à l’origine de sa création.
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